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multiculturalité: une congrégation internationale

anglais

« De Mère Julie à Mère Ignace (1804 à 1842), l’Institut n’a pas cessé de croître ».

Ce constat, Cécile Dupont, jeune chercheuse belge de l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, l’a développé dans un brillant mémoire en vue de l’obtention d’un master en histoire pour lequel elle a consulté les Archives Générales des SND à Namur.  Elle s’est concentrée sur les trois premières supérieures générales des SND et en particulier la correspondance (Cécile DUPONT, Le Salut des âmes via le développement de l’enseignement au féminin : les sœurs de Notre-Dame de Namur, entrepreneures de l’éducation (1804-1842), UCL, Louvain-la-Neuve, Juin 2014).

Au cours de sa vision à Amiens, le 2 février 1806, Julie Billiart réalise que ses Sœurs se répandraient hors de la France vers d’autres pays du monde.  Cette extension est prédite, dès les origines de l’Institut, par l’évêque de Gand.  Dans ses lettres, Julie répète plusieurs fois les propos du prélat :  «Comme Mgr de Broglie m’avait promis de beaucoup s’intéresser à notre établissement, et que je lui avais dit bien clairement, que si l’on ne voulait pas donner un autre local à mes Sœurs de St-Nicolas, que je les emmènerais à Namur, il m’avait nettement dit sa façon de penser, lui ; que nous n’étions pas faites pour rester dans un seul diocèse : « Non, Mère Julie, ce n’est pas là votre vocation. » (Lettre 113, 25 avril 1809).  La troisième fois qu’elle énonce l’avis de l’évêque, elle y ajoute une dimension internationale : il est question que la congrégation s’étende « partout dans le monde » (Lettre 114, 26 avril 1809).

1. Missionnaires chez soi : les maisons françaises et belges

Dès l’origine de la congrégation, la fondatrice entreprend d’élargir le champ de son action.  D’abord, sans quitter l’espace français puis belge, les sœurs se font missionnaires.  Elles sont investies d’un rôle apostolique qu’elles se doivent de mener à bien quel que soit l’endroit où les enverra la volonté divine. 

Carte de la France: En 1804, Julie fonde la congrégation dans une France élargie. En effet, la victoire des Français à Fleurus en 1795 entraina l’annexion des Pays-Bas autrichiens et de la principauté de Liège (Belgique actuelle) à la France pour vingt ans. La carte se dessine à nouveau en 1815 après la bataille de Waterloo : les « Belges » sont unis aux Hollandais dans un royaume des Pays-Bas. Mère Saint-Joseph connaîtra l’indépendance de la Belgique en 1830.

La fréquence des fondations suit de très près l’évolution politique.  Mère Julie et Mère Ignace fondent, toutes deux, une à plusieurs maisons par an.  Le supériorat de Mère Saint-Joseph est lui beaucoup moins riche en nouvelles implantations.  Le début de son supériorat voit la concrétisation des derniers projets de Julie Billiart.  Par la suite, Françoise Blin de Bourdon ne fonde presque pas de nouvelles maisons pendant environ 20 ans.  Cet arrêt des fondations est dû au contexte politique de l’époque hollandaise et à l’inimitée du roi Guillaume Ier envers les congrégations religieuses.

Première expérience de la multi-culturalité

Le premier voyage de Julie hors du territoire francophone est celui qu’elle entreprend en juin 1806 avec le Père Leblanc en Flandre où ce dernier est chargé d’inspecter le collège de Roulers.  Julie et le Père Leblanc rencontrent Mgr de Fallot de Beaumont, évêque de Gand de 1802 à 1807, qui exprime le désir d’avoir dans son diocèse une maison des Sœurs de Notre-Dame.  Mère Julie accepte la demande de l’évêque à condition d’avoir des jeunes filles parlant la langue flamande et de les former d’abord à la vie religieuse et aux méthodes d’enseignement. 

En Flandre, région annexée à la France depuis 12 ans, on parle une langue incompréhensible pour Julie.  Le français y est la langue de l’occupant.

 « J’ai fait lire sa lettre en flamand. »  Lettre 106 (Février 1809)

 « […] j’eus un peu de difficulté de le trouver, car ne pouvant parler flamand pour le demander, le bon Dieu permit que je m’adresse à un homme qui ne put jamais me dire un seul mot.  Enfin, je m’en fus tout droit à l’église St-Pierre où je m’adressais encore à un homme qui ne put non plus me répondre, et, […]. » Lettre 113 (Avril 1809)

En revenant de Gand, Julie Billiart demande à la jeune Marie Steenhaut ce que la population dit sur son dos, et en particulier de son costume.

Cliquez sur le document pour l’agrandir et le lire – Le lendemain, notre Mère me conduisit à la grande messe, et dans la rue, elle fut plus d’une fois insultée par les garçons à cause de son singulier costume de voyage. On lui donna toutes sortes de noms, noire sorcière, peau de jambon, aventurière, devineresse, etc. Notre Mère me fit répéter en français les cris flamands, elle en riait, et moi j’étais humiliée de me trouver près d’elle au point qu’en rentrant dans l’église, je lui laissait avancer seule, et j’entendit la messe ou plutôt je donnais cours à mes distractions étant bien loin d’elle toute confuse et humiliée, notre Mère ne s’en apperçut qu’en sortant de l’église, elle me questionna dans la rue, et je lui fis connaitre mon orgueil, elle fut satisfaite de ma sincérité, me donna un avis sur l’humilité et mon estime pour elle augmenta et je fus plus forte dans d’autres épreuves qui m’attendaient. « Premier voyage de Mère Julie en Flandre (1806) », Récit autographe de Sr Marie Steenhaut (orthographe laissée telle que dans le texte original).

Mère Julie trouve les Flamands généreux et travailleurs.  C’est ce qu’elle écrit dans ses lettres : « Ils sont tous, ces bons Flamands, d’une si mûre réflexion pour exécuter leurs affaires, et ne se soucient pas d’un retard, si je n’ai pas le temps de les écouter. »  (Lettre 47, Janvier 1807).  Mais les Flamands peuvent aussi lui mener la vie dure ; d’où quelques expressions peu flatteuses… 

En quittant St-Nicolas pour Gand : « Nous sommes parties […] au milieu de cent personnes qui, je vous l’assure, ne donnaient aucune marque de peine, de se voir enlever un établissement si précieux pour eux ; au contraire, la population nous disait toutes sortes de moqueries. […]  Enfin les autres circonstances que je vous dirai de vive voix, vous feront bien voir que le bon Dieu ne voulait plus que nos bonnes Sœurs restent plus longtemps dans ce pays-là ; nous voilà donc parties. » Lettre 117 (Mai 1809)

Dans ses Mémoires, Françoise nous donne des détails sur les premières postulantes flamandes :

 « Les bontés de Mgr de Beaumont et les promesses de toutes sortes d’assistances qu’il fit à notre Mère, pour le temps que ses sujets seraient préparés, la satisfirent beaucoup et lui donnèrent des espérances fondées de travailler en Flandre pour la gloire de Dieu.  Elle ne ramena de ce premier voyage qu’une fille appelée Thérésia Lauwers, qui ne savait pas un mot de français; elle revint le 29 juin 1806.  On lui avait promis, en Flandre, de lui chercher des personnes qui eussent vocation pour cette œuvre; en effet, elle repartit le 28 août, même année et revint le 18 septembre, ramenant avec elle cinq Flamandes, dont deux ne savaient pas du tout le français, et une, très peu.  Elle partit le 13 novembre; elle ramena en Flandre Thérésia Lauwers à qui nous ne convenions pas et qui ne nous convenait pas davantage. »

Notons aussi que lors de son voyage à Gand, Mère Julie fait une halte avec les jeunes postulantes à Courtrai où elle loge notamment chez Madame Goethals, tante de Mère Ignace, troisième supérieure générale et promotrice des missions lointaines, qui avait alors 6 ans.  La petite Thérèse Goethals reçut une bénédiction de Julie qui l’embrassa tendrement.

Pour Mère Julie, la Flandre est importante.  Elle y reçoit comme postulantes beaucoup de jeunes filles en qui elle découvre des vertus solides.

 « Je vous dirai qu’il se présente bien des flamandes pour notre maison, mais je crois ne vous en ramener qu’une dont ma chère bonne petite Sœur Marie sera bien étonnée, car c’est sa bonne sœur Françoise, […]. » (Lettre 43, Novembre 1806) Ce sont Marie Steenhaut et sa sœur Ciska (Françoise Steenhaut).

 « Vous avez bien fait de parler au confesseur, des flamandes, pour leurs communions, comme je vous l’ai dit et pour qu’il y ait de l’ordre.  Je suis bien aise que vous soyez contente de la petite sœur de Marie (Steenhaut) et je suis aussi contente d’elle-même ; c’est une bonne petite Sœur, elle nous est d’une grande utilité avec toutes nos flamandes. » (Lettre 46, Décembre 1806)

Il est intéressant de remarquer que dans les Archives Générales des SND, nous avons de nombreux documents autographes de Sr Marie Steenhaut ; ceux-ci nous sont très précieux pour retracer l’histoire et découvrir les émotions des Sœurs de l’époque.  Parmi ceux-ci : 1er voyage de Julie en Flandre en 1806 ; Annales de Saint-Nicolas et Gand ; Quelques lettres. 

Cliquez sur le document pour l’agrandir et le lire – Première page des Annales de Saint-Nicolas : Notice sur l’établissement de St-Nicolas, transféré à Gand après deux ans et demi d’existence dans la paroisse de St-Pierre, écrit en l’année 1844 par un témoin oculaire et auriculaire, Sœur Marie de Jésus Steenhaut, supérieure.

La jeune sœur de Sr Marie Steenhaut, Françoise (Sœur Ciska), était très appréciée de Mère Julie qui en parle dans ses lettres avec beaucoup d’affection.  Dans ses Mémoires, Mère Saint-Joseph ne laisse nul doute quant aux qualités de cette jeune fille :

« Mais revenons à notre principale affaire.  J’ai laissé M. Cottu dans la chambre de la Mère Julie à qui, étant sur le point de sortir, il demanda:
– Qui emmènerez-vous d’abord avec vous?
– Mais dit-elle, j’emmènerai une telle, une telle, etc.
Et quand elle nomma la Soeur Ciska Steenhaut, qui était une jeune Flamande de Gand âgée de dix-sept ans, sachant bien le français, dont M. de Sambucy faisait grand cas et qu’il eût bien voulu retenir:
– Non, dit M. Cottu, laissez-la.
– Mais, mon Père, n’aviez-vous pas dit que je devais les emmener toutes?
– Je vous dis de la laisser; on ne sait pas si Monseigneur n’en voudra pas garder quelques-unes.
– Mon Père, elle ne voudra pas rester, j’en suis sûre.
– Laissez-la toujours.
– Je vous assure, – ajouta la Mère Julie, – qu’elle ne le voudra pas. »

Mère Julie fonde trois écoles dans le diocèse de Gand (en Flandre).  Le 9 décembre 1806, elle établit la maison de Saint-Nicolas.  Trois sœurs y sont envoyées dont Sr Marie Steenhaut chargée de s’occuper de la classe de flamand.  Mais, en mai 1809, les Sœurs sont contraintes de quitter cette maison à cause de son insalubrité.  Elles arrivent à Gand où Mère Julie eut de la peine à trouver un logement convenable.  Ce n’est que le 21 novembre 1809 que les Sœurs s’installent à la rue des femmes à Gand et fondent l’école du Nouveau-Bois le 15 février 1810.  Le 11 novembre 1811, les Sœurs établissent une école à Zele.

Cliquez sur le document pour l’agrandir et le lire – Extraits de la liste des voyages de Mère Julie (Page 1 à 3 : de 1804 à 1809 – fondations des maisons en Flandre), autographe de Mère Saint-Joseph.
Extraits de la liste des voyages de Mère Julie (Page 1 à 3 : de 1804 à 1809 – fondations des maisons en Flandre), autographe de Mère Saint-Joseph.

Une fois installées, les religieuses doivent se ménager une place au sein de la population et s’intégrer aux us locaux.  La langue est l’un des plus importants obstacles auxquels elles se heurtent lors de leur arrivée en Flandre.  Parmi les enfants qu’elles reçoivent « il n’y en a que cinq ou six qui entendent le français sur un si grand nombre » (Lettre de Sœur Catherine Daullée à Sr Saint-Jean à St-Hubert, Gand (rue des femmes), 29 décembre 1809).  Afin de surmonter cet obstacle, la supérieure générale demande immédiatement la formation de postulantes flamandes.  Elle raccourcit également leur noviciat à deux mois afin que les sœurs puissent au plus vite commencer à enseigner dans la langue des enfants (Annales de Saint-Nicolas).  Les sœurs adaptent également leurs exigences au public auquel elles s’adressent.

2. Des perspectives internationales : les Pays-Bas et l’Amérique

Première implantation à l’étranger : la Hollande

Avant l’Amérique, les premières tentatives d’implantation hors de l’espace franco-belge sont dirigées vers la Hollande.  A la toute fin de l’année 1809, Julie Billiart entreprend un voyage à Breda.  Elle s’y rend à la demande d’une dame proposant sa maison pour y réaliser une fondation.  La dame charitable ne convainc pas Julie Billiart et la fondation ne se fit pas. 

Quelques années plus tard, en 1819, c’est à nouveau de Hollande que parvient une autre sollicitation. 

Père Matthias Wolff

Le Père Wolff, un jésuite, sollicite Mère Saint-joseph afin de placer chez les SND quelques filles à former.  La supérieure générale accepte et reçoit dans la maison de Gand trois novices hollandaises (Marie Stichters, Sophie Miltner et Lubuina van Elck).  Entre 1820 et 1821, quatre autres postulantes se présentent.  Ces jeunes femmes sont reçues et formées par les SND mais demeurent sous la direction du Père Wolff.  Ces religieuses extérieures ne sont pas destinées à demeurer dans la congrégation.  Dès l’origine, il est question qu’elles retournent fonder un établissement en Hollande.  Elles établissent une nouvelle congrégation le 29 juillet 1822 qui s’applique à l’éducation et adopte le nom de « Pédagogie chrétienne ».  Cette congrégation évolue indépendamment de celle des SND de Namur.  Elle en suit malgré tout les Règles, adaptées au contexte particulier du pays.  Aujourd’hui, cette congrégation est connue sous le nom de SND d’Amersfoort et bien qu’elles ne reconnaissent pas Julie Billiart pour fondatrice, lui vouent une dévotion particulière.

Départ pour l’Amérique : un désir de voyage mûri de longue date

Considérons avec attention ce que Cécile Dupont écrit dans son excellent travail de recherche dans les Archives Générales de la congrégation des SND.

« La volonté de partir en mission lointaine est présente chez les SND longtemps avant leur départ effectif.  Déjà sous Mère Saint-Joseph, des allusions à ce désir d’évangélisation hors d’Europe sont présentes.  Il n’existe pas encore de projet concret mais des phrases disséminées ça et là dans la correspondance témoignent d’une idée qui fait son chemin dans l’esprit de certaines : « … vous nous donnez envie d’aller en mission par toute ce que vous nous dites … mais notre tour viendra j’espère et nous pensons que le bon Dieu appellera les SND au-delà de la grande rivière.  Il n’est rien de nouveau dans notre noviciat sinon que notre désir d’aller en mission s’augmente de jour en jour. » (Lettre de Sr Louis de Gonzague à Sr Stéphanie, 1832).  C’est avec cet objectif à l’esprit que Thérèse Goethals rejoint la congrégation en 1821.  Sous le supériorat de Françoise Blin de Bourdon, en 1824, elle pense un peu trop fort à l’Amérique et Mère Saint-Joseph qui connait le désir missionnaire de sœur Ignace la tempère : « … il paraît que vous rêvez encore à l’Amérique, cependant je ne crois pas que ce soit sérieux. » (Lettre de Mère Saint-Joseph à Sr Ignace Goethals, 31 mai 1827)  C’est toutefois cette rêveuse qui permettra la réalisation de la prédiction de Mgr de Broglie. »

Mère Ignace, bien que promotrice du départ en Amérique, ne quitte pas la Belgique. 

Portrait de Mère Ignace

Elle choisit selon leur caractère, leurs compétences et leur désir, les 8 sœurs pionnières et les accompagne jusqu’à Anvers d’où elles embarquent le 3 septembre 1840, malgré les mises en garde de Mgr Purcell et les réticences des familles en Belgique. 

Sœur Louise Van der Schrieck, pionnière aux Etats-Unis et supérieure de la province de l’Ohio, pendant 38 ans (de 1848 à 1886).

« Le bateau choisi pour la traversée emmène également à son bord des pères dominicains et jésuites qui sont leurs compagnons de voyage.  Les religieuses, malades en mer, racontent avec humour leur traversée à leurs sœurs restées en Belgique. »

« Arrivées sur le nouveau continent, elles voyagent par train et par bateau.  A travers elles, sous leur plume, les sœurs de Belgique découvrent une Amérique sauvage et moderne.  Une fois à destination, les sœurs sont momentanément hébergées chez les Dames de la Charité.  De cette façon, l’emplacement de leur future maison ne leur est pas imposé.  Malgré les difficultés à trouver un bâtiment en ville, les religieuses ne souhaitent s’installer en campagne qu’en ultime recours car il est important qu’elles demeurent auprès des pauvres.  De plus, elles craignent de ne pas pouvoir s’y fournir en matériel nécessaire.  Les SND ont finalement l’opportunité d’acquérir une bâtisse sur Sixth  Street, dans le centre de Cincinnati. »

Bâtiment Sixth Street, dans le centre de Cincinnati

« L’implantation des sœurs aux Etats-Unis ne se fait pas sans difficultés.  Ce nouveau pays dresse plusieurs obstacles sur leur route.  La difficulté principale dont prennent immédiatement conscience les sœurs est la langue.  Dès leur embarquement, les religieuses s’attèlent à l’apprentissage de l’anglais.  Le révérend père French, dominicain passager sur la même traversée, leur sert de premier professeur (Lettre de Sr Louis de Gonzague à Mère Ignace, 21 octobre 1840).  Une fois sur place, les sœurs se rendent vite compte de leurs lacunes dans la maîtrise de l’anglais et de l’importance capitale de la langue pour atteindre leur but.  Elles continuent à s’entraîner deux à trois heures par jour.  Elles indiquent qu’il est nécessaire que les sœurs qui viendraient un jour les rejoindre maîtrisent l’anglais avant leur départ.  Seule sœur Louise (Joséphine van der Schrieck, une des pionnières de la mission américaine qui succède en 1848 à Sr Louis de Gonzague au poste de supérieure de la maison de Cincinnati) parvient à manier cette langue correctement, les autres religieuses peinent à l’assimiler.  Il est évident que cela ne facilite pas leurs tâches apostoliques.  La répartition des tâches selon les capacités est tributaire de la maîtrise de la langue ; il est donc moins facile ici de la respecter strictement.  Le contingent restreint de religieuses est également un frein.  Leur établissement de Cincinnati rencontre toutefois du succès.  Il s’adresse à une large tranche d’élèves.  L’élargissement de leur public et l’absence de noviciat sur place obligent les Sœurs de Notre-Dame à réclamer toujours des renforts. […] »

« Elles vont petit à petit s’adapter à leur pays d’accueil, modelées par leur nouvel environnement.  De leurs habitudes culinaires à leur conception de l’espace, leurs perceptions se transforment.  Les religieuses rencontrent en Amérique une flore et une faune nouvelle.  Elles découvrent de nouveaux goûts, des fruits inconnus et des pratiques alimentaires locales viennent enrichir leurs sens.  Les sœurs s’émerveillent par exemple en découvrant les animaux inconnus et colorés peuplant leur environnement au climat estival beaucoup plus chaud qu’en Belgique. »

« La conception du monde change dans cette terre immense.  Leur premier voyage laisse aux sœurs une impression d’immensité, mais vite elles en viennent à relativiser « …il a traversé l’océan en douze jours et demi, vous voyez que ce n’est pas une si grande affaire d’aller en Europe. » (Lettre de Sr Louis de Gonzague à Mère Ignace, 1 septembre 1841).  Très vite elles rendent compte des différences de perception : les missions de Monsieur Roppe sont à cent lieues (482km) des sœurs, « ce n’est pas fort loin dit-on en Amérique » (Lettre de Sr Louis de Gonzague à Mère Ignace, 1 octobre 1841).  De nouvelles coutumes s’invitent aussi dans le quotidien des sœurs ; ainsi, elles s’étonnent d’abord de l’échange de cadeaux à Noël qui ne se fait pas en Belgique ((Lettre de Sr Louis de Gonzague à Mère Ignace, 4 janvier 1842).  Il y a aussi des usages de politesse « … les Américains ne se saluent pas et les dames lorsqu’elles sont assises ne se lèvent pour personne » ((Lettre de Sr Louis de Gonzague à Mère Ignace, 25 décembre 1840). »

 « Outre le fait que les Sœurs doivent s’adapter au système d’éducation américain, une autre difficulté fondamentale entre les Etats-Unis et l’Europe dans laquelle agissent les sœurs est la confession de leur public majoritairement protestant. »

Conclusion

Aujourd’hui, les distances qui séparent les maisons fondées par Mère Julie en Belgique et en France nous paraissent bien courtes.  Mais du temps de Julie, il n’existe pas de transport aisé entre les villes et il est pratiquement inexistant pour relier les villages.  La diligence est souvent incommode, on marche beaucoup, les voyages sont longs.  Pour garder l’unité de la congrégation, Julie entreprend de nombreux voyages en diligence, à dos d’âne ou même souvent à pied. Entre deux voyages, Mère Julie garde le contact avec toutes les maisons en écrivant de nombreuses lettres à ses filles, surtout les supérieures des maisons secondaires. 

« Il faut nécessairement que dans une communauté comme la nôtre, plusieurs nations se trouvent rassemblées, mais la charité n’examine pas cela parce qu’il n’y a qu’une nation en Jésus Christ. » (Julie, Thèmes)

En Amérique, les religieuses  tentent de se tenir au plus près de ce qui se fait en Belgique : « nous faisons tout comme à Namur, autant que possible. » (Lettre de Sr Louis de Gonzague à Mère Ignace, 7 mai 1841).  Pour maintenir l’unité, on sait l’importance que les supérieures générales accordent à la correspondance.  Mère Ignace permet à la supérieure de Cincinnati d’écrire tous les mois malgré le coût élevé d’un envoi postal.  Elle souhaite maintenir un lien fort et un institut uni.

Texte: Marie Felten, archiviste générale des SND de Namur et Sr Christiane Houet, coordinatrice du Centre d’héritage des SND de Namur

Traduction anglaise : Sr Jo Ann Recker

Bibliographie :

  • Tous les documents reproduits dans ce texte sont conservés aux Archives générales des SND à Namur (archives.generales@sndden.org).
  • Cécile DUPONT, Le Salut des âmes via le développement de l’enseignement au féminin : les sœurs de Notre-Dame de Namur, entrepreneures de l’éducation (1804-1842), UCL, Louvain-la-Neuve, Juin 2014
  • Lire les nombreux travaux de Sr Gaby Peeters sur le rayonnement des SND dans les provinces du Nord de la Belgique.
  • Lire aussi les travaux de Sr Louanna Orth, tel que Souvenez-vous, réjouissez-vous, renouvelez-vous, 1840-1990, Cincinnati, 1990.

Multiculturalism: an international congregation

French

“From Mère Julie to Mère Ignace (1804 to 1842), the Institute has not stopped growing.”

This observation, Cécile Dupont, a young Belgian researcher from the Catholic University of Louvain-la-Neuve, developed in a brilliant thesis for her Masters degree in History for which she consulted the General Archives of the Sisters of Notre Dame in Namur.   She focused on the three first Superiors General of the Sisters of Notre Dame and, in particular, their correspondence,   (Cécile DUPONT, The Salvation of Souls by Means of the Development of Feminine Education: the Sisters of Notre Dame de Namur, Entrepreneurs of Education (1804-1842), UCL, Louvain-la-Neuve, June 2014.)

During her vision at Amiens, on February 2, 1806, Julie Billiart realized that her Sisters would spread beyond France and towards other countries of the world.  This expansion was predicted, from the origins of the Institute, by the Bishop of Ghent.  In her letters, Julie repeated several times the remarks of the prelate: “As the bishop had promised me to take a great interest in our establishment, I had told him very definitely that if they did not want to give another house to my sisters of St. Nicolas, I should take them away to Namur.  He told me clearly that to his way of thinking we were not made to stay in only one diocese.  ‘No, no, Mère Julie, that is not your vocation.’ ”  (Letter 113,  April 25, 1809).  The third time that she repeated the words of the bishop, she added to them an international dimension:  it was that the Congregation would extend to “everywhere in the world.”  (Letter 113, April 26, 1809).

1 Missionaries at home:  the French and Belgian Houses

From the beginnings of the Congregation, the foundress undertook to enlarge her field of action.  At first, without leaving French then Belgian territories, the sisters were missionaries.  They took on an apostolic spirit to which they obligated themselves no matter where the divine will sent them. 

Map of France in 1800: In 1804, Julie founded the Congregation in an expanded France. In fact, the French victory at Fleurus in 1795, led to the annexation of the Austrian Netherlands and of the French principality of Liège (Belgium today) to France for 20 years. The map was drawn again in 1815 after the battle of Waterloo: The “Belgians” were united to the Dutch in the Kingdom of the Netherlands. Mother Saint Joseph would experience the independence of Belgium in 1830.

The frequency of the foundations closely follows the political evolution.  Mère Julie and Mère Ignace together found one to several houses per year.  The tenure of Mother St. Joseph’s term of office as Superior General is much less rich in new establishments.  The beginning of her term sees the realization of Julie Billiart’s final projects.  Afterwards, Françoise Blin de Bourdon founds hardly any new houses for around 20 years.  The cessation of foundations is due to the political context of the Dutch era and to the enmity of King William I toward religious congregations.

First experience of multiculturalism

The first of Julie’s trips outside of French territory is the one that she undertook in June 1806 with Father Leblanc into Flanders where the latter is charged with inspecting the college of Roulers.  Julie and Father Leblanc meet Monsignor de Fallot de Beaumont, bishop of Ghent from 1802 to 1807, who expresses the desire to have in his diocese a house of the Sisters of Notre Dame.  Mère Julie accepts the bishop’s request on the condition that she has young women who speak Flemish and forms them, first, to religious life and as teachers.

In Flanders, the region annexed to France for 12 years, an incomprehensible language for Julie is spoken.  French is not the language of the occupier. 

I have had someone read her letter in Flemish”  Letter 106 (February, 1809)

“I have had some difficulty in finding him for, while I was not able to speak Flemish, the good God permitted me to address a man who could not say a single word to me.  At last, I went quite straight to the church of St. Pierre, where I asked another man who could not answer me either.”  (Letter 113, April, 1809)

Returning from Ghent, Julie Billiart asks a young Marie Steenhaut what the populace says behind her back and, in particular, about her habit.

Click on the picture to enlarge and read the document – The next day, our Mother took me to high Mass and, in the street, she was more than once insulted by the boys because of her singular traveling costume. They gave her all kinds of names: our witch, ham hide, adventuress, sorceress, etc. Our mother had me repeat in French the Flemish shouts. She laughed at them while I was so humiliated to find myself near her that, upon entering the church, I let her go ahead of me a bit and heard Mass or rather, being far from her, confused and humiliated I gave into my distractions. Only in leaving the church did our mother notice. She questioned me in the street and I let her know about my pride. Satisfied with my sincerity, she gave me advice on humility. My esteem for her grew and I was stronger in other trials that awaited me. “First Trip of Mère Julie in Flanders (1806)” Handwritten account by Sr. Marie Steenhaut (spelling left as it was in the original text).

Mère Julie finds the Flemish generous and hard workers.  It is what she writes in her letters:  “All these good Flemings are so deliberate and ponderous in carrying out their business; and they do not mind delays, even if I have no time to listen to them.”  (Letter 47, January, 1807).  But the Flemish can also make her life difficult; thus some not-so-flattering expressions…

Upon leaving St. Nicolas for Ghent:  “We left at 1:00 p.m. in the midst of a hundred persons who, I can assure you, did not show any sign of sorrow to see the removal of an establishment that was of such value to them.  On the contrary, these Flemings offered us all kinds of mockery.  The other circumstances also, which I shall tell you by word of mouth, will show you that the good God did not want our good sisters to stay any longer in that part of the country.  So now we have left.”  (Letter 117, May, 1809)

In her Memoirs, Françoise gives us details about the first Flemish postulants:

“The Bishop of Ghent was kind and promised every assistance while the postulants were in training, which pleased our mother and gave her the hope of working in Flanders for the glory of God.  She returned on June 29, 1806, from this first trip with a postulant, Thérésia Lauvers, who unfortunately did not speak a word of French.  In Flanders they had promised to find more vocations for us and this they did; in fact, she left again on August 28, of the same year, returning on September 18, bringing home with her five postulants, two of whom did not speak French at all, while one spoke very little.  She left on November 13 taking Thérésia Lauvers back to Flanders.  We did not suit her; nor she, us.”

Note also, that during her trip to Ghent, Mère Julie stopped with the young postulants at Courtrai where she stayed, notably, with Madam Goethals, aunt of Mère Ignace, the third Superior General and promoter of foreign missions, then only six years old.  The little Thérèse Goethals received a blessing from Mère Julie who embraced her tenderly. 

For Mère Julie, Flanders is important.  There, she received as postulants many young women in whom she discovered solid virtues.

“I must tell you that many Flemish girls want to enter with us.  But I think I shall bring only one back with me, whom my good little Sister Marie will be very astonished to see, for it is her good sister Franciska.”  (Letter 43, November, 1806).  These are Sister Marie Steenhaut and her sister Ciska (Franciska). 

“You have done well to speak to the confessor of the Flemish girls about their Communions as I told you to do, so that there may be some order.  I am glad that you are pleased with the little sister of Marie (Steenhaut) and I am also very pleased with Marie herself.  She is a good little sister and very useful to us with all our Flemish girls.”  (Letter 46, December 1806)

It is interesting to note that in the General Archives of the Sisters of Notre Dame, we have many signed documents of Sister Marie Steenhaut; these are very precious to us in retracing the history and discovering the feelings of the sisters of that time.  Among these:  Julie’s first trip to Flanders in 1806; the Annals of Saint Nicolas and Ghent; some letters. 

Click on the picture to enlarge and read the document – First page of the Annals of Saint Nicolas: Announcement of the Sister Julie’s establishment of St. Nicolas, transferred to Ghent after two and one-half years of existence in the parish of St. Pierre, written in 1844 by an eye and ear witness, Sister Marie de Jésus Steenhaut Superior.

The younger sister of Sister Marie Steenhaut, Françoise (Sister Ciska), was greatly appreciated by Mère Julie who spoke of her in her letters with much affection.  In her Memoirs, Mère Saint Joseph leaves no doubt as to the qualities of this young woman:

“But let us return to the point from which we have digressed.  We left Father Cottu in Mère Julie’s room.  As he turned to go, he asked which sisters she was taking with her.

Julie named several, among them Sister Ciska Steenhaut, a young Flemish woman from Ghent, who was seventeen years old and knew French well.  Father de Sambucy set a great store by her and wished her to stay in Amiens.  This is the way the dialogue went:

-‘No,’ said Father Cottu.  ‘Let Sister Ciska remain.’

-‘But, Father, did you not just say that I might take all the sisters?’

-I repeat, let her remain.  I cannot be sure but that the bishop will want to keep a few.’

-‘Father, I am sure she will not wish to remain.’

-‘Leave her, just the same.’

-‘I promise you, Father, she will want to go.’”

Mère Julie founded three schools in the diocese of Ghent (in Flanders).  On December 9, she established the house at Saint Nicolas.  Three sisters were sent there among whom was Sister Marie Steenhaut charged with looking after Flemish classes.  But, in May, 1809, the sisters were forced to leave this house because it was unsanitary.  They arrived in Ghent where Mère Julie had trouble finding proper lodging.  It was only on November 21, 1809, that the Sisters settled on the rue des femmes in Ghent and founded the school of Nouveau-Bois on February 15, 1810.  On November 11, 1811, the Sisters established a school in Zele

Click on the picture to enlarge and read the document – Extracts from the list of Mère Julie’s trips. (Pages 1 to 3: from 1804 to 1809 – foundations of houses in Flanders). Handwritten by Mother Saint Joseph
Extracts from the list of Mère Julie’s trips. (Pages 1 to 3: from 1804 to 1809 – foundations of houses in Flanders). Handwritten by Mother Saint Joseph

Once installed, the sisters must establish themselves with the populace and settle into the premises.   The language is one of the most important obstacles which they encounter at the time of their arrival in Flanders.  Among the children that they receive “out of a large number there are only five or six who understand French.”  (Letter of Sister Catherine Daullée to Sister Saint-Jean at St-Hubert, Gand (rue des femmes), December 29, 1809)  In order to overcome this obstacle, the Superior General immediately asks for the formation of Flemish postulants.  She shortens as well their novitiate to two months in order that the sisters might begin to teach in the children’s language as soon as possible.  (Annals of Saint Nicolas).  The sisters also adapt their needs to the populace to which they are sent.

2. Some international perspectives:  the Netherlands and America

First foreign establishments:  Holland

Before America, the first attempts at establishments outside of the France-Belgian area were directed towards Holland.  At the very end of the year of 1809, Julie Billiart undertakes a trip to Breda.  She went there at the request of a woman proposing her house for the establishment of a foundation.  The charitable woman did not convince Julie Billiart and the foundation was not made.

Some years later, in 1819, it is again Holland from which comes another request.

Father Matthias Wolff

Father Wolff, a Jesuit, asks Mother Saint Joseph to place with the Sister of Notre Dame two women to be formed in the religious life.  The Superior General accepts the request and receives in the house in Ghent three Dutch novices (Marie Stichters, Sophie Miltner and Lubuina van Elck). 

Between 1820 and 1821, four other postulants present themselves.  These young women are received and formed by the Sisters of Notre Dame but stay under the direction of Father Wolff.  These foreign religious are not destined to remain in the Congregation.  From the beginning, they were to return to found an establishment in Holland.  They establish a new Congregation on July 29, 1822 which is dedicated to education and they adopt the name “Christian Education.”  This Congregation evolves independently of that of the Sisters of Notre Dame de Namur.  They follow all the Rules, nonetheless, but adapted to the particular context of the country.  Today, this Congregation is known by the name Sisters of Notre Dame of Amersfoort and, although they do not recognize Julie Billiart as their foundress, they honor her with a special devotion. 

Departure for America:  desire for a voyage matured over a long period

Let’s consider attentively what Cécile Dupont writes in her excellent work of research in the General Archives of the Congregation of the Sisters of Notre Dame.

“The will to leave on a distant mission is present with the Sisters of Notre Dame for a long while before the actual departure.  Already under Mère Saint Joseph, allusions to this desire to evangelize beyond Europe are present.  A concrete project does not yet exist but words are disseminated here and there in the correspondence testifying to an idea that make its way into the minds of some:  “…you give us the desire to go on mission by all that you say to us… but our turn will come, I hope, and we think that the good God will call the Sisters of Notre Dame beyond the great river.  There is nothing new in our novitiate if not that our desire to go on mission grows from day to day.” (Letter from Sister Louis de Gonzague to Sister Stéphanie, 1832)  It is with this objective in mind that Thérèse Goethals joins the Congregation in 1821.  During the mandate as Superior General of Françoise Blin de Bourdon, in 1824, she (Thérèse) thinks a little too strongly about America and Mother Saint Joseph, who knows the missionary desire of Sister Ignace, tempers her: “It seems that you seem to be still dreaming about America.  But I doubt that you do so seriously.”  (Letter of Mother Saint Joseph to Sister Ignace Goethals, May 31, 1827)  However, it is this dreamer who will permit the realization of Monsignor de Broglie’s prediction. 

Mère Ignace, although promotor of the departure for America, does not leave Belgium.

Portrait of Mère Ignace

She makes her choice of eight sister pioneers according to their character, their abilities and their desire, and she accompanies them to Anvers from which they embark on September 3, 1830, in spite of Monsignor Purcell’s warnings and the reticence of their Belgian families. 

Sister Louise Van der Schrieck, Superior of the Province of Ohio, during 38 years (between 1848 and 1886).

“The boat chosen for the crossing takes on board, as well, Dominican and Jesuit priests who are their traveling companions.  The sea-sick sisters recount with good humor, to their sisters who remain in Belgium, the events of their crossing.”

“Having arrived on the new continent, they travel by train and by boat.  Throughout, the sisters from Belgium take up their pens as they discover an America both wild and modern.   The destination reached, the sisters are temporarily housed with the Ladies of Charity.  In this way, the site of their future home is not imposed on them.  In spite of the difficulty of finding a house in town, the sisters do not want to set themselves up in the country unless as a last resort because it is important that they live near the poor.  Moreover, they are afraid that they might not be able to be provided with the necessary material there.  The Sisters of Notre Dame finally have the opportunity to acquire a building on Sixth Street, in the center of Cincinnati.”

Building on Sixth Street, in the center of Cincinnati.

The establishment of the sisters in the United Sates is not done without difficulties.  This new country puts up several obstacles along their way.  The primary difficulty, of which the sisters are immediately aware, is the language.  From the time of their boarding, the sisters endeavor to learn English.  Reverend Father French, a Dominican passenger on the same crossing, serves as their first teacher (Letter of Sr. Louis de Gonzague to Mère Ignace.  October 21, 1840)  Once arrived, the sisters quickly realize their deficiencies in their mastery of English and of its capital importance in attaining their goal.  They continue to practice two to three hours a day.  They point out that it is necessary that the sisters who will come someday to join them master English prior to their departure.  Only Sister Louise (Joséphine van der Schrieck), one of the pioneers of the American mission who follows Sister Louis de Gonzague as Superior of the Cincinnati house in 1848, succeeds in managing the language correctly; the other sisters labor to comprehend it.  It is evident that that does not make their apostolic tasks easy.  The division of tasks according to skills depend on language acquisition; in this matter it is less easy to strictly respect the level of acquisition.  The limited number of sisters is also a hindrance.  Nonetheless, their Cincinnati establishment is a success.  A great number of students apply.  The expansion of their community and the absence of a novitiate on site oblige the Sisters of Notre Dame to continually ask for reinforcements.  […]

Little by little they adapt to their host country, shaped by their new environment.  From their culinary habits to their conception of space, their perspectives are transformed.  In America, the sisters encounter a new flora and fauna.  They discover new tastes, unknown fruits, and local dietary practices come to enrich their senses.  The sisters marvel, for example, in discovering colorful and unknown animals populating their environment in the summer climate much warmer than in Belgium.

One’s world view changes in this immense land.  Their first trip leaves on the sisters an impression of the immensity, but quickly they come to relativize it.  “…it crossed the ocean in 12 and ½ day; you see that it’s not such a great affair to go to Europe.”  (Letter from Sister Louis de Gonzague to Mère Ignace, September 1, 1841).  Very quickly they realized the difference in perception:  the missions of Father Rappe are around 300 miles from the sisters. “It is not such a great distance they say in America.” (Letter from Sister Louis de Gonzague to Mère Ignace, October 1, 1841)  New customs also enter into the everyday life of the sisters; thus, at first, they are astonished by the exchange of gifts at Christmas, something that is not done in Belgium.  (Letter from Sister Louis de Gonzague to Mère Ignace, January 4, 1842)  There are also differences in practices of courtesy; “…the Americans do not greet one another and, when they are seated, the ladies do not stand up for anyone.”  (Letter from Sister Louis de Gonzague to Mère Ignace, December 25, 1840)

In addition to the fact that the sisters must adapt to the American system of education, another fundamental difficulty between the Europe and the United States, in which the sisters function, is the religion of their majority protestant population.

CONCLUSION

Today, the distances that separate the houses founded by Mère Julie in Belgium and in France appear to us as being very short.  But, in Julie’s time, there did not exist easy transportation between towns and, to link villages,  it is practically nonexistent.  The coach is often inconvenient; one walks a lot and the trips are long.  In order to preserve the unity of the Congregation, Julie undertakes numerous long trips by coach, on the back of a donkey or even often on foot.  Between two trips, Mère Julie maintains contact with all the houses by writing numerous letters to her daughters, especially to the Superiors of the secondary houses. 

“In a community like ours, several nations must necessarily be gathered together but charity takes no account of differences because we are all one nation in Jesus Christ.”  (Julie, Themes)

In America, the sisters tried to hold as close as possible to what is done in Belgium: “we do everything as it is done in Belgium, as much as possible.” (Letter from Sister Louis de Gonzague to Mère Ignace, May 7, 1841)  In order to maintain unity, we know the importance that Superiors General give to correspondence.  Mère Ignace permits the Superior of Cincinnati to write every month in spite of the high price of mailing.  She wishes to maintain strong ties and a united Institute. 

Text: Marie Felten, archiviste générale des SND de Namur and Sr Christiane Houet, coordinatrice du Centre d’héritage des SND de Namur

English Translation : Sr Jo Ann Recker

Bibliography:

-All the documents reproduced in this text are preserved in the General Archives of the Sister of Notre Dame in Namur (archives.generales@sndden.org).

-Cécile DUPONT, The Salvation of Souls by Means of the Development of Feminine Education:  the Sisters of Notre Dame de Namur, Entrepreneurs of Education (1804-1842), UCL, Louvain-la-Neuve, June 2014

-Read the numerous works of Sister Gaby Peeters on the spread of the Sisters of Notre Dame in the provinces in the north of Belgium.

-Also read the works of Sister Louanna Orth, such as Remember, Rejoice, Renew, 1840-1990, Cincinnati, 1990. 

Mission, Evangélisation

anglais

  • Introduction :

Après le concordat de 1802, de grandes missions furent prêchées en France sous l’impulsion du pape Pie VII pour raviver la foi et revaloriser la vie chrétienne.  Les Pères de la Foi donnèrent simultanément, dans cinq paroisses de la ville d’Amiens, une mission qui s’ouvrit le 29 avril 1804 et qui dura jusqu’au 24 mai.  La mission eut un plein succès !  Julie et Françoise y avaient apporté leur collaboration en instruisant les femmes du peuple.

Julie se rendait à la cathédrale d’Amiens en chaise à porteurs afin d’y instruire le catéchisme. Dessin de Sr Genevieve du Sacré-Cœur (1878-1941) dans le livre The Charred Wood.

Après sa guérison miraculeuse (à Amiens, le 1er juin 1804), Julie partit pour Saint-Valery-sur-Somme et Abbeville avec les Pères Thomas et Enfantin.  Ses lettres témoignent de son activité apostolique et de la réussite de la mission à Saint-Valery, au cours de laquelle 40 mariages furent réhabilités.  De la mission d’Abbeville, on connaît peu de choses, les archives ayant brûlé pendant la guerre de 1940. 

Au Centre d’héritage à Namur, on peut voir le prie-Dieu de Melle Oeuillo chez qui Julie a logé à Saint-Valery. « Voici mon adresse : Melle J. B. chez Melle Oeuillo. Pour faire le catéchisme, j’ai à ma disposition un petit jardin et une grande chambre. » (Lettre 34)
Maison de Melle Oeuillo, située au 39, Quai de Romerel. Une plaque commémorative y a été apposée le 23 juillet 1992.

Voici une lettre de Julie à son amie Françoise restée à Amiens :

A sœur Blin, à Amiens – JMJ – (St-Valery) Ce 23 juin 1804

[…]  La mission de St-Valery va très bien. […], nos bons Pères sont contents et surtout Mr le Curé.  Il y a des personnes qui depuis 30 ou 40 ans ne s’étaient plus confessées et qui sont publiquement revenues à Dieu.  Il vient beaucoup de monde aux instructions qui se font le soir ; le matin, il y en a moins.  Je ne puis me lasser d’admirer la bonté de Dieu.  Ah ! Qu’il est bon, mes chères filles ! […]

Savez-vous une chose ?  C’est qu’à St-Valery, j’ai à instruire des hommes tout aussi ignorants que ceux qu’on m’adressait durant la mission d’Amiens ; je fais ce que l’on me dit – toujours une pauvre servante inutile -, je suis persuadée que le bon Dieu se passerait très facilement de moi, pauvre chétive créature.  Je vous écris à la hâte ; vous me lirez comme vous pourrez.  Je finis ma lettre en présence d’un homme à qui j’apprends : Je crois en Dieu.  Il a près de quatre-vingt-dix ans, n’a pas fait sa première Communion, mais a la meilleure volonté du monde.  […]

L’ordre, donné en août par le pouvoir aux Pères de la Foi, de quitter le diocèse d’Amiens, interrompit l’activité missionnaire de Julie.

Vue de Saint-Valery-sur-Somme

Se trouvant à Saint-Valery-sur-Somme, face à cette étendue d’eau à perte de vue, Julie a dû certainement se remémorer la vision qu’elle reçut le 02 février 1806, à savoir que ses filles iraient par-delà les mers.  Ce qui lui fut confirmé par Mgr de Broglie lors de son arrivée à Gand en 1807 (malgré les fortes oppositions qu’elle rencontra à l’époque avec l’évêque d’Amiens et le supérieur de la communauté d’Amiens, Mr de Sambucy, qui ne comprenaient pas ses vues): « Non, Mère Julie vous n’êtes pas faite pour rester dans un seul diocèse »

Cela ne rejoint-il pas l’envoi de l’Evangile « Allez par le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle à toutes les nations » Mc 16,15.

Et c’est ainsi que, guérie de sa paralysie qui lui donna tant d’occasions de prière contemplative, Julie garda toujours la conviction de ce que Dieu lui avait donné à voir et à proclamer.

« Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons » Jn1, 3

  •  Quelle est la source de l’action évangélisatrice ?

Écoutons d’abord ce que nous en dit aujourd’hui le Pape François dans son exhortation « La joie de l’Evangile » (tous les N° indiqués face aux paroles du Pape proviennent de ce document) :

« Si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres ? ( N° 8 )

En parallèle, voici maintenant la voix de Julie :

« Une personne qui aime bien le bon Dieu fait de grandes choses avec lui et devient un puissant apôtre »   (Julie thèmes)

« Dans la miséricorde et l’amour, Dieu nous a donné assez de grâce et de force pour devenir apôtre » (Julie conférence 1812)

« Combien le bon Dieu est bon, ah ! oui ! Que ne pouvons-nous le faire entendre à tout l’univers »

D’autres paroles du Pape François :

« Dans toute forme d’évangélisation, la primauté revient toujours à Dieu, qui a voulu nous appeler à collaborer avec lui et nous stimuler avec la force de son Esprit. On doit toujours manifester que l’initiative vient de Dieu, que c’est « lui qui nous a aimés le premier » (1Jn 4,19) et que « c’est Dieu seul qui donne la croissance » (1Co 3,7) Cette conviction nous permet de conserver la joie devant une mission aussi exigeante. Elle nous demande tout, mais en même temps elle nous offre tout. » (N° 12)

N’est-ce pas aussi la conviction intime de Julie ?

« Si on ouvrait simplement les yeux de la foi, disait Mère Julie, en se rendant à la chapelle, on se sentirait dans un lieu où le bon Dieu nous attend, où il nous regarde, où il s’offre à nous, les mains pleines de grâces et le cœur prêt à nous recevoir ».

Notre spiritualité est apostolique, dans la tradition de sainte Julie. Son expérience unique de la prière et de l’action lui fit trouver la présence de Dieu partout, et d’une manière spéciale parmi les pauvres.  « Nous ne sommes que pour les pauvres, absolument que pour les pauvres. »

« Confions-nous bien au bon Dieu : c’est la seule prière que je puisse faire : « Mon Dieu, c’est votre œuvre » Avec cela, je vais à travers toutes les difficultés »  (Julie, Lettre 434)

« Le bon Dieu a permis que je sois bien dépouillée de toutes sortes d’appuis. Il ne faut que Dieu seul pour son œuvre » (Julie, Lettre 74)

« Il faut mettre toute notre confiance au bon Dieu, ma bonne fille ; vous et moi, nous ne devons faire que cela du matin au soir et lui dire : « Mon Dieu, c’est votre ouvrage, c’est votre ouvrage »

  • Ce qu’est l’évangélisation et ce qu’elle n’est pas.

Dans « La joie de l’Evangile », le pape François nous rappelle au N° 14: 

« Tous ont le droit de recevoir l’Evangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Eglise ne grandit pas par prosélytisme mais par « attraction ».

Voix de Julie :

« Tâchez de bien vous remplir de l’esprit du bon Dieu pour aller auprès des pauvres malades ; ne pas parler tout de suite de religion, car souvent cela rebute les personnes qui n’en ont pas ou fort peu.  (Julie, Lettre 281)

Le pape François au N° 10:« Que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Evangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçus en eux la joie du Christ ».

Voix de Julie :

« On choisit des personnes d’un caractère gai pour former les enfants ».

Julie n’est-elle pas appelée : « la sainte qui sourit ? » .

« Le bon Dieu aime une âme qui reconnait en Lui son Père bien-aimé ; Il chérit une enfant qui se livre tranquillement, joyeusement à son amour ».

« Si on donne l’autorité à une personne d’humeur sombre, bientôt toute la maison sera sans joie. La joie du Saint -Esprit doit paraitre dans tout votre extérieur ; ainsi seulement, vous pourrez attirer les âmes à Dieu ».

Le pape François au N° 242 :

« La foi ne craint pas la raison ; au contraire, elle la cherche et lui fait confiance, parce que « la lumière de la raison et celle de la foi viennent toutes deux de Dieu ».

Voix de Julie :

« Parlez raison avec vos enfants, religion sans doute, mais commençons par la raison, cela est la chose du monde la plus utile pour entrer dans leur cœur ».  (Julie, Lettre 206)

  • Un message universel

Le pape François au N°181 :

Il s’agit du critère d’universalité, propre à la dynamique de l’Evangile, dès lors que le Père désire que tous les hommes soient sauvés et que son dessein de salut consiste dans la récapitulation de toutes choses, celles du ciel et celles de la terre sous un seul Seigneur qui est le Christ (EP,1,10).

Voix de Julie et de Françoise :

« Notre charité ne doit pas se limiter à l’amour que nous avons les unes pour les autres. Elle doit rendre notre amour vaste comme l’univers ». (Julie, Thèmes)

« Nourrissez en vous la flamme apostolique et tenez-vous prêtes : la mission de l’univers entier entre dans le but de notre Institut », disait aussi son amie Françoise  Blin de Bourdon

« Combien le bon Dieu est bon, ah ! oui, oui ! que ne pouvons-nous le faire entendre à tout l’univers » (Julie, Lettre 45)

Pour Julie et Françoise, ce n’était pas seulement une vision, ni des conseils mais c’est leur vie entière donnée infatigablement dans ce sens de l‘universalité. Rappelons-nous l’ouverture de communautés partout dans le monde.

Carte de l’expansion des SND de Namur

Dans le livre « l’appel de la route » d’Agnès Richomme, après avoir expliqué les fondations d’Amersfoort et de Coesfeld, nous lisons : « Ainsi, sans aucun lien juridique avec l’Institut de Namur fondé directement par Mère Julie Billiart, deux Congrégations se réclament de son esprit et restent fidèles à sa mémoire, se considérant à bon droit ses filles ».  Il s’agit de nos cousines, les SND d’Amersfoort et les SND de Coesfeld.

N’est-ce pas un beau témoignage donné, non seulement à la valeur intrinsèque de cet esprit de la Mère Julie, mais aussi à sa puissance d’adaptation ?

La congrégation des SND d’Amersfoort fondée le 29 juillet 1822 s’est formée après que trois candidates hollandaises furent admises au noviciat de Gand par Mère Saint-Joseph en 1819.  Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien (http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/amersfoort)

Trois premières sœurs hollandaises dans le Registre d’entrées du noviciat des SND de Namur, à GAND (1815-1840).

En 1850, l’abbé Elting, de Coesfeld, et l’évêque de Münster sollicitèrent l’aide des SND d’Amersfoort pour former à la vie religieuse deux institutrices qui s’occupaient d’orphelines.  Trois SND d’Amersfoort arrivèrent à Coesfeld en Allemagne où les candidates furent instruites selon l’esprit et la Règle des SND.  Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien (http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/coesfeld)

Hilligonde Wolbring and Elisabeth Kühling (les deux institutrices allemandes formées par les SND d’Amersfoort) avec une jeune orpheline.

C’est ainsi que des liens étroits se sont établies entre les trois congrégations.  Même si elles ne reconnaissaient pas Julie Billiart comme leur fondatrice, les SND d’Amersfoort et de Coesfeld ont une réelle dévotion envers elle.

Aujourd’hui, les Sœurs de Notre-Dame d’Amersfoort sont présentes en Hollande, Indonésie, Malawi, Philippines et Malaisie et sont engagées dans l’éducation, le travail pastoral et les soins de santé (http://srsourladyamersfoort.blogspot.com/).  Quant aux SND de Coesfeld, elles sont principalement engagées dans l’éducation mais travaillent aussi dans des cliniques, s’occupent de homes pour personnes âgées, pour enfants abandonnés ; elles œuvrent dans l’enseignement spécial pour handicapés, … (http://snd1.org/en/)

Régulièrement, nous recevons à Namur la visite de nos cousines, présentes aux quatre coins du monde !  C’est toujours une joie pour nous de découvrir à quel point leur amour pour Sainte Julie est très fort. 

A l’ occasion de leurs 25 ans de vœux, 7 Sœurs de N-D de Coesfeld originaires du Nord de l’Inde sont venues à Namur sur les traces de Julie et Françoise en septembre 2019.
Les 7 SND de Coesfeld découvrent avec joie la bulle de canonisation de Julie promulguée par le pape Paul VI le 22 juin 1969 et conservée dans les Archives Générales.
  • Un Message toujours nouveau

« Quand on réussira à exprimer de façon adéquate et avec beauté le contenu essentiel de l’Evangile, ce message répondra certainement aux demandes les plus profondes des personnes, parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Evangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel. » N° 265

  • Avec Marie, Mère de l’évangélisation

Pape François :

Avec l’Esprit-Saint, il y a toujours Marie au milieu du peuple. Elle était avec les disciples pour l’invoquer (Ac.1,14) et elle a ainsi rendu possible l’explosion missionnaire advenue à la Pentecôte. Elle est la Mère de l’Eglise et sans elle nous ne pouvons comprendre pleinement l’esprit de la nouvelle évangélisation. (N° 284)

Voix de Julie :

« Il faut bien rester avec la Sainte Vierge dans le Cénacle, être avec les apôtres, pour y persévérer dans la prière, avec toute la sainte Eglise. (Julie, Lettre 208)

Céramique réalisée par Sœur Albert Goosse.

Mission, Evangelization

French

  •  Introduction:

After the Concordat of 1802, great missions were preached in France as urged by Pope Pius VII in order to restore the faith and renew Christian life.

The Fathers of the Faith simultaneously gave, in the five parishes of the city of Amiens, a mission that opened on April 29, 1804, and that lasted until May 24.  The mission was a huge success!  Julie and Françoise collaborated by instructing the women of the populace.

Julie is brought to the Cathedral of Amiens in a sedan chair in order to give catechetical instruction. Drawing by Sr. Genevieve of the Sacred Heart (1878-1941) in the book The Charred Wood.

After her miraculous cure (Amiens, June 1, 1804), Julie left for Saint-Valery-sur-Somme and Abbeville with Fathers Thomas and Enfantin.  Her letters give testimony to her active apostolate and to the success of the mission at St. Valery, during which 40 marriages were rehabilitated.   Of the mission at Abbeville little is known, the archives having been burned during the year of 1940. 

In the Heritage Center in Namur, can be seen the prie-Dieu of Mademoiselle Oeuillo with whom Julie lodged in St.Valery. “Here is my address: Melle J.B. at the home of Melle Oeuillo. In order to teach catechism, I have at my disposition a little garden and a large bedroom.” (Letter 34)
Home of Mademoiselle Oeuillo, situated at 39, Quai de Romerel. A commemorative plaque was affixed there on July 23, 1992.

Here is a letter from Julie to her friend Françoise:

“To Sister Blin, Amiens                   (St.Valery)  June 23, 1804

JMJ

The mission at St.Valery is going very well… our good fathers are pleased, especially the parish priest.  A great many people come to the evening instructions; there are fewer at the morning ones.  I cannot tire of admiring the goodness of my God.  How good he is!  Pray to him with all your hearts, my dear daughters…!

Shall I tell you something?  At St. Valery I have to instruct men who are just as ignorant as those who were sent to me during the mission at Amiens.  I do what I am told, always a poor useless servant; I am convinced the good God could very easily do without me, poor frail creature that I am.  I am writing you in a hurry—you will have to read my writing as best you can.  I am finishing this letter in the presence of a man to whom I am teaching the Creed.  He is nearly ninety!  He has not made his first Holy Communion, but has the best will in the world….”

The order, given in August by the powers that be to the Fathers of the Faith to leave the diocese of Amiens, interrupted Julie’s missionary activity.

View of Saint-Valery-sur- Somme

Finding herself at Saint-Valery-sur Somme facing this endless expanse of water, Julie must certainly have remembered the vision she received on February 2, 1806, knowing that her daughters would one day go across the seas.  This was confirmed for her by Monsignor de Broglie at the time of her arrival in Ghent in 1807 (in spite of the strong opposition she received at the time from the bishop of Amiens and the superior of the community in Amiens, Father de Sambucy, who did not understand her point of view):  “No, Mère Julie, you are not made to stay in a single diocese.”  

Does this not connect us to the Gospel message: “Go into all the world and preach the gospel to every creature.”  Mk. 16:15

It is thus that, cured of her paralysis that gave her so many occasions to engage in contemplative prayer, Julie always held the conviction of what God had given to her to see and to proclaim.  “What we have seen and heard, we proclaim now to you.”  1 Jn. 1: 3

  • What is the source of evangelizing action?

Let’s first listen to what is said to us today by Pope Francis in his exhortation, “The Joy of the Gospel,” (all the numbers indicated across from the words of the Pope come from this document):

“For if we have received the love which restores meaning to our lives, how can we fail to share that love with others?” (No. 8)

Simultaneously, here is now the voice of Julie:

“A person who truly loves the good God does great things with him and becomes a powerful apostle.”  (Julie, Themes)

“In mercy and love, God gave us enough grace and strength to become an apostle.”  (Julie, Conference 1812)

“How good is the good God, ah!  Yes!  How can we make it known to the whole world?”

Some other words from Pope Francis:

“In every activity of evangelization, the primacy always belongs to God, who has called us to cooperate with him and who leads us on by the power of his Spirit.  The life of the Church should always reveal clearly that God takes the initiative, that “he has loved us first (1 Jn. 4:19) and that he alone ‘gives the growth’ (1 Cor 3;7).  This conviction enables us to maintain a spirit of joy in the midst of a task so demanding and challenging that it engages our entire life.  God asks everything of us, yet at the same time he offers everything to us.”  (No. 12)

Wasn’t this also the Julie’s personal conviction?

“If one simply opens the eyes of faith, said Mère Julie while going to the chapel, one would feel in the place where the good God waits for us, where he looks at us, where he offers himself to us, hands full of graces and a heart ready to receive them.”

Our spirituality is apostolic, in the tradition of Saint Julie.  Her unique experience of prayer and of action caused her to find the presence of God everywhere, and in a special way among the poor. “We are only for the poor, absolutely for the poor.”

Let’s us trust in the good God – it is his work. That is the only prayer I can say:  ’My God, it is your work!’ With this prayer, I pass through all difficulties.”  (Julie, Letter 434)

“God has permitted me to be deprived of every kind of support.  God alone is necessary for his work, since he has permitted things to be as they are.” (Julie, Letter 74)

We must put all our confidence in the good God, my good daughter; you and I, we must do only that from morning to night and say to him: ‘My God, it is your work, it is your work.’” 

  • What is evangelization and what it is not.

In “The Joy of the Gospel”, Pope Francis reminds us in No. 15:

“All have the right to receive the Gospel.  Christians have the duty to proclaim the Gospel without excluding anyone.  Instead of seeming to impose new obligations, they should appear as people who wish to share their joy, who point to a horizon of beauty and who invite others to a delicious banquet.  It is not by proselytizing that the Church grows but ‘by attraction.’” 

Julie’s voice:

“I am confident that you accomplish all your little labors for the greater glory of the good God, who calls you to the sick poor.  Ah, above all, know how to be filled with the spirit of the good God when going to them!  Do not speak immediately of religion unless you see an opening.  It often puts off persons with little or no religion.”

Pope Francis in No. 10:

“And may the world of our time, which is searching, sometimes with anguish, sometimes with hope, be enabled to receive the good news not from evangelizers who are dejected, discouraged, impatient or anxious, but from ministers of the Gospel whose lives glow with fervor, who have first received the joy of Christ.”

The voice of Julie:

We choose persons with a cheerful disposition to form children.”

Wasn’t Julie herself called:  “the smiling saint?”

“The good God loves a soul who recognizes in Him her beloved Father; He cherishes a child who gives herself peacefully, joyously to his love.”

“If we give authority to a gloomy person soon the whole house will be joyless.”  The joy of the Holy Spirit must appear in your whole exterior; only thus will you be able to attract souls to God.”  

Pope Francis in No. 242

“Faith is not fearful of reason; on the contrary, it seeks and trusts reason since ‘the light of reason and the light of faith both come from God’” 

Julie’s voice:

“Talk sense to your children, religion without doubt, but let us begin by sense; that is the most useful thing in the world for finding an entrance to their hearts.” (Julie, Letter 206)

  • A universal message

Pope Francis in No. 181: 

This is the principle of universality intrinsic to the Gospel, for the Father desires the salvation of every man and woman, and his saving plan consists in ‘gathering all things in Christ, things in heaven and things on earth.’(Eph. 1:10)”

The voices of Julie and Françoise:

“Our charity must not limit itself to the love that we have for one another.  It must make our love as wide as the world.”  (Julie, Themes)

Nourish in yourselves the apostolic flame and hold yourselves ready:  the mission of the entire world enters into the end of our Institute,” also said her friend, Françoise Blin de Bourdon. 

“How good the good God is!  Yes, indeed.  Why can we not proclaim it to the whole world?”

For Julie and Françoise it wasn’t only a vision, nor advice, but it was their entire life given indefatigably to the directly of universality.  Let us remember the opening of communities everywhere in the world.

Map of the expansion of the Sisters of Notre Dame de Namur.

In the book, “The Call of the Road,” by Agnès Richomme, after having described the Amersfoort and Coesfeld foundations, we read: “Thus, without any juridical tie with the Institute of Namur, founded directly by Mère Julie Billiart, two Congregations claimed to be from her spirit and remain faithful to her memory, rightly considering themselves her daughters.”  These are our cousins, the Sisters of Notre Dame of Amersfoort and the Sisters of Notre Dame of Coesfeld.

And is this not a beautiful testimony given, not only to the intrinsic value of this spirit of Mère Julie, but also its value of adaptation?

The congregation of SND Amersfoort founded July 29, 1822 was formed after three Dutch candidates were admitted to the novitiate of Ghent by Mother St. Joseph in 1819. To learn more: Click here http://snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/amersfoort

The three first Dutch sisters in the Registry of Entrants from the Novitiate; of the Sisters of Notre Dame de Namur, in GHENT (1815-1840)

In 1850, Abbot Elting, from Coesfeld, and the bishop of Münster, sought the help of the Sisters of Notre Dame of Amersfoort to form in religious life two teachers who took care of orphaned girls.  Three Sisters of Notre Dame of Amersfoort arrived in Coesfeld, in Germany, where the candidates were instructed according to the spirit and the Rule of the Sisters of Notre Dame.  To learn more:  click here (http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/expansion-dans-le-monde/nos-cousines-et-associes/coesfeld)

Hilligonde Wolbring and Elisabeth Kühling (the two German teachers formed by the Sisters of Notre Dame of Amersfoort) with an orphan girl.

It is thus that the strong ties were established between the three congregations.  Even if they didn’t acknowledge Julie Billiart as their foundress, the Sisters of Notre Dame of Amersfoort and of Coesfeld have a true devotion to her. 

Today, the Sister of Notre Dame of Amersfoort are present in Holland, Indonesia, Malawi, the Philippines and Malasia and are engaged in education, pastoral work and health care (http://srsourladyamersfoort.blogspot.com/). As for the Sisters of Notre Dame of Coesfeld, they are principally engaged in education but also work in clinics, are occupied with homes for the elderly, for abandoned children; they work in special education for the handicapped. …  (http://snd1.org/en/)

Regularly, we receive at Namur the visit of our cousins coming from the four corners of the world!  It is always a great joy for us to discover to what extent their love for St. Julie is very strong. 

On the occasion of the 25th anniversary of their vows, 7 Sisters of Notre Dame of Coesfeld, from the North of India, came to Namur to follow in the footsteps of Julie and Françoise. September, 2019.
The 7 Sisters of Notre Dame of Coesfeld discover with joy the bull of Julie’s canonization promulgated by Pope Paul VI, June 22, 1969, and conserved in the General Archives.
  • A Message that is always new

“If we succeed in expressing adequately and with beauty the essential content of the Gospel surely this message will speak to the deepest yearnings of people’s hearts since we were created for what the Gospel offers us:  friendship with Jesus and love of our brothers and sisters.” ( No. 265)

  • With Mary, Mother of evanglization

Pope Francis:

“With the Holy Spirit, Mary is always present in the midst of the people.  She joined the disciples in praying for the coming of the Holy Spirit (Acts 1:14) and thus made possible the missionary outburst which took place at Pentecost.  She is the Mother of the Church which evangelizes, and without her we could never truly understand the spirit of the new evangelization.  (No. 284)

Julie’s voice:

“We must remain united with the Blessed Virgin in the sacred cenacle, to be with the disciples, the apostles, to persevere there in prayer with the entire holy Church.”  (Julie, Letter 208)

Ceramic created by Sister Albert Gosse.

Illness, Cure and Healing

Français

“Decide, my dear; better mistakes than paralysis.”

These are Julie’s words, a woman overflowing with energy, prevented from moving during the 22 years of her paralysis.  An active girl in Cuvilly, traveling, shopkeeper, comforting the sick, leading the parish, Julie lost the use of her legs at the age of 31 years and would only regain her active life at the age of 53.  During the 12 years that remained of her life, she displayed an intense activity, completely devoting herself to the realization of her apostolate, the Christian instruction of poor girls.  The long days of inactivity and pain during her paralysis taught her to appreciate the joy of being able to perform the simplest tasks!

The circumstances of her paralysis

In 1774, Julie was speaking with her father at home, when a large rock was thrown through the window and a shot was heard.

Gunshot at father. Picture by Sr Genevieve of S.H. (1878-1941) in the book The Charred Wood.

Neither Julie nor her father were hurt but this attack caused such an extreme shock to her overworked body that it was the cause of a serious illness.  In 1782, an epidemic erupted and the unenlightened doctors thought it was best treated by bleeding the feet.  The village surgeon submitted Julie to such abundant bleedings that, little by little, she was deprived of the use of her two legs and she had to stretch out on a bed that she would not leave for 22 years. 

The importance of prayer during her illness

Formerly so active, Julie waited on an invalid’s bed and she drew strength in her faith passing several hours each day in prayer.

In “To Heaven on Foot,” (1969), Sister Mary Linscott writes:

“Julie conceived prayer as the key force in a cycle which bore the soul to God and then, in him, poured it out in the service of others.” 

“Julie said to Sister Stephanie Warnier that during the course of the first eight years of her paralysis, she knew neither isolation nor weariness because she was filled with the presence of God and was sustained by the strength and joy of which the effects were almost tangible. It is during these years of paralysis that Julie became aware of the divine paradox that action is accomplished in inaction.  Julie was energetic by nature; however, she accepted no longer being able to walk because she saw in it the will of God.  Physically inactive, without plans for the future, Julie learned in the school of suffering and silence the lessons that she would one day teach with all the strength of a return to health.  When, at the age of 53, she took up her active life, she fully appreciated the paradox in the of the weak things of the world that the providence of God uses to realize great works.  Her joy and confidence in God never weakened.” 

The circumstances of her cure  

Cure of Julie. Picture by Sr Genevieve of S.H. (1878-1941) in the book The Charred Wood.

On February 2, 1804, Julie founded the Congregation of the Sister of Notre Dame with Françoise Blin de Bourdon.  Since her legs were still paralyzed, Julie experienced some difficulties actualizing her apostolate.  On a beautiful morning, Father Enfantin, a Father of the Faith, suggested that she make a novena to the Sacred Heart, without telling her the reason.  Julie accepted and, on June 1, 1804, she was miraculously cured. 

Handwritten from the Memoirs of Mother Saint Joseph, preserved in the General Archives in Namur, with respect to Julie’s cure.

In her Memoirs, Françoise wrote: “One of the missionaries, Father Enfantin, was so zealous and full of faith that he was inspired to make a novena to the Sacred Heart to obtain our mother’s cure.  When he began, he merely told Julie that he was making a novena and requested her to join him, which she did without questioning. 

On June 8, Friday, Feast of the Heart of Jesus [In reality, the cure occurred on June 1st and not the 8th as Mother Saint Joseph indicates.] , the fifth day of the novena, when Mère Julie was in the garden alone, Father Enfantin came to the house, in the evening after supper while it was still light.  Mère Julie was in the garden alone, in her chair to take some air.  He came up to her and said:  “If you have faith, Mother, take a step in honor of the Heart of Jesus.”  Julie rose and took a step, something she had not done for twenty-two years.” “Take another,” he said.  “Another.”  Then, “That will do; you may sit down now.”  Julie took her seat, though she assured Father that she was able to walk even further. 

Henceforth, Julie was able to participate in the Amiens mission preached by the Father of the Faith and, then, she accompanied them to Saint-Valéry-sur-Somme and at Abbeville where she evangelized the populace. 

In “To Heaven on Foot,” Sister Mary Linscott speaks to us of this cure:

“A careless surgery had so damaged one bone in her foot that the doctor, who was asked to verify her relics when they were exhumed in 1888, hesitated to authenticate it, as he said that a person with such a malformed bone could never have walked at all.  Julie knew that she walked in virtue of a miracle.  In 1804 she had taken her first steps after twenty-two years of helplessness, in obedience to a command: ‘If you have any faith in the Sacred Heart, take a step forward.’  Whether the power of walking was restored by rectifying the surgeon’s clumsiness or simply in spite of it, she never paused to question.  It sufficed for her that God had restored her health and energy.  Her one ambition was to use both for his glory.” 

Concerning the influence of the Fathers of the Faith

Thanks to a caring Faith of the Faith, Father Enfantin, Julie regained the use of her legs and was able to begin her apostolic vocation.

In 1799, a new society called the “Fathers of the Faith” was formed in the spirit of the Company of Jesus (suppressed in 1773).  Although Julie does not clearly mention the Ignatian inspiration in her work, this is evident.  The Fathers of the Faith were present at important moments in the foundation of the Congregation as at the time of her cure. 

Among them, we can cite Father Enfantin who invited Julie to stand up while in the middle of a novena to the Sacred Heart but also Father Thomas who said Mass in Julie’s room at the Blin town home in Amiens and fled to Bettencourt with Julie and Françoise.  Father Varin invited Julie to work for the glory of God and offered the first rule to the community or Father Leblanc who accompanied Julie to Flanders where she would establish several schools.  On October 14, 1805, Julie took, moreover, the name of Sister Saint Ignatius.

Concerning her devotion to the Sacred Heart

It’s not for nothing that her miraculous cure proceeded in the name of the Sacred Heart.  Julie had grown up with a strong personal attachment to the devotion to the Sacred Heart.  Elle propagated it in Cuvilly, introduced it in Belgium and left it as a heritage in the Congregation.

As we have already mentioned in the theme for the month of March, Julie had a devotion to the Sacred Heart as did other members of her family.  In her juridical deposition made in Beauvais in 1882, Madame Victoire Berthelot (great-niece of Julie Billiart) attested that the cult of the Sacred Heart was transmitted as a heritage: My mother told us: ‘I pray to the Sacred Heart, children.  Preserve this devotion. It is a family devotion.’”

Confraternity of the Sacred Heart of Jesus established in Cuvilly. Handwritten list by Father Dangicourt found in a manual of prayers. The tenth name of the first list is that of Julie Billiart, followed a little lower by those of her sister, Marie-Madeleine, her brother Louis-François and several relatives. The original document has disappeared but fortunately this list is reproduced in Father J. Clare’s, The Life of Julie Billiart, Sands and Company, 1909.

Importance of walking during the last twelve years of her life

After 22 years of paralysis, Julie never was able to hope to walk again.  In a space of ten years, she undertook many trips in a stagecoach, on the back of a donkey or even often on foot in order to establish schools for poor girls.  Although she accorded the greatest importance to prayer, Julie spent the last years of her life on the road, caught up in action. 

In the General Archives in Namur, one can find a little note on which Françoise counted Julie’s trips:  120 in ten years!

Note signed by Françoise

According to a study of Sister Mary Hayes, Julie would have made, in reality, 119 trips.  But if one takes into account the many times that Julie redirected her travels in order to cover a broad range of preoccupations, Sister Mary Hayes estimates that Julie’s trips would reach the number 378.

Julie established the first schools in Amiens, Saint Nicolas, Namur, Montdidier, Rubempré and Jumet without needing to cross boarders since Belgium did not yet exist.  If, in Amiens, they frowned on Julie’s travels, it was not the same in Namur where she was supported by Monsignor Pisani who was in favor of all her actions on behalf of her establishments.  She traveled for miles to assure a welcoming home for the sisters and their students.  In 1809, she was at Saint Hubert; in 1810, it was the foundation of Nouveau Bois in Ghent and, in 1811, the installation at Zele.  In spite of war during the last years of the Napoleonic regime, Julie still pursued her work of education by opening schools in Andenne, Gembloux and Fleurus.

On the map, Mère Julie’s foundations:
  1.  Saint Nicolas (1806)
  2. Montdidier (1807)
  3. Namur (1807)
  4. Jumet (1808)
  5. Rubempré (1808)
  6. Saint Hubert (1809)
  7. Ghent (1810)
  8. Zele (1811)
  9. Raineville (1812)
  10. Andenne (1813)
  11. Gembloux (1813)
  12. Fleurus (1814)

Her strength of soul

How was Julie, a girl so active during her youth and who did not spare any effort to help her parents, able to find strength during her long years of illness?  Among Julie’s most striking characteristics, her contemporaries relate, in particular, her greatness of soul and her courage.  Struck by so many trials, among which was her illness, she didn’t let them get her down. On the contrary, she placed her confidence in God, whose “will expressed itself in all things.”  She gave proof of a courage, a lucidity and a sense of humor which affected all who knew her. 

Sister Mary Linscott speaks to us of this fortitude that Julie exercised:

“Fortitude is a great gift and a root of greatness.  It is the quality of attack, of strength, vigor and energy.  Positively, it brings confidence, with power, success and limitless desire; negatively, it gives rise to the refusal to give in, to endurance and perseverance, and to patience.

Saint Julie wrote: “More than ever I see the need of strong, brave, generous souls, manly souls, who are afraid of absolutely nothing on this earth except sin and displeasing God….  Come on now, courage!  courage! courage!  but a manly courage, my dear sister, don’t let any difficulty ever put us off…  We need brave apostolic souls for our vocation, those who are not afraid of difficulties and who have no reserves with God….  If we only have a middling virtue, the work won’t last, it needs souls of steel to hold firm in the world we live in.”

Maladie et guérison

anglais

« Décidez-vous, ma chère, il vaut mieux se tromper que d’être paralysée. »

Ces paroles sont celles de Julie, femme débordante d’énergie, empêchée de bouger durant les 22 années de sa paralysie.  Jeune fille active à Cuvilly, voyageant, commerçant, réconfortant les malades, prenant la tête de la paroisse, Julie perdit l’usage de ses jambes à l’âge de 31 ans et ne retrouva sa vie active qu’à l’âge de 53 ans.  Pendant les douze années qui lui restèrent à vivre, elle déploya une activité intense, se consacrant pleinement à la réalisation de son apostolat : l’instruction chrétienne des jeunes filles pauvres.  Les longues journées d’inactivité et de peine durant sa paralysie lui apprirent à apprécier la joie de pouvoir s’acquitter des moindres tâches !

Les circonstances de sa paralysie

En 1774, Julie discutait avec son père chez elle, quand une grosse pierre fut lancée à travers la vitre et un coup de feu se fit entendre.

Attentat contre le père de Julie. Dessin de Sr Genevieve du Sacré-Cœur (1878-1941) dans le livre The Charred Wood.

Ni Julie ni son père ne furent atteints, mais cet attentat causa à la jeune fille une frayeur extrême dans cet organisme surmené par le travail, ce fut la cause d’une grave maladie.  En 1782, survint une épidémie que les médecins peu clairvoyants de l’époque croyaient guérir par une saignée aux pieds. Le chirurgien du village soumit Julie à d’abondantes saignées qui, peu à peu, lui enlevèrent l’usage des deux jambes, elle dut s’étendre sur un lit qu’elle ne quittera plus pendant vingt-deux ans.

Importance de la prière durant sa paralysie
Autrefois si active, Julie attendait sur un lit de malade et elle se renforçait dans sa foi passant plusieurs heures par jour en prières.

Dans « Au ciel à pied » (1969), Sœur Mary Linscott écrit : « Julie concevait la prière comme la force essentielle qui portait l’âme à Dieu et lui permettait ensuite de se déverser au service d’autrui » .

« Julie dit à Sœur Stéphanie Warnier qu’au cours des huit premières années de sa paralysie, elle n’avait jamais connu ni l’isolement ni la lassitude, parce qu’elle était remplie de la présence de Dieu et soutenue par la force et la joie d’une oraison dont les effets étaient presque tangibles.  C’est durant ses années de paralysie que Julie prit conscience du paradoxe divin de l’action accomplie dans l’inaction.  Julie était énergique de nature ; elle accepta cependant de ne plus pouvoir marcher parce qu’elle y voyait la volonté de Dieu.  Physiquement inactive, sans projets pour l’avenir, Julie apprit à l’école de la douleur et du silence les leçons qu’elle enseignerait un jour avec toute la force d’une santé retrouvée.  Lorsque, à l’âge de 53 ans, elle reprit sa vie active, elle apprécia pleinement le paradoxe des choses faibles de ce monde dont la providence de Dieu se sert pour réaliser de grandes œuvres.  Sa joie et sa confiance en Dieu ne faiblirent jamais. »

Les circonstances de sa guérison

Guérison de Julie. Dessin de Sr Genevieve du Sacré-Cœur (1878-1941) dans le livre The Charred Wood.

Le 2 février 1804, Julie fonda avec Françoise Blin de Bourdon la congrégation des Sœurs de Notre-Dame.  Toujours paralysée des jambes, Julie éprouva des difficultés dans la réalisation de son apostolat.  Un beau matin, le Père Enfantin, Père de la Foi, lui proposa une neuvaine au Sacré-Cœur, sans lui en faire connaître le motif.  Julie accepta et, le 1er juin 1804, elle guérit miraculeusement.

Quatre pages des Mémoires de Françoise relatant la guérison de Julie. L’original des Mémoires est conservé aux Archives Générales à Namur.

Voici ce que dit Françoise dans ses Mémoires à propos de la guérison de son amie Julie:

Un de ces messieurs (Le Père Enfantin, Père de la Foi) très zélé et plein de foi, eut l’inspiration de faire une neuvaine au Cœur de Jésus pour obtenir la guérison de notre Mère.  Il lui dit, lorsqu’il l’eut commencée, qu’il faisait une neuvaine pour quelqu’un et qu’elle s’unisse à lui ; ce qu’elle fit sans plus d’explication.

Le 8 juin, le vendredi de la fête du Cœur de Jésus [En réalité, la guérison eut lieu le 1er juin et non le 8 comme le mentionne Mère Saint-Joseph] , la neuvaine étant à son cinquième jour, il vint à la maison, le soir, après le souper, on voyait encore clair ; notre Mère était seule au jardin, à prendre l’air, sur une chaise.  Il fut vers elle et lui dit :

  • Si vous avez la foi, faites un pas en l’honneur du Cœur de Jésus.

Elle se lève et avance un pied devant l’autre ; ce qu’elle n’avait pas fait depuis vingt-deux ans.

  • Faites encore un, lui dit-il.  Elle le fit.
  • Encore un.  L’effet suivit le commandement.
  • C’est bien, continue le bon Père, asseyez-vous !

Désormais, Julie pouvait participer à la grande mission prêchée à Amiens par les Pères de la Foi puis elle les accompagna à Saint-Valéry-sur-Somme et à Abbeville où elle évangélisa la population. 

Dans « Au ciel à pied », Sœur Mary Linscott nous parle de cette guérison :

« Une intervention chirurgicale fait à la légère avait tellement abîmé un os de son pied que le médecin à qui l’on avait demandé de vérifier ses reliques, lors de l’exhumation de 1888, hésita à l’authentifier.  Il affirmait qu’une personne ayant un os aussi déformé ne pouvait jamais avoir marché.  Julie savait qu’elle marchait grâce à un miracle.  En 1804, elle avait fait ses premiers pas après 23 ans d’impuissance, en obéissant à un ordre : « Si vous avez la foi, faites un pas en l’honneur du Sacré-Cœur ».  Pour lui rendre la faculté de marcher, la maladresse du chirurgien avait-elle été réparée ou la guérison s’était-elle simplement opérée en dépit de cette erreur ?  Julie ne s’était jamais posé la question.  Il lui suffisait de savoir que Dieu lui avait rendu sa santé et son énergie.  Son unique ambition était de les employer toutes deux pour sa gloire. »

A propos de l’influence des Pères de la Foi

C’est grâce à un Père de la Foi bienveillant, le Père Enfantin, que Julie retrouva l’usage de ses jambes et put démarrer sa vocation apostolique.

En 1799, une nouvelle société appelée les « Pères de la Foi » se formait dans l’esprit de la Compagnie de Jésus (supprimée en 1773).  Bien que Julie ne mentionne pas clairement l’inspiration ignatienne de son œuvre, celle-ci est évidente.  Les Pères de la Foi ont été présents à des moments importants de la fondation de la congrégation comme lors de sa guérison.  Parmi eux, on peut citer le Père Enfantin qui invita Julie à se mettre debout au cours d’une neuvaine au Sacré-Cœur mais aussi le Père Thomas qui disait la messe dans la chambre de Julie à l’hôtel Blin et se réfugia à Bettencourt avec Julie et Françoise, le Père Varin qui invita Julie à travailler à la gloire de Dieu et offrit une première règle à la communauté ou encore le Père Leblanc qui accompagna Julie en Flandre où elle fondera plusieurs écoles.  Le 15 octobre 1805, Julie prit d’ailleurs le nom de sœur Saint-Ignace. 

A propos de sa dévotion au Sacré-Cœur

Ce n’est pas pour rien que sa guérison miraculeuse s’opéra au nom du Sacré-Cœur.  Julie avait grandi avec un attachement personnel très fort à la dévotion au Sacré-Cœur.  Elle la répandit à Cuvilly, l’introduisit en Belgique et la laissa en héritage à la congrégation.

Comme nous l’avons déjà mentionné dans le thème du mois de mars, Julie avait une dévotion au Sacré-Cœur comme les autres membres de sa famille.  Dans sa déposition juridique faite à Beauvais en 1882, Madame Victoire Berthelot (petite-nièce de Julie Billiart) atteste que le culte du Sacré-Cœur se transmettait comme un héritage : « Ma Mère nous disait : Je prie le Sacré-Cœur, mes enfants.  Conservez cette dévotion : c’est une dévotion de famille. ».

Confrérie du Sacré-Cœur de Jésus établie à Cuvilly. Liste écrite de la main de l’abbé Dangicourt retrouvée dans un manuel de prières. Le dixième nom de la première liste est celui de Julie Billiart, suivi un peu plus bas de ceux de sa sœur Marie-Madeleine, de son frère Louis-François et de plusieurs personnes de leur parenté. Le document original a disparu mais fort heureusement cette liste est reproduite dans Father J. Clare, The life of Julie Billiart, Sands and Company, 1909.

Importance de la marche durant les douze dernières années de sa vie.

Après 22 ans de paralysie, Julie n’avait jamais pu espérer marcher encore.  En l’espace de dix années, elle entreprit de nombreux voyages en diligence, à dos d’âne ou même souvent à pied en vue d’établir des écoles pour les jeunes filles pauvres.  Alors qu’elle accordait la plus grande importance à la prière, Julie passa les dernières années de sa vie sur les routes, happée par l’action. 

Dans les Archives Générales de Namur, se trouve un petit billet sur lequel Françoise compte les déplacements de Julie : 120 voyages en dix ans ! 

Billet autographe de Françoise

Selon une étude de Sœur Mary Hayes, Julie aurait fait en réalité 119 voyages.  Mais si l’on tient compte des nombreuses fois où Julie a détourné ses voyages pour couvrir un large éventail de préoccupations, Sœur Mary Hayes estime que les voyages de Julie pourraient atteindre 378.

Julie fonda les premières écoles à Amiens, Saint-Nicolas, Namur, Montdidier, Rubempré et Jumet sans avoir besoin de traverser des frontières puisque la Belgique n’existait pas encore.  Si à Amiens on acceptait mal les voyages de Julie, il n’en était pas de même à Namur où elle était soutenue par Mgr Pisani favorable à toutes ses démarches de fondations.  Elle parcourut des kilomètres pour assurer une maison accueillante aux sœurs et à leurs élèves.  En 1809, elle était à Saint-Hubert ; en 1810, c’était la fondation du Nouveau Bois à Gand et, en 1811, l’installation à Zele.  Malgré la guerre durant les dernières années du régime napoléonien, Julie poursuivit encore son œuvre d’éducation en ouvrant des écoles à Andenne, Gembloux et Fleurus.

Sur la carte, les fondations de Mère Julie :
  1.  Saint Nicolas (1806)
  2. Montdidier (1807)
  3. Namur (1807)
  4. Jumet (1808)
  5. Rubempré (1808)
  6. Saint Hubert (1809)
  7. Ghent (1810)
  8. Zele (1811)
  9. Raineville (1812)
  10. Andenne (1813)
  11. Gembloux (1813)
  12. Fleurus (1814)

Sa force d’âme

Comment Julie, jeune fille si active durant sa jeunesse, n’épargnant pas sa peine pour aider ses parents, a-t-elle pu trouver la force durant ses longues années de maladie ?  Parmi les caractéristiques les plus frappantes de Julie, les contemporaines relevaient en particulier sa grandeur d’âme et son courage.  Frappée par de multiples épreuves, dont la maladie, elle ne se laissa pas abattre.  Elle plaçait, au contraire, sa confiance en Dieu, dont « la volonté s’exprime en toutes choses ».  Elle faisait preuve d’un courage, d’une lucidité et d’un sens de l’humour qui marquaient ceux et celles qui la côtoyaient.

Sœur Mary Linscott nous parle de cette force d’âme dont Julie faisait preuve :

« La force d’âme est la qualité qui unit l’esprit d’entreprise, le courage, la vigueur et l’énergie.  D’un point de vue positif, elle apporte la confiance, la puissance d’agir, la réussite et des désirs illimités ; d’un point négatif, elle engendre le refus de céder, l’endurance, la persévérance et la patience. »

Sainte Julie écrivait : « Plus que jamais, je sens la nécessité des âmes fortes, généreuses, courageuses, des âmes mâles, en un mot, qui ne craignent rien, rien sur la terre que le péché, que déplaire au bon Dieu…  Allons, courage ! Courage ! mais un courage mâle ; ma chère sœur, ne vous laissez jamais décourager par aucune difficulté…  Il nous faut, pour notre vocation, des âmes apostoliques courageuses qui n’ont pas peur des difficultés et qui se donnent à Dieu sans réserve…  Si nous n’avons qu’une vertu médiocre, notre œuvre ne durera pas ; elle a besoin d’âmes d’acier pour tenir bon dans le siècle où nous vivons. »

Sainte Julie et Françoise, Sœurs de Notre-Dame, deux amies et éducatrices

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Françoise Blin de Bourdon (Mère Saint-Joseph de 1816 à 1838)

Voici l’histoire d’une grande amie de Julie Billiart, Françoise Blin de Bourdon, sans qui la congrégation n’aurait jamais vu le jour !

Un des dons que la congrégation considère comme le plus précieux est le fait qu’elle soit née d’une profonde amitié entre deux femmes.  C’est une de ces amitiés qui peuvent figurer parmi les grandes amitiés dans la vie religieuse. 

Françoise possédait une immense capacité d’amitié.  Nous allons surtout parler de celle qui l’unissait à Julie.

L’histoire de 22 ans d’amitié entre Julie et Françoise (entre 1794 et 1816)

Nées au milieu du 18ème siècle (Julie en 1751 et Françoise en 1756), dans le Nord de la France, dans des milieux fort différents, les 40 premières années de leur vie ne se ressemblent pas par les circonstances extérieures, mais offrent de grandes similitudes au niveau de leur engagement envers le Seigneur.  Elles avaient une vie intérieure très riche.  Julie meurt en 1816, après 22 ans d’amitié et de travail commun.

La congrégation des Sœurs de Notre-Dame de Namur est fondée sur une amitié IMPRÉVISIBLE entre deux femmes françaises très DIFFÉRENTES [Julie et Françoise étaient différentes en caractère : la première joviale, extravertie ; l’autre plus discrète ; elles étaient aussi différentes de par leur origine et leur éducation : l’une est d’un milieu modeste et a été à l’école du village et l’autre est de la haute noblesse aristocratique avec une bonne éducation.  Pourtant nous verrons que Julie et Françoise se ressemblent par la manière de vivre pour le Seigneur].

1. Vie de Françoise Blin de Bourdon avant sa rencontre avec Julie

En quatre mots : Aristocratie, bonne éducation, châtelaine et carmel

  • Aristocratie : Une naissance noble dans une famille aisée, fruit de l’union entre les Blin de Bourdon et les Fouquesolles

La famille de Françoise était l’une des plus anciennes de Picardie, dans le Nord de la France.  Son histoire remonte au onzième siècle.  Au Moyen-âge il y avait un dicton à propos de son nom.  Quand quelque chose était bon, les gens disaient que c’était “bon comme un Blin.”

Portrait de Françoise Blin de Bourdon, demoiselle de Gézaincourt.

Lorsque ses parents se marient en 1748, son père, Pierre-Louis Blin de Bourdon avait 42 ans et sa mère, Marie-Louise-Claudine de Fouquesolles en avait 17.  Née le 8 mars 1756, et précédée par un frère Louis-Marie-César et une sœur Marie-Louise-Aimée, elle était la troisième et dernière enfant. Baptisée le lendemain de sa naissance, en la fête de Ste Françoise Romaine. Agée seulement de 25 ans et avec deux autres enfants de deux et trois ans, la maman de Françoise fut encouragée à laisser le nouveau-né au manoir de ses parents à Gézaincourt, une vaste et belle maison de campagne avec des jardins (30 km d’Amiens). A part quelques séjours à Bourdon où ses parents possèdent le château, elle passe son enfance à Gézaincourt, chez ses grands-parents maternels, le baron et la baronne de Fouquesolles.  La grand-mère de Françoise, avec l’assistance d’une gouvernante, Mademoiselle Ursule, introduisit la jeune enfant dans ses premières expériences d’éducation, à la fois religieuses et laïques.  Françoise est élevée dans l’amour.  Elle était une petite fille obstinée et têtue.

  • Education raffinée :

A l’âge de 6 ans, Françoise devint pensionnaire chez les Bénédictines à Doullens.  C’est là qu’elle reçut la confirmation à l’âge de 8 ans.  En 1768, elle fut envoyée pour deux ou trois ans chez les Ursulines à Amiens pour parfaire son éducation.  A l’âge de dix-neuf ans, pour préparer ses débuts dans la société française, elle fréquente les salons de Paris et est présentée à la Cour de Versailles.  Elle fut une amie de la sœur du roi Louis XVI, Madame Elisabeth.

Illustration T.J. Bond dans Mother St. Joseph by SND, Sands and Co, Glasgow, 1964.

Françoise a 25 ans quand sa sœur et son frère se marient.  A l’âge de 25 ans, elle est maintenant seule avec ses parents à Bourdon.  C’est une souffrance pour elle car elle s’entendait bien avec son frère qui était un véritable ami et confident.  Celui-ci s’établit à Amiens où il achète un hôtel rue des Augustins.

Trois ans plus tard, elle a 28 ans : son grand-père maternel et sa mère décèdent (son grand-père le 24 février 1784 et sa mère le 2 avril).  Sa mère avait 53 ans ; elle est morte 10 mois après un accident de voiture.

Françoise a beaucoup souffert de ses disparitions.

  • Châtelaine et Carmel :

Françoise ne reste pas longtemps avec son père car son devoir l’appelle à Gézaincourt.  Elle doit aider sa grand-mère et assumer ses devoirs de châtelaine du vaste domaine. Elle fait le don d’elle-même à sa grand-mère, aux villageois, elle devient distributrice des aumônes aux plus pauvres.  Là, elle administre le domaine et ses vastes dépendances. Elle visite aussi les malades et les soigne au moyen de plantes médicinales qu’elle cultive; les villageois demandent volontiers conseil à la « bonne demoiselle ». Le curé de la paroisse affirma plus tard que Françoise allait chaque jour à la messe, priait longuement et communiait souvent. [Françoise sans le savoir se préparait à gérer la future congrégation, à devenir bonne gestionnaire afin de prendre les bonnes décisions pour accroître l’Institut  – cfr. Mémoire de Cécile Dupont en vue de l’obtention d’un master en histoire : Les SND de Namur, entrepreneures de l’éducation (1804-1842), Louvain-la-Neuve, 2014].
On a trouvé dans ses écrits des notes qui montrent un engagement très profond envers Dieu.  Dans ses notes personnelles, elle avait écrit, en 1783, « demi-conversion, lumière imparfaite » et, en 1785 (à 29 ans), « Conversion entière. Résolution invariable d’écarter tout ce qui m’éloignerait de ma fin ». Elle souhaitait entrer au Carmel.

En 1789, la Révolution éclate.  Françoise, à cause de son origine sociale, souffrira terriblement de la Révolution française.

Illustration T.J. Bond dans Mother St. Joseph by SND, Sands and Co, Glasgow, 1964.

En 1793, les membres de la famille Blin de Bourdon (le père –âgé de plus de 80 ans-et le frère de Françoise), dont certains sont accusés à tort d’avoir fui le pays, sont emprisonnés.  En février 1794, Françoise est arrêtée, à la place de sa grand-mère –qui meurt le 18 mars-, et conduite à la prison d’Amiens.  Vu l’encombrement des maisons d’arrêt, on propose aux prisonnières d’être transférées chez les Carmélites, retenues captives dans leur monastère.  Seule Françoise accepte. [Françoise ne les rencontrera pas mais elle dit les entendre prier].  Ce n’est qu’après la mort de Robespierre qu’ils seront tous libérés les 3 et 4 août 1794 ; Françoise rejoint alors son frère à l’hôtel Blin, à Amiens. Le Vicomte part pour Bourdon ; Françoise reste un an à Amiens.
C’est là qu’elle va rencontrer Julie.
Quelques mots sur la vie de Julie :
Julie, quant à elle, souffre terriblement de la Révolution française à cause de sa fidélité à l’église et sa grande foi. Contrainte de fuir son village qu’elle n’avait jamais quitté.  A 40 ans, paralysée, ayant perdu l’usage de la parole, ayant connu plusieurs domiciles à Gournay-sur-Aronde et à Compiègne, elle fut recueilli en octobre 1794 par une aristocrate connue à Cuvilly, la comtesse Baudoin. 

2. La rencontre

Peu de temps après l’arrivée de Julie à l’hôtel Blin (cfr. thème du mois d’avril), Madame Baudoin propose à Françoise de rencontrer Julie.  Françoise qui n’avait pas trop d’occupation accepte.

Bande dessinée de Julie Billiart, éditions du Signe, 2000.

Françoise devait écrire plus tard dans ses Mémoires au sujet de leur rencontre :

« Cette demoiselle (Françoise), qui n’avait pas bcp d’occupations, voulut bien faire connaissance avec la malade ; mais, ne pouvant pas entendre le langage de l’infirme, il semble que ces visites ne devaient pas avoir bcp de charme pour elle… Cette demoiselle finit, contre toute apparence de raison naturelle, à s’y attacher au point que l’on verra par la suite. »

Julie s’attache tout de suite à Françoise.  Elle l’avait déjà vue dans une vision (voir le thème du mois de mai) et la reconnaît. 

Au début, la rencontre entre Julie (43 ans) et Françoise (38 ans) est difficile ; Julie a de la peine à s’exprimer et Françoise ne la comprend pas.

C’est intéressant de voir que c’est Françoise qui se met au service de Julie.  Elle décide d’accomplir une œuvre de charité, un travail de compassion.  Selon Saint François de Sales, l’amitié n’est pas seulement un sentiment mais un effort résolu qui suit une décision.  Ce qui commence par un travail de compassion se transforma en l’un des plus beaux exemples d’amitié spirituelle entre deux femmes. 

Un des fondements de l’amitié est qu’elle croit avec le temps.  Très vite, donc, des liens d’affection se tissent entre les deux femmes.  Les visites deviennent de plus en plus fréquentes.  Toutes les deux avaient des affinités pour les choses spirituelles.

3. Dans la relation d’amitié entre Julie et Françoise, on peut voir 3 étapes. 

La première étape se situe entre 1794 et 1799.

L’amitié commence

  • avec une ressemblance entre les personnes (Les deux femmes avaient été mises à l’épreuve de la SOUFFRANCE aux moments cruciaux de la Révolution française – Julie paralysée et Françoise éprouvée par la mort de sa mère et de ses grands-parents et par une période de terrible emprisonnement.  Toutes deux étaient sorties de leurs épreuves avec une FOI RENFORCÉE et un engagement plus profond). 
    L’amitié entre Julie et Françoise est la seule vraie amitié comme le disaient les Anciens : celle basée sur le bien. Julie et Françoise se ressemblent dans cette vertu. Et il y a RÉCIPROCITÉ dans la reconnaissance mutuelle de la VERTU propre à chacune est évidente.  Il y a mutuelle bienveillance qui s’exprime par le fait de désirer l’amour de Dieu l’une pour l’autre.  C’est une « Amitié affectueuse centrée sur Jésus ».  Nous pouvons dire que dès le début l’amitié ente Julie et Françoise était d’ordre spirituel. 
    Saint Augustin écrit qu’il éprouverait le besoin d’approcher et de connaître une personne dont l’amour pour le Christ s’était prouvé face à l’épreuve ou la persécution, et de se lier d’amitié avec elle.  Tel était le cas pour Julie et Françoise dont l’amour pour le Christ s’était prouvé avant leur rencontre.

Bientôt, se forme autour de Julie une association pieuse. En plus de Françoise, les filles de Madame Baudoin invitent leurs amies, les demoiselles de Méry et Doria.  L’abbé Thomas, caché à l’hôtel Blin, anime le groupe et célèbre l’eucharistie.  Des enfants sont baptisés et confirmés dans la chambre de Julie.  Mais cette société n’eut qu’une existence éphémère.  Françoise restera la seule compagne de Julie.

Françoise reste un an à Amiens.

Entre 1795 et 1797, Françoise séjourne à Gézaincourt et à Bourdon près de son père malade.  Pendant ces deux années de séparation, Françoise et Julie s’écrivent de nombreuses lettres.  Françoise rentre à Amiens après le décès de son père.

On a conservé les lettres de Julie à Françoise : 33 lettres où l’on peut découvrir l’affection qu’elles se portaient.  Elles communiquaient leur amitié.  Et comme disait Saint François de Sales : le manque de communication (union des cœurs) peut mettre fin à l’amitié.

  • Julie devient vite la « Mère » dans leur correspondance.  Alors que Françoise est la personne dotée d’un statut social et la première à avoir offert son soutien, c’est Julie qui est devenue la directrice spirituelle en qui l’on a toute confiance. 

Après la mort de son père, Françoise était libre de se consacrer à Dieu comme elle le souhaitait.  Mais, elle avait des doutes quant à la forme du projet : elle hésitait à devenir Carmélite.  C’est alors que Julie lui fait part de ce qu’elle avait vu au cours d’une vision qu’elle avait eue quand elle se cachait à Compiègne : des femmes religieuses et parmi elles se trouvaient le visage de Françoise que Julie ne connaissait pas encore.  Françoise retourne confiante à Amiens.

Fin 1797, une nouvelle « Terreur » éclate. L’abbé Thomas, poursuivi jusque dans l’hôtel Blin, échappe à ses agresseurs le 15 juin 1799.  Le lendemain, le Père Thomas, Françoise, Julie et sa nièce Félicité se réfugient à Bettencourt.  Ensemble, ils évangélisent le village.  La santé de Julie s’améliore et elle commence à parler. 

Dans toute amitié, il y a une deuxième et une troisième phase :

  • Entre 1799 et 1803 (c’est la deuxième étape de leur relation d’amitié) : Période heureuse où elles vivent ensemble à Bettencourt  – les amies se communiquent leur vie intérieure et participent chacune aux qualités de l’autre.
    Importance de la communication : cfr Aristote : « Si des amis ne se pouvaient pas être présents l’un à l’autre et s’ils ne pouvaient pas communiquer entre eux, l’amitié finirait par mourir. »  L’amitié se travaille, prend du temps.

    Commence le temps de ce que Saint François de Sales appelait, « le doux combat » de l’amitié.  L’amitié nécessite de la franchise ; les malentendus sont inévitables (et il y en aura entre Julie et Françoise, notamment à cause de la distance entre elles et de leur échange de lettres quand l’une sera à Amiens et l’autre à Namur)

    L’amitié est renforcée par les nombreuses difficultés partagées, patience témoignée, tendresse, considération, partage des fardeaux.

    Le changement visible de la relation entre Julie et Françoise : de directrice et dirigée, elles passent à une égalité mutuellement reconnue.

En février 1803, le Père Thomas, Julie et Françoise rentrent à Amiens. Les deux amies accueillent des petites orphelines dans une maison modeste, rue Neuve.

– La troisième et dernière étape dans le développement de l’amitié véritable est sa perfection : l’union dans la diversité.  A ce stade, les amies se partagent leurs qualités les plus intimes, se communiquent chacun des aspects d’elles-mêmes, devenant un seul cœur, une seule âme.

Comme disait Aristote : « Une seule âme dans deux corps. »
Les témoignages abondent à propos de l’union évidente de Julie et Françoise qui étaient en harmonie totale malgré des différences frappantes de tempérament (cfr Mémoires Blin) : « La Mère Julie, par son humilité et par cette prudence chrétienne qui ne veut pas que l’on s’appuie sur soi-même, la consultait presque en toute chose.  Elle la regardait comme sa coopératrice et son amie et elles étaient très unies de cœur et d’esprit. »  « Le caractère de la Mère Blin était différent de celui de la Mère Julie mais comme elles étaient très unies, il n’y avait aucune diversité d’opinion. » Julie était plutôt extravertie, prompte à passer à l’action ; Françoise était réservée, introvertie.

Le 2 février 1804, Julie, Françoise et Catherine Duchâtel (qui décédera quelques mois plus tard) font leur vœu de chasteté et s’engagent à consacrer leur vie à l’éducation chrétienne. Elles prennent le nom de Sœurs de Notre-Dame et reçoivent une règle du Père Varin.  Françoise, comme il était de coutume à l’époque, prend le nom de Sœur Saint-Joseph.

Le 15 octobre 1805, Julie, Françoise, Victoire Leleu et Justine Garson prononcent leurs vœux de religion.  Le lendemain, Mère Julie est élue supérieure générale.  Le 19 juin 1806, les statuts de l’Association dite de Notre-Dame sont approuvés par Napoléon.  L’ouverture d’écoles gratuites est autorisée.  Françoise apporte sa richesse à la congrégation.

Un conflit éclate à Amiens avec le supérieur de la congrégation, l’abbé de Sambucy.  Il exige également de Sœur Saint-Joseph qu’elle lègue toute sa fortune à la seule maison d’Amiens.  Les deux fondatrices refusent ces propositions.  L’abbé de Sambucy influence habilement l’évêque d’Amiens, Mgr Demandolx et parvient à obliger Julie à quitter le diocèse le 12 janvier 1809.

Illustration T.J. Bond dans Mother St. Joseph by SND, Sands and Co, Glasgow, 1964.

Durant ce conflit, Françoise témoigne une grande amitié à Julie (partage des fardeaux).

Les premières Sœurs de Notre-Dame s’établissent à Namur, le 7 juillet 1807, à la demande de Mgr Pisani de la Gaude.  L’évêque de Namur les accueille avec grande sympathie et leur offre une maison près de l’évêché.  Sœur St-Joseph est nommée supérieure de la communauté.  Grâce à la fortune de Françoise, les Sœurs achètent une maison plus grande, rue des fossés (l’actuelle maison mère). Namur devient la maison mère des SND.  De nombreuses écoles sont fondées.

4. Après la mort de Julie [Après 22 ans d’amitié, Françoise vivra encore 22 ans sans Julie]

En 1816, après la mort de Mère Julie, Mère Saint-Joseph est élue supérieure générale et le restera jusqu’à la fin de sa vie.  Elle continue fidèlement l’œuvre de son amie ; elle rédige la règle, achève les fondations à Liège et à Dinant, crée celles de Thuin, de Verviers, de Philippeville et de Bastogne.

Son grand souci sera de garder l’unité de la congrégation sous le régime hollandais entre 1815 et 1830.  En interdisant à toute autorité étrangère d’enseigner, Guillaume Ier cause beaucoup de souci à Mère Saint-Joseph. 

  • Le Roi Guillaume fixe le nombre de sœurs autorisées dans chaque maison. 
  • Les Sœurs sont obligées de passer un examen devant la commission d’instruction.
  • Françoise veut démissionner comme supérieure générale en faveur d’une sœur d’origine flamande pour le bien de la congrégation.
    Finalement, en décembre 1824, elle reçoit le document de naturalisation et devient citoyenne des Pays-Bas.
    [Après lui avoir causé tant de souci, le Roi Guillaume Ier vient à Namur en 1829, il visite l’école et part en lui disant : « Madame, une femme comme vous ne devrait jamais mourir ! » (cfr. les annales de la congrégation)]
  • Entretemps, Mère Saint-Joseph avaient accepté la prise en charge d’hospices puisque les écoles n’étaient plus viables.
Mère Saint-Joseph et le Roi Guillaume Ier, illustré par T.J. Bond dans Mother St. Joseph by SND, Sands and Co, Glasgow, 1964.

En 1835, malgré l’opposition de certaines sœurs, elle conserve intact l’esprit de l’Institut.  C’est ce qu’on appelle la grande épreuve : une épreuve douloureuse qui venait de ses propres filles et qui a mis en danger l’existence de l’Institut.  Une religieuse a comploté la Réforme de la congrégation des SND (18 sœurs étaient dans le secret dont la maîtresse des novices).  Leur intention était d’établir deux catégories de membres (converses pour les travaux domestiques et de chœur pour l’enseignement).  Le but de cette nouvelle organisation était d’éduquer au pensionnat les jeunes filles de la haute société. 

Ce projet visait directement deux des trois points essentiels/fondamentaux de l’Institut :

– égalité entre les sœurs

– dévouement à l’instruction des pauvres

La conservation du gouvernement général avait déjà valu à Julie l’expulsion d’Amiens.

Avec l’aide de Sr Ignace Goethals, Mère Saint-Joseph sortit triomphante de la lutte mais au prix de grandes souffrances.  Trois sœurs quittèrent l’Institut ; les autres reconnurent leurs fautes et après une réparation publique, furent réadmises.

Françoise meurt à Namur, à l’âge de 82 ans (le 9 février 1838). 

5. Conclusion

Ce qui nous touche particulièrement chez Françoise, c’est le contraste entre cette femme de la noblesse qui tentait de vivre simplement [dans la congrégation, il n’y avait pas de distinction entre les sœurs converses et les sœurs de chœur).  Et ce n’était pas facile pour elle et pour sa famille.  A Amiens, quand elle allait en ville habillée avec le costume religieux, cela causait de l’embarras, de la gêne à sa famille.  Françoise était issue de la haute noblesse aristocratique mais elle n’a jamais utilisé sa fortune pour exercer une certaine influence, un pouvoir sur la vie des autres.  Comme l’explique Sœur Jo Ann Recker, son véritable pouvoir d’influence résidait plutôt dans son aptitude à transformer la vie des autres par l’amitié.  Et Françoise possédait une immense capacité d’amitié.  Elle avait cette aptitude unique à l’oubli de soi et au sincère souci du bien de l’autre : depuis sa grand-mère qu’elle aimait tant, son amie d’enfance (Jeanne de Franssu avec qui elle garda des liens jusqu’à sa mort), son amie Julie Billiart et sa chère Sœur en religion Sr Anastasie Leleu.  Elle était capable de voir le plus grand bien dans chaque personne qu’elle rencontrait.

Dieu attira Julie et Françoise ensemble pour quelque chose de spécial.  Il les amena à l’unité dans la diversité pour rendre possible le développement de l’Institut.

Que cet exemple d’amitié entre deux femmes puisse être source d’inspiration pour vous !

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Jo Ann RECKER (SNDdeN), PWPT « A treasure beyond price », FVP, 2016.

Jo Ann RECKER (SNDdeN), Julie, Françoise et notre héritage d’une amitié, Un trésor qui n’a pas de prix, Session Renouveau Julie, 1997.

Jo Ann RECKER (SNDdeN), Françoise Blin de Bourdon, Une femme d’influence, L’histoire de la co-fondatrice des SND de Namur, 2001.

Jo Ann RECKER (SNDdeN), “Très affectueusement, votre mère en Dieu”, Françoise Blin de Bourdon, French Aristocrat, Belgian Citizen, Co-Foundress of the SND de Namur (1756-1838), 2001.

Marie-Francine Vanderperre (SNDdeN), Julie et Françoise, 3 novembre 2008.

LAWLER, Magdalen (SNDdeN), Pistes pour redécouvrir la bonté de Dieu, 2004, pg 22.

POOLE, Myra (SNDdeN), Prayer, protest, power, 2001, pg 52-69.

Quelles sont les sources pour connaître cette amitié ?

  1. Mémoires de Mère St-Joseph
  2. Les premières lettres de Julie et les lettres en dialogue
  3. Témoignages de Sœurs les ayant connues