Mission, Evangélisation

anglais

  • Introduction :

Après le concordat de 1802, de grandes missions furent prêchées en France sous l’impulsion du pape Pie VII pour raviver la foi et revaloriser la vie chrétienne.  Les Pères de la Foi donnèrent simultanément, dans cinq paroisses de la ville d’Amiens, une mission qui s’ouvrit le 29 avril 1804 et qui dura jusqu’au 24 mai.  La mission eut un plein succès !  Julie et Françoise y avaient apporté leur collaboration en instruisant les femmes du peuple.

Julie se rendait à la cathédrale d’Amiens en chaise à porteurs afin d’y instruire le catéchisme. Dessin de Sr Genevieve du Sacré-Cœur (1878-1941) dans le livre The Charred Wood.

Après sa guérison miraculeuse (à Amiens, le 1er juin 1804), Julie partit pour Saint-Valery-sur-Somme et Abbeville avec les Pères Thomas et Enfantin.  Ses lettres témoignent de son activité apostolique et de la réussite de la mission à Saint-Valery, au cours de laquelle 40 mariages furent réhabilités.  De la mission d’Abbeville, on connaît peu de choses, les archives ayant brûlé pendant la guerre de 1940. 

Au Centre d’héritage à Namur, on peut voir le prie-Dieu de Melle Oeuillo chez qui Julie a logé à Saint-Valery. « Voici mon adresse : Melle J. B. chez Melle Oeuillo. Pour faire le catéchisme, j’ai à ma disposition un petit jardin et une grande chambre. » (Lettre 34)
Maison de Melle Oeuillo, située au 39, Quai de Romerel. Une plaque commémorative y a été apposée le 23 juillet 1992.

Voici une lettre de Julie à son amie Françoise restée à Amiens :

A sœur Blin, à Amiens – JMJ – (St-Valery) Ce 23 juin 1804

[…]  La mission de St-Valery va très bien. […], nos bons Pères sont contents et surtout Mr le Curé.  Il y a des personnes qui depuis 30 ou 40 ans ne s’étaient plus confessées et qui sont publiquement revenues à Dieu.  Il vient beaucoup de monde aux instructions qui se font le soir ; le matin, il y en a moins.  Je ne puis me lasser d’admirer la bonté de Dieu.  Ah ! Qu’il est bon, mes chères filles ! […]

Savez-vous une chose ?  C’est qu’à St-Valery, j’ai à instruire des hommes tout aussi ignorants que ceux qu’on m’adressait durant la mission d’Amiens ; je fais ce que l’on me dit – toujours une pauvre servante inutile -, je suis persuadée que le bon Dieu se passerait très facilement de moi, pauvre chétive créature.  Je vous écris à la hâte ; vous me lirez comme vous pourrez.  Je finis ma lettre en présence d’un homme à qui j’apprends : Je crois en Dieu.  Il a près de quatre-vingt-dix ans, n’a pas fait sa première Communion, mais a la meilleure volonté du monde.  […]

L’ordre, donné en août par le pouvoir aux Pères de la Foi, de quitter le diocèse d’Amiens, interrompit l’activité missionnaire de Julie.

Vue de Saint-Valery-sur-Somme

Se trouvant à Saint-Valery-sur-Somme, face à cette étendue d’eau à perte de vue, Julie a dû certainement se remémorer la vision qu’elle reçut le 02 février 1806, à savoir que ses filles iraient par-delà les mers.  Ce qui lui fut confirmé par Mgr de Broglie lors de son arrivée à Gand en 1807 (malgré les fortes oppositions qu’elle rencontra à l’époque avec l’évêque d’Amiens et le supérieur de la communauté d’Amiens, Mr de Sambucy, qui ne comprenaient pas ses vues): « Non, Mère Julie vous n’êtes pas faite pour rester dans un seul diocèse »

Cela ne rejoint-il pas l’envoi de l’Evangile « Allez par le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle à toutes les nations » Mc 16,15.

Et c’est ainsi que, guérie de sa paralysie qui lui donna tant d’occasions de prière contemplative, Julie garda toujours la conviction de ce que Dieu lui avait donné à voir et à proclamer.

« Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons » Jn1, 3

  •  Quelle est la source de l’action évangélisatrice ?

Écoutons d’abord ce que nous en dit aujourd’hui le Pape François dans son exhortation « La joie de l’Evangile » (tous les N° indiqués face aux paroles du Pape proviennent de ce document) :

« Si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres ? ( N° 8 )

En parallèle, voici maintenant la voix de Julie :

« Une personne qui aime bien le bon Dieu fait de grandes choses avec lui et devient un puissant apôtre »   (Julie thèmes)

« Dans la miséricorde et l’amour, Dieu nous a donné assez de grâce et de force pour devenir apôtre » (Julie conférence 1812)

« Combien le bon Dieu est bon, ah ! oui ! Que ne pouvons-nous le faire entendre à tout l’univers »

D’autres paroles du Pape François :

« Dans toute forme d’évangélisation, la primauté revient toujours à Dieu, qui a voulu nous appeler à collaborer avec lui et nous stimuler avec la force de son Esprit. On doit toujours manifester que l’initiative vient de Dieu, que c’est « lui qui nous a aimés le premier » (1Jn 4,19) et que « c’est Dieu seul qui donne la croissance » (1Co 3,7) Cette conviction nous permet de conserver la joie devant une mission aussi exigeante. Elle nous demande tout, mais en même temps elle nous offre tout. » (N° 12)

N’est-ce pas aussi la conviction intime de Julie ?

« Si on ouvrait simplement les yeux de la foi, disait Mère Julie, en se rendant à la chapelle, on se sentirait dans un lieu où le bon Dieu nous attend, où il nous regarde, où il s’offre à nous, les mains pleines de grâces et le cœur prêt à nous recevoir ».

Notre spiritualité est apostolique, dans la tradition de sainte Julie. Son expérience unique de la prière et de l’action lui fit trouver la présence de Dieu partout, et d’une manière spéciale parmi les pauvres.  « Nous ne sommes que pour les pauvres, absolument que pour les pauvres. »

« Confions-nous bien au bon Dieu : c’est la seule prière que je puisse faire : « Mon Dieu, c’est votre œuvre » Avec cela, je vais à travers toutes les difficultés »  (Julie, Lettre 434)

« Le bon Dieu a permis que je sois bien dépouillée de toutes sortes d’appuis. Il ne faut que Dieu seul pour son œuvre » (Julie, Lettre 74)

« Il faut mettre toute notre confiance au bon Dieu, ma bonne fille ; vous et moi, nous ne devons faire que cela du matin au soir et lui dire : « Mon Dieu, c’est votre ouvrage, c’est votre ouvrage »

  • Ce qu’est l’évangélisation et ce qu’elle n’est pas.

Dans « La joie de l’Evangile », le pape François nous rappelle au N° 14: 

« Tous ont le droit de recevoir l’Evangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Eglise ne grandit pas par prosélytisme mais par « attraction ».

Voix de Julie :

« Tâchez de bien vous remplir de l’esprit du bon Dieu pour aller auprès des pauvres malades ; ne pas parler tout de suite de religion, car souvent cela rebute les personnes qui n’en ont pas ou fort peu.  (Julie, Lettre 281)

Le pape François au N° 10:« Que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Evangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçus en eux la joie du Christ ».

Voix de Julie :

« On choisit des personnes d’un caractère gai pour former les enfants ».

Julie n’est-elle pas appelée : « la sainte qui sourit ? » .

« Le bon Dieu aime une âme qui reconnait en Lui son Père bien-aimé ; Il chérit une enfant qui se livre tranquillement, joyeusement à son amour ».

« Si on donne l’autorité à une personne d’humeur sombre, bientôt toute la maison sera sans joie. La joie du Saint -Esprit doit paraitre dans tout votre extérieur ; ainsi seulement, vous pourrez attirer les âmes à Dieu ».

Le pape François au N° 242 :

« La foi ne craint pas la raison ; au contraire, elle la cherche et lui fait confiance, parce que « la lumière de la raison et celle de la foi viennent toutes deux de Dieu ».

Voix de Julie :

« Parlez raison avec vos enfants, religion sans doute, mais commençons par la raison, cela est la chose du monde la plus utile pour entrer dans leur cœur ».  (Julie, Lettre 206)

  • Un message universel

Le pape François au N°181 :

Il s’agit du critère d’universalité, propre à la dynamique de l’Evangile, dès lors que le Père désire que tous les hommes soient sauvés et que son dessein de salut consiste dans la récapitulation de toutes choses, celles du ciel et celles de la terre sous un seul Seigneur qui est le Christ (EP,1,10).

Voix de Julie et de Françoise :

« Notre charité ne doit pas se limiter à l’amour que nous avons les unes pour les autres. Elle doit rendre notre amour vaste comme l’univers ». (Julie, Thèmes)

« Nourrissez en vous la flamme apostolique et tenez-vous prêtes : la mission de l’univers entier entre dans le but de notre Institut », disait aussi son amie Françoise  Blin de Bourdon

« Combien le bon Dieu est bon, ah ! oui, oui ! que ne pouvons-nous le faire entendre à tout l’univers » (Julie, Lettre 45)

Pour Julie et Françoise, ce n’était pas seulement une vision, ni des conseils mais c’est leur vie entière donnée infatigablement dans ce sens de l‘universalité. Rappelons-nous l’ouverture de communautés partout dans le monde.

Carte de l’expansion des SND de Namur

Dans le livre « l’appel de la route » d’Agnès Richomme, après avoir expliqué les fondations d’Amersfoort et de Coesfeld, nous lisons : « Ainsi, sans aucun lien juridique avec l’Institut de Namur fondé directement par Mère Julie Billiart, deux Congrégations se réclament de son esprit et restent fidèles à sa mémoire, se considérant à bon droit ses filles ».  Il s’agit de nos cousines, les SND d’Amersfoort et les SND de Coesfeld.

N’est-ce pas un beau témoignage donné, non seulement à la valeur intrinsèque de cet esprit de la Mère Julie, mais aussi à sa puissance d’adaptation ?

La congrégation des SND d’Amersfoort fondée le 29 juillet 1822 s’est formée après que trois candidates hollandaises furent admises au noviciat de Gand par Mère Saint-Joseph en 1819.  Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien (http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/amersfoort)

Trois premières sœurs hollandaises dans le Registre d’entrées du noviciat des SND de Namur, à GAND (1815-1840).

En 1850, l’abbé Elting, de Coesfeld, et l’évêque de Münster sollicitèrent l’aide des SND d’Amersfoort pour former à la vie religieuse deux institutrices qui s’occupaient d’orphelines.  Trois SND d’Amersfoort arrivèrent à Coesfeld en Allemagne où les candidates furent instruites selon l’esprit et la Règle des SND.  Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien (http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/coesfeld)

Hilligonde Wolbring and Elisabeth Kühling (les deux institutrices allemandes formées par les SND d’Amersfoort) avec une jeune orpheline.

C’est ainsi que des liens étroits se sont établies entre les trois congrégations.  Même si elles ne reconnaissaient pas Julie Billiart comme leur fondatrice, les SND d’Amersfoort et de Coesfeld ont une réelle dévotion envers elle.

Aujourd’hui, les Sœurs de Notre-Dame d’Amersfoort sont présentes en Hollande, Indonésie, Malawi, Philippines et Malaisie et sont engagées dans l’éducation, le travail pastoral et les soins de santé (http://srsourladyamersfoort.blogspot.com/).  Quant aux SND de Coesfeld, elles sont principalement engagées dans l’éducation mais travaillent aussi dans des cliniques, s’occupent de homes pour personnes âgées, pour enfants abandonnés ; elles œuvrent dans l’enseignement spécial pour handicapés, … (http://snd1.org/en/)

Régulièrement, nous recevons à Namur la visite de nos cousines, présentes aux quatre coins du monde !  C’est toujours une joie pour nous de découvrir à quel point leur amour pour Sainte Julie est très fort. 

A l’ occasion de leurs 25 ans de vœux, 7 Sœurs de N-D de Coesfeld originaires du Nord de l’Inde sont venues à Namur sur les traces de Julie et Françoise en septembre 2019.
Les 7 SND de Coesfeld découvrent avec joie la bulle de canonisation de Julie promulguée par le pape Paul VI le 22 juin 1969 et conservée dans les Archives Générales.
  • Un Message toujours nouveau

« Quand on réussira à exprimer de façon adéquate et avec beauté le contenu essentiel de l’Evangile, ce message répondra certainement aux demandes les plus profondes des personnes, parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Evangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel. » N° 265

  • Avec Marie, Mère de l’évangélisation

Pape François :

Avec l’Esprit-Saint, il y a toujours Marie au milieu du peuple. Elle était avec les disciples pour l’invoquer (Ac.1,14) et elle a ainsi rendu possible l’explosion missionnaire advenue à la Pentecôte. Elle est la Mère de l’Eglise et sans elle nous ne pouvons comprendre pleinement l’esprit de la nouvelle évangélisation. (N° 284)

Voix de Julie :

« Il faut bien rester avec la Sainte Vierge dans le Cénacle, être avec les apôtres, pour y persévérer dans la prière, avec toute la sainte Eglise. (Julie, Lettre 208)

Céramique réalisée par Sœur Albert Goosse.

Mission, Evangelization

French

  •  Introduction:

After the Concordat of 1802, great missions were preached in France as urged by Pope Pius VII in order to restore the faith and renew Christian life.

The Fathers of the Faith simultaneously gave, in the five parishes of the city of Amiens, a mission that opened on April 29, 1804, and that lasted until May 24.  The mission was a huge success!  Julie and Françoise collaborated by instructing the women of the populace.

Julie is brought to the Cathedral of Amiens in a sedan chair in order to give catechetical instruction. Drawing by Sr. Genevieve of the Sacred Heart (1878-1941) in the book The Charred Wood.

After her miraculous cure (Amiens, June 1, 1804), Julie left for Saint-Valery-sur-Somme and Abbeville with Fathers Thomas and Enfantin.  Her letters give testimony to her active apostolate and to the success of the mission at St. Valery, during which 40 marriages were rehabilitated.   Of the mission at Abbeville little is known, the archives having been burned during the year of 1940. 

In the Heritage Center in Namur, can be seen the prie-Dieu of Mademoiselle Oeuillo with whom Julie lodged in St.Valery. “Here is my address: Melle J.B. at the home of Melle Oeuillo. In order to teach catechism, I have at my disposition a little garden and a large bedroom.” (Letter 34)
Home of Mademoiselle Oeuillo, situated at 39, Quai de Romerel. A commemorative plaque was affixed there on July 23, 1992.

Here is a letter from Julie to her friend Françoise:

“To Sister Blin, Amiens                   (St.Valery)  June 23, 1804

JMJ

The mission at St.Valery is going very well… our good fathers are pleased, especially the parish priest.  A great many people come to the evening instructions; there are fewer at the morning ones.  I cannot tire of admiring the goodness of my God.  How good he is!  Pray to him with all your hearts, my dear daughters…!

Shall I tell you something?  At St. Valery I have to instruct men who are just as ignorant as those who were sent to me during the mission at Amiens.  I do what I am told, always a poor useless servant; I am convinced the good God could very easily do without me, poor frail creature that I am.  I am writing you in a hurry—you will have to read my writing as best you can.  I am finishing this letter in the presence of a man to whom I am teaching the Creed.  He is nearly ninety!  He has not made his first Holy Communion, but has the best will in the world….”

The order, given in August by the powers that be to the Fathers of the Faith to leave the diocese of Amiens, interrupted Julie’s missionary activity.

View of Saint-Valery-sur- Somme

Finding herself at Saint-Valery-sur Somme facing this endless expanse of water, Julie must certainly have remembered the vision she received on February 2, 1806, knowing that her daughters would one day go across the seas.  This was confirmed for her by Monsignor de Broglie at the time of her arrival in Ghent in 1807 (in spite of the strong opposition she received at the time from the bishop of Amiens and the superior of the community in Amiens, Father de Sambucy, who did not understand her point of view):  “No, Mère Julie, you are not made to stay in a single diocese.”  

Does this not connect us to the Gospel message: “Go into all the world and preach the gospel to every creature.”  Mk. 16:15

It is thus that, cured of her paralysis that gave her so many occasions to engage in contemplative prayer, Julie always held the conviction of what God had given to her to see and to proclaim.  “What we have seen and heard, we proclaim now to you.”  1 Jn. 1: 3

  • What is the source of evangelizing action?

Let’s first listen to what is said to us today by Pope Francis in his exhortation, “The Joy of the Gospel,” (all the numbers indicated across from the words of the Pope come from this document):

“For if we have received the love which restores meaning to our lives, how can we fail to share that love with others?” (No. 8)

Simultaneously, here is now the voice of Julie:

“A person who truly loves the good God does great things with him and becomes a powerful apostle.”  (Julie, Themes)

“In mercy and love, God gave us enough grace and strength to become an apostle.”  (Julie, Conference 1812)

“How good is the good God, ah!  Yes!  How can we make it known to the whole world?”

Some other words from Pope Francis:

“In every activity of evangelization, the primacy always belongs to God, who has called us to cooperate with him and who leads us on by the power of his Spirit.  The life of the Church should always reveal clearly that God takes the initiative, that “he has loved us first (1 Jn. 4:19) and that he alone ‘gives the growth’ (1 Cor 3;7).  This conviction enables us to maintain a spirit of joy in the midst of a task so demanding and challenging that it engages our entire life.  God asks everything of us, yet at the same time he offers everything to us.”  (No. 12)

Wasn’t this also the Julie’s personal conviction?

“If one simply opens the eyes of faith, said Mère Julie while going to the chapel, one would feel in the place where the good God waits for us, where he looks at us, where he offers himself to us, hands full of graces and a heart ready to receive them.”

Our spirituality is apostolic, in the tradition of Saint Julie.  Her unique experience of prayer and of action caused her to find the presence of God everywhere, and in a special way among the poor. “We are only for the poor, absolutely for the poor.”

Let’s us trust in the good God – it is his work. That is the only prayer I can say:  ’My God, it is your work!’ With this prayer, I pass through all difficulties.”  (Julie, Letter 434)

“God has permitted me to be deprived of every kind of support.  God alone is necessary for his work, since he has permitted things to be as they are.” (Julie, Letter 74)

We must put all our confidence in the good God, my good daughter; you and I, we must do only that from morning to night and say to him: ‘My God, it is your work, it is your work.’” 

  • What is evangelization and what it is not.

In “The Joy of the Gospel”, Pope Francis reminds us in No. 15:

“All have the right to receive the Gospel.  Christians have the duty to proclaim the Gospel without excluding anyone.  Instead of seeming to impose new obligations, they should appear as people who wish to share their joy, who point to a horizon of beauty and who invite others to a delicious banquet.  It is not by proselytizing that the Church grows but ‘by attraction.’” 

Julie’s voice:

“I am confident that you accomplish all your little labors for the greater glory of the good God, who calls you to the sick poor.  Ah, above all, know how to be filled with the spirit of the good God when going to them!  Do not speak immediately of religion unless you see an opening.  It often puts off persons with little or no religion.”

Pope Francis in No. 10:

“And may the world of our time, which is searching, sometimes with anguish, sometimes with hope, be enabled to receive the good news not from evangelizers who are dejected, discouraged, impatient or anxious, but from ministers of the Gospel whose lives glow with fervor, who have first received the joy of Christ.”

The voice of Julie:

We choose persons with a cheerful disposition to form children.”

Wasn’t Julie herself called:  “the smiling saint?”

“The good God loves a soul who recognizes in Him her beloved Father; He cherishes a child who gives herself peacefully, joyously to his love.”

“If we give authority to a gloomy person soon the whole house will be joyless.”  The joy of the Holy Spirit must appear in your whole exterior; only thus will you be able to attract souls to God.”  

Pope Francis in No. 242

“Faith is not fearful of reason; on the contrary, it seeks and trusts reason since ‘the light of reason and the light of faith both come from God’” 

Julie’s voice:

“Talk sense to your children, religion without doubt, but let us begin by sense; that is the most useful thing in the world for finding an entrance to their hearts.” (Julie, Letter 206)

  • A universal message

Pope Francis in No. 181: 

This is the principle of universality intrinsic to the Gospel, for the Father desires the salvation of every man and woman, and his saving plan consists in ‘gathering all things in Christ, things in heaven and things on earth.’(Eph. 1:10)”

The voices of Julie and Françoise:

“Our charity must not limit itself to the love that we have for one another.  It must make our love as wide as the world.”  (Julie, Themes)

Nourish in yourselves the apostolic flame and hold yourselves ready:  the mission of the entire world enters into the end of our Institute,” also said her friend, Françoise Blin de Bourdon. 

“How good the good God is!  Yes, indeed.  Why can we not proclaim it to the whole world?”

For Julie and Françoise it wasn’t only a vision, nor advice, but it was their entire life given indefatigably to the directly of universality.  Let us remember the opening of communities everywhere in the world.

Map of the expansion of the Sisters of Notre Dame de Namur.

In the book, “The Call of the Road,” by Agnès Richomme, after having described the Amersfoort and Coesfeld foundations, we read: “Thus, without any juridical tie with the Institute of Namur, founded directly by Mère Julie Billiart, two Congregations claimed to be from her spirit and remain faithful to her memory, rightly considering themselves her daughters.”  These are our cousins, the Sisters of Notre Dame of Amersfoort and the Sisters of Notre Dame of Coesfeld.

And is this not a beautiful testimony given, not only to the intrinsic value of this spirit of Mère Julie, but also its value of adaptation?

The congregation of SND Amersfoort founded July 29, 1822 was formed after three Dutch candidates were admitted to the novitiate of Ghent by Mother St. Joseph in 1819. To learn more: Click here http://snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/amersfoort

The three first Dutch sisters in the Registry of Entrants from the Novitiate; of the Sisters of Notre Dame de Namur, in GHENT (1815-1840)

In 1850, Abbot Elting, from Coesfeld, and the bishop of Münster, sought the help of the Sisters of Notre Dame of Amersfoort to form in religious life two teachers who took care of orphaned girls.  Three Sisters of Notre Dame of Amersfoort arrived in Coesfeld, in Germany, where the candidates were instructed according to the spirit and the Rule of the Sisters of Notre Dame.  To learn more:  click here (http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/coesfeld)

Hilligonde Wolbring and Elisabeth Kühling (the two German teachers formed by the Sisters of Notre Dame of Amersfoort) with an orphan girl.

It is thus that the strong ties were established between the three congregations.  Even if they didn’t acknowledge Julie Billiart as their foundress, the Sisters of Notre Dame of Amersfoort and of Coesfeld have a true devotion to her. 

Today, the Sister of Notre Dame of Amersfoort are present in Holland, Indonesia, Malawi, the Philippines and Malasia and are engaged in education, pastoral work and health care (http://srsourladyamersfoort.blogspot.com/). As for the Sisters of Notre Dame of Coesfeld, they are principally engaged in education but also work in clinics, are occupied with homes for the elderly, for abandoned children; they work in special education for the handicapped. …  (http://snd1.org/en/)

Regularly, we receive at Namur the visit of our cousins coming from the four corners of the world!  It is always a great joy for us to discover to what extent their love for St. Julie is very strong. 

On the occasion of the 25th anniversary of their vows, 7 Sisters of Notre Dame of Coesfeld, from the North of India, came to Namur to follow in the footsteps of Julie and Françoise. September, 2019.
The 7 Sisters of Notre Dame of Coesfeld discover with joy the bull of Julie’s canonization promulgated by Pope Paul VI, June 22, 1969, and conserved in the General Archives.
  • A Message that is always new

“If we succeed in expressing adequately and with beauty the essential content of the Gospel surely this message will speak to the deepest yearnings of people’s hearts since we were created for what the Gospel offers us:  friendship with Jesus and love of our brothers and sisters.” ( No. 265)

  • With Mary, Mother of evanglization

Pope Francis:

“With the Holy Spirit, Mary is always present in the midst of the people.  She joined the disciples in praying for the coming of the Holy Spirit (Acts 1:14) and thus made possible the missionary outburst which took place at Pentecost.  She is the Mother of the Church which evangelizes, and without her we could never truly understand the spirit of the new evangelization.  (No. 284)

Julie’s voice:

“We must remain united with the Blessed Virgin in the sacred cenacle, to be with the disciples, the apostles, to persevere there in prayer with the entire holy Church.”  (Julie, Letter 208)

Ceramic created by Sister Albert Gosse.