Justes parmi les Nations

En 1953, la Knesset (parlement d’Israël), en même temps qu’elle créait le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d’honorer « les Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs ». Le titre de Juste est décerné au nom de l’État d’Israël par le mémorial de Yad Vashem aux personnes non juives ayant apporté une aide, dans des situations où les Juifs étaient impuissants et menacés de mort, au risque de leur propre vie et de celle de leurs proches.

1_Wall of Names of the Righteous among the Nations
Mur avec les noms des Justes parmi les Nations, Jérusalem.

Trois Sœurs de Notre-Dame ont reçu ce titre honorifique, deux belges en 1995 et une italienne en 2005.  Une quatrième sœur belge aida ardemment son frère qui reçut le titre de « Juste parmi les Nations » en 1964.

  1. Deux sœurs belges en 1995 :

Marthe Sibille, SNDdeN, avait 26 ans en 1940.

Madeleine Hospel, SNDdeN, avait 39 ans en 1940.

Au risque de leur propre vie, Sr Marthe et Sr Madeleine ont sauvé deux enfants juifs durant la seconde guerre mondiale : Nora Schlusselberg, 8 ans et son frère de trois ans.

2_Marthe Sibille, SNDdeN, et Nora Schlusselberg en 1995Marthe Sibille, SNDdeN, et Nora Schlusselberg en 1995

3_Madeleine Hospel, SNDdeNMadeleine Hospel, SNDdeN

Arrivés à Chimay en 1940, leurs parents savaient que derrière la lourde porte de bois du Pensionnat des SND, une femme de caractère et de valeur exceptionnels, dirigeait cette communauté religieuse.  Immédiatement, Sr Madeleine Hospel comprit le geste de désespoir des parents quand ils lui confièrent leur terrible secret et en même temps, leurs deux petits enfants.  La traque des Juifs avaient commencé et les parents cherchaient à sauver leurs enfants.  Sans demander autorisation à ses Supérieures, elle prit sur elle le risque de les cacher tous les deux.  Elle les confia à Sr Marthe Sibille, celle à qui les enfants se sont accrochés et qui les a entourés aussitôt de tant d’affection, de tant de tendresse.

Le 24 mai 1995, Israël tenait à rendre hommage aux deux religieuses « justes parmi les nations » pour avoir sauvé, au cours de la guerre 40-45, ces deux enfants juifs.

2. Une soeur italienne en 2005:

Maria Antonia Antoniazzi (plus connue sous le nom de Sr Anthony), SNDdeN, avait 43 ans en 1943.

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Sr Anthony Antoniazzi

Témoignage d’un enfant juif de 4 ans nommé Claudio Iacobbi en 1943 : « Lorsque je suis arrivé au couvent des SND à Rome avec ma mère et mes grands-parents maternels, Sr Anthony nous a accueillis calmement, chaleureusement et nous a donné un refuge inconditionnel. »  « Elle m’a emmené à l’école maternelle. », Claudio se rappelle.  « Elle organisa l’aide de l’Eglise, et parce que nous n’avions pas d’argent elle arrangea et paya le loyer pour l’appartement dans lequel nous vivions.  Elle nous fournit les documents et les cartes de rationnement.  Elle fut un miracle – parce ce que grâce à elle, nous avons vécu. »  Mais le père de Claudio, Paul, âgé de 35 ans, fut pris en otage par les Allemands avec 1003 autres Juifs et fut envoyé à Auschwitz, où tous les membres de sa famille qui ne furent pas protégés dans le couvent Notre-Dame furent gazés.  « Je sais que Sr Anthony était un ange », dit Claudio, âgé de 66 ans en 2005.  « Je sais qu’elle a aussi aidé d’autres Juifs. »  Le 4 avril 2005, Sr Anthony reçut de l’Etat d’Israël le titre honorifique de « Juste parmi les Nations » de la part du peuple juif.  Son nom est gravé dans le mur du Jardin des Justes à Yad Vashem, Jérusalem

3. Une sœur belge aida son frère Bruno Reynders (« Juste parmi les Nations » en 1964) qui sauva 390 enfants juifs.

Marie Bernadette Reynders, SNDdeN, avait 35 ans en 1943.

Lili et Frida Mendrowski, deux jeunes sœurs juives de Bruxelles, avaient trouvé refuge chez les Donnay, une famille de Liège.  Réalisant que leur fils était suspecté de travailler dans la résistance et que la maison allait être fouillée en pleine nuit, les Donnay savaient qu’ils ne pouvaient plus cacher les deux filles.  « Nous n’avons pas été informées de ce qui se passait. », se souvient Lili.  « Nous sommes montées dans un camion ; cachées sous des couvertures nous avons été emmenées dans un couvent. »  Le camion était conduit par le Frère Bruno Reynders, un prêtre bénédictin qui sauva plus de 390 enfants juifs de Belgique durant la guerre.  Frère Bruno conduisit les deux fillettes dans le couvent où sa sœur, Bernadette, était religieuse : le couvent des Sœurs de Notre-Dame de Liège.  « Nous sommes arrivées en plein milieu de la nuit.  Les sœurs étaient si accueillantes et gentilles, elles n’ont pas posé de questions.  Elles nous ont emmenées dans une grande et belle pièce, qui, nous l’avons appris plus tard, était le dortoir.  C’était vide parce que nous étions en été et qu’il n’y avait pas école. »  La sœur du Frère Bruno, Sr Bernadette, était notre professeur de piano entre 1943 et 1945.  « Je n’oublierai jamais la gentillesse et la douceur des sœurs, et je me souviens encore des prières que nous disions avec elles durant ces deux années. »

50 Années de Sainteté

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