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Compiègne Thème – la vision

English

En tant que disciple de Jésus, Julie savait que la croix était inévitable dans sa vie: elle fit l’expérience d’épreuves et de souffrance. Mais elle savait aussi que c’était par la croix qu’elle ferait l’expérience de la résurrection et d’une nouvelle vie.

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Dessin de la Bande dessinée, sainte Julie Billiart, éditions du Signe, 2000. (Disponible au Centre d’héritage des SND – heritagecentre@sndden.org)

Menacées à Gournay-sur-Aronde par les révolutionnaires, Julie et sa nièce Félicité sont emmenées à Compiègne et abandonnées dans la cour d’une auberge. Ce devait être en avril 1792, comme le rappelle un graffiti sur le mur du château de Gournay-sur-Aronde. Les années passées à Compiègne sont sans doute les plus difficiles de la vie de Julie. La santé de Julie se détériore vite : tout-à-fait paralysée, elle perd l’usage de la parole comme en témoigne l’abbé de Lamarche qui l’a connue en 1793 : « La Mère Julie vivait retirée dans une chambre, avec une de ses nièces qui la servait. J’allais la visiter, elle ne parlait que par signes. Pour la confesser, il fallait qu’elle fût avertie au moins une heure à l’avance. ». Infirme, elle s’offre en victime, présentant au Christ sa vie de femme dépossédée de toute activité et de toute possibilité de service. Poursuivies et indésirables, Julie et sa nièce changent plusieurs fois de logis jusqu’en octobre 1794, date à laquelle Madame Baudoin qui passait autrefois ses étés à Cuvilly prit Julie sous sa protection et la fit venir à Amiens.

• Compiègne et la Révolution

Alors que Julie est à Compiègne, le Roi Louis XVI est arrêté. C’est la fin de la royauté en France : la monarchie est remplacée par une République en septembre 1792. Le roi est exécuté mais pour faire face aux nombreux contre-révolutionnaires et monarchistes français, Robespierre met en place des mesures exceptionnelles qui seront appelées plus tard la « Terreur ». La plus connue est la terrible loi des suspects qui impose de recenser tous ceux qui desservent la cause de la Révolution. Partout, des comités de surveillance contrôlent l’opinion. Ils envoient les suspects aux tribunaux d’exception ou au tribunal révolutionnaire. Près de 20 000 personnes, suspectées de sympathie pour la contre-révolution, sont exécutées.

« Les jours ténébreux sont peut-être pour
nous les plus heureux pour glorifier le bon Dieu. »
Julie Billiart

• Julie, « l’indésirable »

Partout on recherche ceux qui desservent la cause de la Révolution française : c’est le cas des 16 Carmélites de Compiègne qui refusent de prêter serment de fidélité à la Nation (car en opposition avec leurs vœux d’obéissance). Le 17 juillet 1794, les Carmélites de Compiègne sont guillotinées à Paris.

Cette nouvelle fut sans doute très douloureuse pour Julie car elle était en relation avec les Carmélites de Compiègne (il s’agit du thème du mois de juillet : Julie et la persécution des Carmélites de Compiègne) :

  •  elle connaissait l’abbé de Lamarche qui, déguisé en ouvrier, avait béni chacune des Carmélites allant à la mort.
  • par sa nièce Félicité qui lavait le linge pour elles. On le sait grâce à une lettre de Mère Henriette de Croissy, Carmélite (entre 1792-1794).

Comme les Carmélites, Julie s’offre à Dieu pour sauver la France et les chrétiens ; elle souffrira profondément de leur mort violente à Paris en juillet 1794. Une lettre du Père de Lamarche à l’abbé Belfroy en 1820 permet d’approcher un peu le mystère de solidarité étonnante vécu par Julie à Compiègne avec tous les opprimés, les laissés pour compte : « Je l’ai suivie par intervalles environ une année ; j’admirais de plus en plus les progrès qu’elle faisait dans la piété. Elle s’offrait continuellement comme victime à Dieu pour apaiser sa colère… toujours calme, toujours unie à Dieu. Son oraison était presque continuelle. ». Le témoignage de l’abbé de Lamarche exprime son admiration pour la foi et la force d’âme de Julie.

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• Julie, isolée et sans grande nourriture spirituelle

Auprès de Julie, peu de personnes : sa nièce Félicité, qui au jour le jour devait la tenir au courant de la situation extérieure et notamment de la mort de son père en juin 1792. A partir de 1793, l’abbé de Lamarche qui fait sa connaissance alors « qu’il rendait des services de religion » à des personnes pieuses et aux Carmélites. On peut émettre l’hypothèse que ces dernières ont été à l’origine de cette rencontre, ou bien que l’abbé de Lamarche ait connu, par l’abbé Courouble, en 1792, l’adresse et le nom de l’infirme. Et sans doute, avant leur exil pour Liège, en novembre 1792, les abbés Courouble et Carlet, directeurs l’un des Carmélites, l’autre de la Visitation.

• « Confiance, amour, abandon total entre les mains du bon Dieu : voilà notre force, notre soutien » Julie Billiart

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Dessin de la Bande dessinée, sainte Julie Billiart, éditions du Signe, 2000. (Disponible au Centre d’héritage des SND– heritagecentre@sndden.org)

C’est lorsqu’elle souffrait le plus de son état physique, quand elle était totalement impuissante, traquée, entourée de la violence et de l’insécurité de l’époque que Julie vécut une des expériences spirituelles les plus profondes de sa vie. C’est à Compiègne qu’un jour, ravie en extase, Julie voit soudain Jésus en croix sur le Calvaire, entouré d’un grand nombre de femmes portant un costume religieux qu’elle ne connaît pas. Julie reçoit alors sa vocation de fondatrice : « Ce sont les Filles que je te donne dans l’Institut qui sera marqué de ma croix. »

C’est dans les souvenirs de quelques pensionnaires et surtout dans les dépositions en vue de la béatification (1881-1889) conservées dans les archives de la congrégation à Namur que nous trouvons des témoignages mentionnant la vision que Julie a eue à Compiègne vers 1793.

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Photo des fardes contenant les dépositions des sœurs en vue de la béatification de Julie. Archives générales de la congrégation à Namur.

« Elle avait eu une vision où le bon Dieu lui avait révélé l’œuvre qu’elle devait un jour fonder. Elle avait vu un calvaire, puis tout ce qu’elle devait endurer : souffrances, persécutions, etc., etc. Elle avait vu aussi des religieuses avec notre costume, et notre Seigneur lui avait dit : « Ces religieuses seront vos enfants. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier âgée de 78 ans, 1879 [Cahier vert 29 (Archives générales), p. 130-134].

1. Julie parle très peu de cette intuition mystique. Ce sont toujours des révélations intimes à l’une ou l’autre confidente.

« Comme je n’en ai jamais parlé à personne puisque cela m’était dit en confiance, j’ai un peu oublié. » Témoignage de Mademoiselle Henriette Fallon âgée de 84 ans (ancienne pensionnaire qui a connu Julie Billiart en 1809), Namur, 1879 [Cahier vert 28 (Archives générales), p. 78].

«Notre fondatrice était si humble qu’elle ne parlait jamais de cette vision. Nous l’avons connue par ma Sœur Anastasie, supérieure de la maison de Namur (1816-23). […] Sr Madeleine (celle qui marchait à béquilles) m’a raconté les mêmes choses, mais ma Mère Julie se confiait très rarement à ce sujet. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier, 1879.

« En 1812, si je ne me trompe pas, au moment où ma Mère Julie se rendait à Amiens pour la réunion, elle a eu encore une vision et l’a écrite à notre chère Mère Saint-Joseph, que nous avons voulu interroger à ce sujet, mais elle répondait : « Vous saurez tout cela au ciel. » puis elle souriait et quand nous insistions elle disait : « Ma Mère Julie ne serait pas contente si je parlais, car elle m’a fait déchirer la lettre qu’elle m’écrivit d’Amiens, et dans laquelle elle me racontait ce que notre Seigneur lui avait montré et dit quand elle approchait d’Amiens. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier, 1879.

Voici quelques précisions sur la vision de 1812 dont parle Sr Reine (voir le Procès de Fama sanctitatis en vue de la béatification de Julie). L’évêque d’Amiens avait exprimé ses regrets d’avoir éloigné Mère Julie de son diocèse et l’invitait à y revenir. Au moment de son entrée dans la maison (rue du Faubourg de Noyon à Amiens), Julie eut une apparition de Jésus-Christ chargé de la Croix, adressant ces paroles à Julie elle-même :  « Regardez-moi et suivez-moi ; je suis la Voie, la Vérité et la Vie. » En même temps, le Sauveur paraissait s’éloigner de la maison du Faubourg-Noyon. Julie émettait beaucoup de réserves au sujet de ces grâces extraordinaires de sorte que les Sœurs ne surent que peu de choses de ce qui lui était arrivé. Mais encore une fois le thème de la croix était présent dans la vie de Julie.

2. La description de la vision est toujours la même : croix – persécution à Amiens – religieuses en costume

6_MAClaus_1882-1Télécharger le Témoignage de la Sœur Marie Adèle Claus déposé à Clapham (G-B) le 16 juin 1882. 6_MAClaus_1882 «

Les plus anciennes Sœurs de la congrégation nous ont parlé d’une vision dont fut favorisée notre Mère, pendant les années de souffrances et de privations qu’elle passa à Compiègne avant son séjour à Amiens, chez le Vicomte Blin de Bourdon : Il fut montré à Julie Billiart, encore sur son lit des douleurs, (1793), une CROIX ÉLEVÉE sur une montagne et au pied de la croix, un grand nombre de RELIGIEUSES, VÊTUES COMME NOUS LE SOMMES ; et Notre Seigneur lui dit que ces religieuses seraient ses enfants ; mais qu’elle aurait à subir une grande PERSÉCUTION À AMIENS. » Témoignage de la Sœur Marie Adèle Claus déposé à Clapham (G-B) le 16 juin 1882, pg 38-39.

3. Persécution à Amiens

« Notre bonne Mère Julie dit que c’était à cause de cette vision qu’elle avait éprouvé tant de répugnance à venir à Amiens, quand Madame Baudouin l’y appelait ; qu’elle savait que l’œuvre de l’Institut se ferait, mais qu’elle ne savait ni quand, ni comment. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier, 1879.

4. Visages qu’elle a reconnus plus tard, parmi lesquels

  • Mère Saint-Joseph : « Parfois pleine d’un confiant abandon, la bonne Mère Julie me racontait à la gloire du Sacré-Cœur de Jésus, pour lequel elle avait un si grand amour, sa guérison miraculeuse puis en se promenant elle me dit un jour, qu’étant encore sur son lit de douleur à Compiègne, incapable de bouger à cause de sa paralysie, le bon Dieu lui avait montré l’œuvre qu’il voulait accomplir par elle, et qu’elle avait vu dès lors que Mademoiselle Blin serait sa compagne dans cette œuvre, aussi ajouta-t-elle, quand Mademoiselle Blin me fit sa première visite après sa sortie de prison, je la reconnus immédiatement ! » Témoignage de Mademoiselle Henriette Fallon âgée de 84 ans (ancienne pensionnaire qui a connu Julie Billiart en 1809), Namur, 1879 [Cahier vert 28 (Archives générales), p. 78].
  • « Que dès lors elle avait distingué notre Révérende Mère St Joseph qui serait plus tard le salut et le soutien de l’Institut. » Déposition de la Sr Marie Claudine (dans le monde Julie Godefroit) le 25 janvier 1883 à Chimay, pg 56-57.

 

Après la mort de son père en 1797, Françoise était libre de se consacrer à Dieu comme elle le souhaitait. Mais, elle avait des doutes quant à la forme du projet : elle hésitait à devenir Carmélite. Ce n’est qu’à ce moment-là que Julie lui fit part de ce qu’elle avait vu au cours d’une vision qu’elle avait eue quand elle se cachait à Compiègne : des femmes religieuses rassemblées au pied de la croix et parmi elles se trouvaient le visage de Françoise que Julie ne connaissait pas encore. Après le décès du Vicomte Blin, Julie se sentait libre de lui parler de ses intuitions dans quelques lettres:

« J’ai toujours devant les yeux ce dont je vous ai parlé une fois : que le bon Dieu me fera la grâce de finir mes jours avec vous – La divine Providence ayant permis que je vous connaisse, vous aurez de quoi exercer votre zèle avec moi … – Sitôt que j’ai su la mort de votre papa, je vous ai vue vous jeter dans mes bras. Il m’a semblé que ç’allait être le moment où le bon Dieu vous donnerait à moi et moi à vous d’une manière si forte que la mort seule nous séparerait. »

  • Sr Ursule (Marie) Blondel : « Dans cette vision, elle connut distinctement chacune de ses premières religieuses, […] » « Quand la jeune MARIE (BLONDEL) se présenta à notre digne Mère, lors d’un de ses voyages à Gand, le 11 juin 1812, notre bonne Mère voyant s’approcher cette candide jeune fille de 17 ans fit un pas vers elle, et dès que Marie dit : « Ma Révérende Mère, permettez-moi de solliciter la faveur … » notre fondatrice interrompit la future postulante et l’embrassant avec effusion, lui dit : « Oui, oui, vous serez ma bonne chère fille, je vous ai vue à Compiègne. » Notices des sœurs défuntes, XIV, pg 47 et Déposition de la Sr Julienne des Anges (Marie Philomène Berlenger) le 2 août 1882 à Anvers, pg 3-4.
  • « Mais notre respect pour notre vénérée Fondatrice était tel, que pas une de nous pas même notre Supérieure, Sr Marie Steenhaut, n’osa demander à notre chère Mère Julie l’explication de cette parole : « Je vous ai vue à Compiègne ». Annales du Nouveau-Bois à Gand.

7_Citation_FR

Les réfugiés SDF ou immigrants

anglais

1_CitationPape

A cause des troubles liés à la Révolution française, Julie est contrainte de fuir son village natal en mai 1791.  A 40 ans, elle n’avait jamais quitté Cuvilly, ses parents et sa famille.  Durant trois ans, elle fuit et se cache.  Bien qu’elle reçoive la protection de quelques bienfaitrices qui prennent des risques énormes en la cachant et l’aide de sa nièce Félicité qui l’accompagnera sur le chemin de l’exil, cette période est la plus sombre de sa vie.

Pourtant la souffrance et les grandes difficultés n’enlèvent rien au fait de sa confiance en Dieu.

2_CitationJulie

  • Janvier à mai 1791 : Troubles religieux à Cuvilly

Quand la Révolution éclate à Paris en juillet 1789, Julie fête ses 38 ans.  Elle est paralysée déjà depuis plusieurs années : en 1782, Julie avait été touchée par une épidémie que les médecins de l’époque croyaient pouvoir guérir par d’abondantes saignées qui, peu à peu, lui enlevèrent l’usage des deux jambes.  Ce fut pour elle un temps de profonde croissance spirituelle.  Clouée dans son lit, Julie prie beaucoup et continue son œuvre de catéchiste en accueillant des villageois parmi lesquels ses bienfaitrices.  Julie ouvrait des chemins de totale confiance en Dieu aux habitants de Cuvilly, déboussolés par les idées nouvelles et les tourments liés à la Révolution.

C’est en 1791 que les troubles éclatent à Cuvilly.  Le 12 juillet 1790, la France adoptait un nouveau décret, la « Constitution civile du clergé » : le clergé devenait un corps de fonctionnaires payés et choisis par l’Etat ; ceux-ci devaient prêter un serment de fidélité à la nation.  Les prêtres avaient jusqu’au 1er janvier 1791 pour prêter serment.

3_Serment
Illustration qui montre comment obliger les prêtres à prononcer serment de fidélité à la nation.

Le 9 janvier 1791, l’abbé Dangicourt, en place à Cuvilly depuis plus de 15 ans, et son vicaire Delaporte prêtent serment dans l’église paroissiale en ces termes :

« Je jure de veiller avec exactitude sur les fidèles qui nous sont confiés, d’être fidèle à la nation, à la loi et au roi et de soutenir, de tout notre pouvoir, la Constitution décrétée par l’Assemblé Nationale et acceptée par le roi, en tout ce qui ne sera pas contraire à la religion, étant écrit dans la suprême loi : rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

4_SermentDangicourtclic qui permet d’agrandir et de lire le document
Texte du serment des prêtres Dangicourt et Delaporte, 9 janvier 1791 (expédition au Département le 16 janvier 1791), Bibliothèque Municipale de Compiègne (B. M. C.), Mss 169, pièce 36.  Cliquez pour agrandir l’image.

Ce serment est considéré comme mauvais par le district.  En s’opposant aux idées de la Révolution, l’abbé Dangicourt et son vicaire deviennent ennemis de l’Etat.

Invités le 29 janvier à refaire leur serment par les autorités compiégnoises, les deux hommes s’y refusent.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document
Lettre autographe du curé Dangicourt regrettant de ne pas se rendre à Compiègne, 4 avril 1791, B.M.C., Mss 169, p. 47.  Cliquez pour agrandir l’image.

A la différence de la plupart des autres cas, les deux ecclésiastiques trouvent un solide appui dans la masse de leurs paroissiens et dans la municipalité du village : les notables de Cuvilly présentent au District, le 12 mars, une pétition pour garder leurs curé et vicaire, et les salarier par une contribution volontaire tandis que la municipalité de Cuvilly demande au district de garder son curé : «… la perte d’un pasteur que les habitants de Cuvilly considèrent comme un père serait pour eux un sujet d’affliction que nous voudrions éviter …».  Finalement la cure est déclarée vacante et l’ancien cordelier compiégnois, Jean-Baptiste Rollet, est investi le 8 mai de la lourde tâche consistant à remplacer l’abbé Dangicourt.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document
Proclamation des prêtres élus aux cures vacantes, 9 mai 1791, Archives Municipales Compiègne, P4 dossier 18-24, cultes.  Cliquez pour agrandir l’image.

Dès son arrivée le 15 mai à Cuvilly, le nouveau curé reçoit des lettres anonymes de menaces, tandis que la réception municipale est des moins chaleureuses.  Le 24 mai, il envoie un appel au secours au district dans une lettre.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document
Retranscription d’un extrait du Registre des Délibérations du Directoire du District de Compiègne, 25 mai 1791, Archives Départementales de l’Oise – Série L.  Cliquez pour agrandir l’image.

Le district dépêche alors trois de ses membres accompagnés de détachements de la garde nationale et du régiment du Berry pour aller rétablir l’ordre à Cuvilly.  On arrête l’ex-vicaire Delaporte ainsi que plusieurs habitants considérés comme meneurs des troubles.  Trois de ces prisonniers, les Guilbert et Lanvin, sont de la parenté de Julie.  Les prévenus, Delaporte vicaire et François Lanvin maçon, sont conduits devant le tribunal du Département de l’Oise tandis que les Guilbert sont renvoyés à Cuvilly sous la surveillance de la municipalité.  Finalement, les prévenus bénéficient de l’indulgence du Tribunal.  Le calme semble rétabli dans la paroisse de Cuvilly où un nouveau maire est bientôt élu.

L’abbé Dangicourt serait parti pour le mont Valérien, en juin 1791, il meurt à Paris en octobre de la même année.  L’abbé Delaporte, de retour au village, aurait continué à dire la messe dans la chapelle du château de Séchelles.  On ignore où il séjourne entre 1791 et 1829, date à laquelle on le retrouve curé à Ressons-sur-Matz.

Quant à Julie, elle souffre de plus en plus mais sa confiance en la bonté de Dieu ne fait que se renforcer.  Elle devient un tel exemple de confiance et de fermeté dans la foi que les forces révolutionnaires voient en elle une menace.

« Julie eut le bonheur de préserver du schisme beaucoup de personnes qu’elle instruisait quand elles venaient la voir. » (Abbé Trouvelot, 1820)

« Et telle fut l’estime que les villageois avaient conçue pour la pauvre infirme que lorsqu’ils se virent privés de leur pasteur légitime, ils consultèrent Julie pour savoir s’ils devaient obéir au prêtre constitutionnel.  Forte dans sa foi, elle empêcha tout ce peuple de sombrer dans le schisme, ce qui lui a valu la persécution des partisans de la révolution. » (Sr Thérèse de la Passion, 1881)

Il est intéressant de noter qu’en 1793-94, Cuvilly reste l’une des communes du district les plus récalcitrantes à la déchristianisation ; l’agent national Bertrand déplore les « regrets du culte » manifestés par les habitants et leur reproche «leur opiniâtreté et leur entêtement pour le régime superstitieux et fanatique».

  • Chemin de l’exil
    Mai 1791 : Julie trouve refuge à Gournay-sur-Aronde

Persécutée à cause de sa prise de position vis-à-vis des “prêtres constitutionnels” (ceux qui ont prêté serment de fidélité à l nation), Julie est contrainte de fuir Cuvilly et de se cacher.  Madame de Pont l’Abbé dont le château se trouve à Gournay-sur-Aronde lui offre l’hospitalité en prenant des risques énormes comme tous ceux qui voulaient aider les personnes non désirées.  « Cette dame, qui venait autour du lit de Julie à Cuvilly et dont elle est extrêmement aimée, pour la soustraire à la persécution, vient la chercher dans sa voiture et la mène au château. »  Elle en prend soin jusqu’au moment où la fureur de la Révolution la contraint elle-même d’abandonner son château.  Julie est accompagnée de sa nièce, Félicité, âgée de 16 ans mais ne reverra plus son père, décédé alors qu’elle était à Compiègne, et apercevra une dernière fois sa mère quand elle fut transportée de Compiègne à Amiens.

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9_GournayChâteau de Gournay-sur-Aronde

Julie demeure approximativement un an chez Madame de Pont l’Abbé.  Tourmentée elle-même, Madame de Pont l’Abbé doit fuir en Angleterre avec d’autres aristocrates émigrés, où elle meurt, laissant Julie et sa nièce Félicité, à la garde du concierge, Monsieur Camus.  Celui-ci, gendre du régisseur de la famille de Pont l’abbé, vient d’acquérir, comme bien national, la ferme du château régie par son beau-père.  Selon le Père Charles Clair, Monsieur Camus et Julie deviennent très vite amis.  Malgré ce gage donné à la Révolution, Monsieur Camus ne paraît pas avoir été un chaud partisan des idées du jour ; car il témoigne à la « fanatique dévote » un respectueux attachement dont le souvenir s’est précieusement conservé dans sa famille.

Chronologie du château de Gournay-sur-Aronde, cliquez ici.

D’après le témoignage du Père Sellier, «quand les révolutionnaires vinrent s’emparer du château et mettre la séquestre sur tout ce qu’il renfermait, les domestiques conduisirent Julie sur une charrette remplie de différentes pièces de meubles (d’autres dépositions parlent d’une charrette de foin) jusque sur la place de Compiègne où une famille charitable dont on ignore le nom en eut compassion»

Ce devait être en avril 1792, comme le rappelle un graffiti sur le mur du château.

10_Graffiti-1Graffiti du château de Gournay, mur latéral : souvenirs, en particulier, des troupes qui y furent cantonnées à l’époque révolutionnaire : « le 2ème bataillon de la Haute-Vienne foutra le bal aux aristocrates – 1792 La Nasion – 1794 Hemeri ».

Les patriotes des environs voulaient-ils s’en prendre uniquement à Julie, « la dévote », ou à Madame de Pont l’Abbé, dame noble qui la protégeait?  On peut s’étonner qu’une paralysée puisse être suspecte pour des révolutionnaires.  Mais il ne faut pas minimiser les incidents du 25 mai 1791 à Cuvilly ; parmi la population opposée à l’arrivée du prêtre constitutionnel, il y avait les Guilbert et Lanvin qui sont de la parenté de Julie.  Elle-même était connue à Cuvilly comme une fervente chrétienne en relation avec des prêtres non-constitutionnels ; et, qui plus est, elle eut partie liée avec des nobles, les de Pont l’Abbé, qui avaient émigré.  D’où les attributs de dévote… fanatique… suspecte.

Avril 1792 : Julie est abandonnée à Compiègne

11_CharretteJulie transportée dans une charrette de foin avec sa nièce.

Selon le témoignage de l’abbé Trouvelot, curé de Ressons-sur-Matz, Julie et Félicité reçoivent l’hospitalité des demoiselles de Chambon, qui auraient habité rue des Grandes Ecuries.  Nous ne savons presque rien de ces demoiselles, à part la bravoure dont elles ont dû faire preuve pour accueillir une étrangère bien mal à point !

« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)

A Compiègne, la santé de Julie se détériore vite.  Tout-à-fait paralysée, elle perd l’usage de la parole.

Poursuivies et indésirables, Julie et sa nièce changent plusieurs fois de logis en deux ans et demi mais comme le signale Sr Marie-Francine Vanderperre, les Archives de Compiègne n’ont pas gardé le souvenir de la réfugiée qui n’a pas défrayé la chronique locale.  Seuls, un billet de la Carmélite Mère Henriette de Croissy cite les noms de Julie et Félicité, et une liste de réquisition pour la farine dressée en 1794 signale Julie et sa « niesse », rue Dufour.

12_LettreCarmeliteclic qui permet d’agrandir et de lire le document
Lettre (entre 1792-1794) de Mère Henriette de Croissy, Carmélite. Arch. dép. Q, FF1 n°50.  Comme on le découvre dans cette lettre, Julie est en relation avec les Carmélites de Compiègne par sa nièce Félicité qui lavait, semble-t-il, le linge pour elles.  En 1793, Julie reçoit plusieurs visites du Père de Lamarche qui connaissait aussi les Carmélites de Compiègne.  Comme elles, Julie s’offre à Dieu pour sauver la France et les chrétiens ; elle souffrira profondément de leur mort violente à Paris en juillet 1794.  Cliquez pour agrandir l’image.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document13_RequisitionCardon
Registre de réquisition avec signature du citoyen Cardon et datation du 27 mai 1794.  Cliquez pour agrandir l’image.

Octobre 1794 : Julie est accueillie à Amiens

En octobre 1794, Madame Baudoin qui passait autrefois ses étés à Cuvilly fait venir Julie à Amiens à l’hôtel Blin de Bourdon, où elle loue un appartement pour elle-même et ses trois filles.  Elle espére que la présence de l’infirme lui apporte force et courage après la mort de son père et de son mari sur l’échafaud.

« Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. » (Lévitique 19,34)

  • Les Sœurs de Notre-Dame de Namur ont aussi été des étrangères, des nouvelles arrivées.

En 2 février 1806, durant le chant du Nunc dimittis, Mère Julie a une vision de l’apostolat futur de la congrégation qui passerait les mers et porterait au monde le message de la « Bonne Nouvelle ».

« Comme tant d’autres congrégations internationales, nous avons voyagé bien au-delà de nos racines. Des Sœurs sont entrées dans des groupes sociaux, des quartiers et des pays où elles étaient des étrangères. » Newsletter du l’équipe du leadership de la congrégation (CLT), Mars 2019.

«  Notre histoire révèle qu’une vision étriquée de la mission et la crainte d’être critiquées (que pensait-on de nous ?) nous a empêchées d’accueillir comme membres des habitants du lieu.  Heureusement nos yeux et nos cœurs se sont ouverts. […]   Le partage d’événements de notre vie permet d’effacer notre complexe d’étranger, d’accueillir celle qui se trouve à nos côtés et d’ouvrir nos cœurs. » Newsletter du CLT, Mars 2019.

  • Les Sœurs de Notre-Dame de Namur accueillent aussi des réfugiés.

Dans cette tradition, remarquons ce que les sœurs reconnues « Justes parmi les nations » ont accompli pour sauver des juifs durant la guerre.

Pour en savoir plus sur les sœurs qui ont sauvé des enfants juifs durant la deuxième guerre mondiale, cliquez ici.

Aujourd’hui, encore, de nombreuses sœurs de Notre-Dame de Namur accueillent et soutiennent des réfugiés et des migrants, comme Sr Marie-Dominique Kohler qui vit en Suisse et donne des cours d’allemand aux réfugiés.

Pour lire le témoignage de Sr Marie-Dominique Kohler, cliquez ici. http://sndden.be/soeur-marie-dominique-kohler

« Ainsi donc vous n’êtes plus des étrangers, ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. » Eph. 2, 19.

Refugees, Homeless, Immigrants

French

1_CitationPape_EN

Because of the turmoil associated with the French Revolution, Julie was forced to escape from her native village in May of 1791.  Now at the age of 40, she had never left Cuvilly, her parents or her family.  For three years, she fled and hid.  Although she was the recipient of the protection of some benefactors, who took great personal risk in hiding her and, as well, had the assistance of her niece, Felicity, who accompanied her throughout her exile, this period was the most bleak of her life.

However, her suffering and great difficulties took nothing away from her confidence in God.

2_CitationJulie_EN

  • January to May 1791: Religious unrest in Cuvilly

When the Revolution broke out in Paris in July of 1789, Julie celebrated her 38th birthday.  She had been paralyzed for several years:  in 1782, Julie had been affected by an epidemic that doctors of the time thought they could cure by abundant bleedings which, little by little, deprived her of the use of her legs.  This was for her a time of profound spiritual growth.  Bedridden, Julie prayed a great deal and continued with her catechetical work by welcoming villagers among whom were her benefactors.  Julie opened paths of total confidence in God to the inhabitants of Cuvilly, disoriented by the new ideas and the turmoil associated with the Revolution.

In 1791, the disturbances reached Cuvilly.  On July 12, 1790, France adopted a new decree, the “Civil Constitution of the Clergy.”  Thus the clergy became a body of civil servants payed and selected by the State; these latter were obliged to take an oath of allegiance to the nation.  Priests had until January 1, 1791, to take this oath.

3_Serment
Illustration that shows how priests were obliged to pledge allegiance to the nation. 

On January 9, 1791, Father Dangicourt, stationed in Cuvilly for more than 15 years, and his assistant pastor, Father Delaporte, took the oath in the parish church in these terms:
“I swear to watch with fidelity over the faithful who are confided to us, to be faithful to the nation, the law, and the king, and to sustain, with all our strength, the Constitution which has been decreed by the Assembly and accepted by the king, in all which is not contrary to religion, as it is written in the supreme law:  “render to Caesar what is Caesar’s, and to God, what is God’s.

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Text of the oath of Fathers Dangicourt and Delaporte, January 9, 1791 (sent to the Department on January 16, 1791), Municipal Library of Compiègne (B.M.C.), Mss 169, article 36.  

This oath was considered to be improper by the district.  By opposing the ideas of the Revolution, Father Dangicourt and his assistant became enemies of the State.

Invited on January 29 by the authorities of Compiègne to retake their oath, the two men refused.

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Handwritten letter of Pastor Dangicourt regretting his inability to go to Compiègne on April 4, 1791.  B.M.C., Mss 169, art. 47. 

In distinction to the majority of the other cases, the two ecclesiastics found solid support among most of their parishioners and in the surrounding municipality.  The notables of Cuvilly presented to the District, on March 12, a petition to keep their pastor and his assistant and to pay them by means of voluntary contributions while the municipality of Cuvilly asked the district to permit them to keep their pastor:  “… the loss of a pastor, that the residents of Cuvilly considered to be their father, would be for them a subject of affliction that they wished to avoid…”.  Finally, the post was declared vacant and a former Cordelier monk from Compiègne, Jean-Baptiste Rollet, was invested on May 8 with the heavy responsibility of replacing Father Dangicourt.

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Proclamation of priests, elected to vacant parishes, May 9, 1701.  Municipal Archives of Compiègne, File P4 18-21, religion.

From the day of his arrival in Cuvilly on May 15, the new pastor received threatening anonymous letters while the municipal reception was among the least warm.  On May 24, he sent a letter to the district asking for help.

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Transcript of an extract from the Registry of Deliberations of the Board of Management of the District of Compiègne, May 25, 1791.  Departmental Archives of Oise – Series L.

The district then dispatched three of its members along with a detachment of the national guard and of the du Berry regiment to go to Cuvilly to establish order.  They arrested the ex-assistant pastor, Delaporte, as well as several residents considered to be leaders of the disturbance.  Three of these prisoners, the Guilberts and Lanvin, were relatives of Julie.  The defendants, Delaporte, assistant pastor, and François Lanvin, mason, were brought before the tribunal of the Department of Oise while the Guilberts were sent back to Cuvilly to be under the surveillance of the municipality.  Finally, the defendants were beneficiaries of the Court’s indulgence.  Calm seemed to be reestablished in the parish of Cuvilly where a new mayor was soon elected.

Father Dangicourt is thought to have set out for Mont Valérien in June 1791 as he died in Paris in October of that same year.  Father Delaporte, once again in the village, continued to say Mass in the chapel at the chateau of Séchelles.  We don’t know where he went between 1791 and 1829, the date where one finds him again as a pastor in Ressons-sur-Matz.

As for Julie, she suffered more and more but her confidence in the goodness of God only strengthened her.  She became such an example of confidence and determination in the faith that the revolutionary forces saw in her a threat.

“Julie had the happiness of keeping from schism many people whom she instructed when they came to see her.”  (Father Trouvelot, 1820)

“Such was the esteem that the villagers had for the poor invalid that when they saw themselves deprived of their legitimate pastor, they consulted Julie to know if they were to obey the constitutional priest.  Strong in her faith, she prevented the populace from sinking into schism earning for her persecution from the partisans of the revolution.”  (Sr. Theresa of the Passion)

It is interesting to note that in 1793-94, Cuvilly remained one of the communes of the district the most rebellious to de-christianization.  The national official, Bertrand, deplored the “reluctance of this cult” manifested by the inhabitants and their reproaches “their obstinacy and stubbornness in favor of a superstitious and fanatical regime.”

  • Path of exile
    May, 1791 Julie finds refuge in Gournay-sur-Aronde

Persecuted because of her position vis-à-vis some “constitutional priests” (those who swore an oath of fidelity to the nation), Julie was forced to flee Cuvilly and to go into hiding.  Madame de Pont l’Abbé whose chateau was in Gournay-sur-Aronde offered hospitality while taking enormous risks as did all those who wanted to help people considered to be undesirable. “This lady, who was one who gathered around Julie’s sickbed and whom she loved a great deal, in order to save Julie from persecution, came to get her in her conveyance and took her to the chateau.”  She took care of Julie until the frenzy of the Revolution forced her to abandon her chateau.  Julie was accompanied by her niece, Felicity, aged 16, but would never again see her father who died when she was in Compiègne.  She would see, for the last time, her mother when she was transported from Compiègne to Amiens.

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9_GournayChateau of Gournay-sur-Aronde

Julie stayed approximatively one year with Madame de Pont l’Abbé.  Tormented herself, Madame de Pont l’Abbé had to flee to England, along with other aristocratic emigrants, where she died, leaving Julie and her niece, Felicity, under the care of her concierge, Monsieur Camus.  This man, son-in-law of the property manager for the Pont l’Abbé family, had just acquired, what was now a national good or property, the chateau’s farm that had been managed by his father-in-law.  According to Father Charles Clair:  Monsieur Camus and Julie quickly became friends.  In spite of this pledge given to the Revolution, Monsieur Camus did not seem to have been a devoted partisan of the ideas of the day; because he demonstrated to the “fanatical devotee,” a respectful attachment, one whose memory was cherished in his family.

Chronology of the Gournay-sur-Aronde chateau, click here. 

According to the testimony of Father Sellier, “when the revolutionaries came to seize the chateau and put it in receivership along with all that it held, the servants drove Julie in a cart filled with various pieces of furniture (other depositions speak of a haycart) to the town square in Compiègne where a charitable family, whose name we do not know, took pity on her.

This must have been in April, 1792, as mentioned in the graffiti on the wall of the chateau.

10_Graffiti-1Graffiti on the chateau of Gournay, side wall: souvenirs of the troops who were quartered there during the revolutionary period: “the second battalion of Haute Vienne will stick it to the aristocrats – 1792 The Nasion – 1794 Hemeri”

Did the patriots of the environs want to go after Julie, “the devote,” or after Madame de Pont l’Abbé, the noble woman who protected her?   One would be surprised that a paralytic was able to be under suspicion by the revolutionaries.  But, one must not minimize the incidents of May 25, 1791, in Cuvilly.  Among the population opposed to the arrival of the constitutional priest, there were the Guilberts and Lanvin who were relatives of Julie.  She herself was known in Cuvilly as a fervent Christian in contact with some non-juring or non-constitutional priests.  And, who more than she was connected with the nobility, the Pont l’Abbés, who had emigrated.  Hence the attribution of devote…fanatic…suspicious.

April 1792: Julie is abandoned in Compiègne

11_CharretteJulie transported in a hay cart with her niece.

According to the testimony of Father Trouvelot, pastor of Ressons-sur-Matz, Julie and Felicity received hospitality from some young women named de Chambon, who lived on the rue des Grandes Écuries.  We know almost nothing about these women, except for the bravery that they demonstrated by welcoming a stranger who was very much in a bad way!

“I was a stranger and you welcomed me.”  (Mt. 25:35)

In Compiègne, Julie’s health deteriorated quickly.  Completely paralyzed, she lost the use of speech.

Pursued and unwelcome, Julie and her niece changed lodging several times in two and one-half years but, as Sr. Marie-Francine Vanderperre pointed out, the Archives of Compiègne kept no remembrance of any refugee who did not amount to some sort of news story.   Only a note written by the Carmelite, Mother Henriette de Croissy, listing the names of Julie and Felicity and a requisition for flour drawn up in 1794, indicates the presence of Julie and her “niece”, rue Dufour.

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Letter (between 1792-1794) from Mother Henriette de Croissy, Carmelite. Archives, dep. Q, FF1 no. 50.  As one can see in this letter, Julie is in contact with the Carmelites of Compiègne through her niece, Felicity, who, it seems, does the laundry for them.  In 1793, Julie received several visits from Father de Lamarche who also knew the Carmelites of Compiègne.  Like them, Julie offers herself to God in order to save France and its Christians; she suffered profoundly from their violent death in Paris in July 1794.

13_RequisitionCardonClick to enlarge and read
Requisition record with the signature of citizen Cardon and dated May 27, 1794.

October 1794:  Julie is welcomed in Amiens

In October of 1794, Madame Baudoin, who had formerly spent her summers in Cuvilly, had Julie brought to Amiens to the Blin de Bourdon town home where she rented an apartment for herself and her three daughters.  She hoped that the presence of the invalid would bring her strength and courage after the death on the scaffold of both her father and her husband.

“When a stranger sojourns with you in your land, you shall not do him wrong.  The stranger who sojourns with you shall be as the native among you, and you shall love him as yourself; for you were strangers in the land of Egypt:  I am the Lord your God.”  (Lev. 19:33-34)

  • The Sisters of Notre Dame de Namur were also strangers, new arrivals.

On February 2, 1806, during the chanting of the “Nunc dimittis,” Mère Julie has a vision of the future apostolate of the Congregation that would cross the seas and carry to the world the message of the “Good News.”

“Like many other international congregations, we Sister of Notre Dame de Namur, traveled far beyond the borders of our roots.  Sisters moved into social groups, neighborhoods and countries where they were strangers.”  Newsletter of the leadership team of the Congregation (CLT), March 2019

“Our history reveals that a single-minded focus on the mission and the fear of being criticized (What would they think of us?) prevented us from welcoming local citizens as members. Fortunately, our eyes and hearts were opened.  […].  Sharing our life stories allows for the loss of the stranger, welcomes the person at my side and exposes the heart.”   Newsletter of the leadership team of the Congregation, March 2019.

  • The Sisters of Notre Dame de Namur also welcome refugees

In this tradition, let’s note what the sisters recognized, what these “Just among the nations” accomplished in order to save Jews during the war.

To know more about the sisters who saved Jewish children during the Second World War, click here.

Still today, many Sisters of Notre Dame de Namur welcome and support refugees and migrants, sisters like Sr. Marie-Dominique Kohler who lives in Switzerland and gives classes in the German language to refugees.

To read the testimony of Sr. Marie-Dominique Kohler, click here. http://sndden.be/soeur-marie-dominique-kohler

“So then you are no longer strangers and sojourners, but you are fellow citizens with the saints and members of the household of God.”  (Eph. 2:19)

 

Family

French

1-Citation-Pope-EN

In Amoris Laetitia (The Joy of Love), Pope Francis called on families to create conditions that might allow children “to welcome God’s grace.”

 How did Julie’s parents live in this manner for their children

“Come on, go straight, absolutely straight to the good God like a little child with simplicity of heart.”  Julie, Letter 81.

Julie’s parents opened to her the paths of life and joy but her only Master was the Holy Spirit to whom she responded with the simplicity of a child.

“Unless you turn and become like children, you will never enter the kingdom of heaven.”  Matthew 18:3

  • Christian Family

“The home:  the place where the human being becomes oneself, it is there that Julie learned to love, to pray, to grow in the faith in confidence, in abandonment.” 

Christian Marriage

It is in Cuvilly, a little village in the north of France, in a home where “piety and virtue were hereditary” that Julie was born.  Her father, Jean François Billiart (from Cuvilly), married her mother Marie-Louise Antoinette Debraine (from Maignelay) in 1739.  A consistent approach that gives meaning to the baptism of their children.

2-MariageBilliart_DebraineMarriage certificate of Julie Billiart’s parents in 1739.  Click on the image to enlarge it.

Baptism – Eucharist – Confirmation

12-Citation-EN
Seventh child of the couple, Julie is baptized the day of her birth, July 12, 1751.

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Baptismal certificate of Julie Billiart.  Click on the image to enlarge it.

“You will receive my letter on the anniversary of my baptism.  How I ought to die of shame for having already spent so many years on earth and not yet having died of love for my God.”    Julie, Letter 55.

Julie’s parents had so well encouraged her in her faith that Father Dangicourt discovered a little girl of 8 already full of fervor and willing to share her love for God. Father Dangicourt granted Julie, at age 9, the rare permission of receiving her First Holy Communion. At 13, Julie received the sacrament of confirmation on June 4, 1764.  At 14, she consecrated herself to the Lord by means of a vow of perpetual chastity.

4-Confimation_julie_1764
Confirmation of Julie Billiart on June 4, 1764, in Cuvilly.  Click on the image to enlarge it.

5-CroixReliquaire
In order to reward Julie for her exemplary conduct, a knight gave her a reliquary cross.  When she left Cuvilly, Julie gave it to her parish church.  In 1882, Father Fournier, pastor of Cuvilly, sent it to the Mother House of the Sisters of Notre Dame in Namur.  The cross is today exposed in the Heritage Center at Namur. 

Discovery of God as a loving father

From her early childhood, she received a Christian education from her parents who cared for her in a loving manner until her departure from Cuvilly at age 40.  It is because of their treatment of her that there was formed in her “the image of God as a tender father and a loving mother.”

We must quite simply act like children who, on a very dark night, keep a tight hold on their father’s or mother’s hand and allow themselves to be led.” (Letter from Julie to Françoise, September 1, 1795)

Opening and initiation to prayer

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In several depositions made in preparation for Julie’s beatification and notably in Father Trouvelot’s testimonial, we can read that. “As a child, she often went to her room to pray with a recollection and fervor that deeply impressed her parents and others who chanced to observe it.”  Prayer penetrated Julie’s life and gave it meaning.  During her illness, she was able to spend several hours each day in prayer; she thus strengthened herself in her faith.

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Anonymous sketch of the former Billiart home (around 1791?)

History of the native home of Julie Billiart, click here.

Julie had a very tender devotion to the Blessed Virgin.

This is a tradition garnered by Father Fournier, former pastor of Cuvilly, that, before leaving the church, she would always kneel at Our Lady’s altar.

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Banner that Julie embroidered and that carries in its four corners horns of plenty, overflowing with flowers, and in the middle the monogram of Mary in tufted velvet yarn and sequins with this inscription:
Tota pulchra es, Maria, et macula non est in te. Tu gloria Jerusalem, tu laetitia Israel. (You are all beautiful, Mary, and the original stain is not in you.  You are the exaltation of Jerusalem, you are the joy of Israel.)  Today, this banner is exposed in the Heritage Center at Namur.

Like the other members of her family, Julie had a devotion to the Sacred Heart.

  • Two handwritten lists (enumerating the members of the Confraternity of the Sacred Heart of Jesus established in Cuvilly), done by the hand of Father Dangicourt, were found in a manual of prayers. The tenth name on the first list is that of Julie Billiart, followed further down are those of her sister Marie-Madeleine, her brother Louis-François, and of several people related to them.

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This list is reproduced in Father J. Claire’s, Life of Julie Billiart, Sands and Company: 1909.

  • In her legal deposition, made at Beauvais in 1882, Madam Victoire Berthelot (Julie Billiart’s great-niece) attests that the veneration of the Sacred Heart was transmitted like a heritage. “My mother told us:  I pray to the Sacred Heart, children.  Keep this devotion:  it is a family devotion.”

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Madam Victoire Neute-Berthelot
Undated photo (before 1843) taken in front of Julie’s room in Cuvilly.

Family Pilgrimage

As a child, Julie made a pilgrimage with her whole family to Montreuil-sous-Laon, where the icon of the Holy Face was located, in order to obtain a cure for her and her sister’s eyes. 

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The Holy Face, today in the Laon Cathedral.

  • Faith in action

Family that chooses life

The death of young children was common at the time and the Billiarts did not escape this trial.  Julie’s family chose life in spite of suffering and pain. Of the nine Billiart children, four died at an early age and two during adolescence. By the time of Julie’s birth, three children had already died.  Julie received the first name of her sister, Marie-Rose, deceased one year earlier.  Three other children in the Billiart family died:  Julie was five when her parents lost their newborn; then she was 13 when her sister of 22 years died; and, finally, at the age of 14, she lost her older brother who was 16.   From 1765, there were only three children in the home:  Julie (14), Marie-Madeleine (21) and her younger brother, Louis (11).  These difficult times of mourning certainly united the Billiart family, encouraging each one to go beyond oneself in order to strengthen the family bonds.

Children of the Billiart family

Louise Antoinette                                           1739-1741
Marie Louise Angélique                                1742-1764
Marie Rose                                                       1743-1750
Marie Madeleine Henriette                         1744-1819
Bonaventure                                                    1747-1750
Jean Baptiste                                                   1749-1765
Marie Rose Julie                                             1751-1816
Louis François                                                 1754-1832
Child who died the day of birth                  21/11/1750

Notice on Julie Billiart’s family, click here

Work ethic

14-MoissonJulie’s parents owned a little cloth and sewing notions business as well as a parcel of land to provide for their family.  In spite of reversals of fortune and village jealousies, Julie’s parents understood the meaning of work.  Julie inherited this. In 1767, Jean-François Billiart was forced to sell nearly all his land after thieves seized the goods in his business.  In order to help her parents, Julie made vestments and lace and worked hard in the fields with the field hands.  She also undertook frequent trips on foot or on horseback to sell the remainder of the merchandise left behind by the thieves, even going to Beauvais in order to negotiate a just price for a few pieces of cloth with an honest merchant.

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Scissors that belonged to Julie.

A family that viewed separation as one of life’s paths for their children

Even if she was not yet aware of it, at the age of 40, Julie left Cuvilly and her family to follow God’s plan.  Suffering and great difficulties took nothing away from her confidence in God.

“All will go well as I put all my hope in the Lord, all my trust in my God.  It is God’s work, not mine.”  (Julie, Letter 283)

Julie was not alone in suffering exile since she was able to count on family support by means of Felicity, the daughter of her sister, Marie-Madeleine.  Felicity was only 7 years old when her aunt, Julie, became paralyzed and she demonstrated great kindness towards Julie not hesitating to follow her when Julie had to flee Cuvilly.  How her presence must have alleviated Julie’s terrible trial!  Julie would never see her father again, since he died when she was in Compiègne, and she only briefly saw her mother for the last time when being moved from Compiègne to Amiens.

  • A family that practices its faith

Inspired by her parents, Julie put her faith into practice by focusing her attention on the poor and on welcoming all around her sick bed.

“She was able to make religion attractive at a time when many were beginning to abandon their faith.”    Roseanne Murphy

And we today in a different context: “how do we hear the call of Pope Francis?”

 

La famille

anglais

1-Citation-Pape

Le pape François dans Amoris Laetitia a appelé les familles à créer les conditions pour permettre aux enfants « d’accueillir la grâce de Dieu ».

Comment les parents de Julie Billiart ont-ils vécu cela pour leurs enfants ?

« Allons, allez bien au bon Dieu, tout bonnement, tout bonnement, comme un petit enfant, avec simplicité de cœur. » Julie, L. 81.

Les parents de Julie lui ont ouvert des chemins de vie et de joie mais son seul Maître est le Saint-Esprit auquel elle a répondu avec la simplicité de l’enfant.

« Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.» Matthieu 18:3

  • Famille chrétienne

« La maison : lieu où l’être humain devient lui-même, c’est là que Julie a appris à aimer, à prier, à grandir, dans la foi, la confiance, l’abandon. »

Mariage chrétien

C’est à Cuvilly, petit village du Nord de la France, dans un foyer où « la piété et la vertu étaient héréditaires » que Julie est née.  Son père, Jean François Billiart (de Cuvilly), épouse sa mère Marie-Louise Antoinette Debraine (de Maignelay) en 1739.  Une démarche cohérente qui donne sens au baptême de leurs enfants.

2-MariageBilliart_DebraineActe du mariage des parents de Julie Billiart en 1739.  Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Baptême – Eucharistie – Confirmation

12-CitationSeptième enfant du couple, Julie est baptisée le jour de sa naissance le 12 juillet 1751.

3-Bapteme_julieActe du baptême de Julie Billiart.  Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

« Vous recevrez ma lettre pour l’anniversaire de mon baptême.  Mon Dieu, combien je devrais mourir de honte d’avoir déjà passé tant d’années sur la terre et de n’être pas morte d’amour pour mon Dieu. »  Julie, L. 55.

Les parents de Julie l’avaient si bien encouragée dans sa foi de sorte que l’abbé Dangicourt découvrit une petite fille de 8 ans déjà pleine de ferveur et d’entrain à partager son amour pour Dieu.  A 9 ans, l’abbé Dangicourt accorde à Julie la permission très rare de recevoir la première communion.  A 13 ans, Julie reçoit le sacrement de confirmation le 4 juin 1764.   A 14 ans, elle se consacre au Seigneur par le vœu de chasteté perpétuelle.

4-Confimation_julie_1764Confirmation de Julie Billiart le 4 juin 1764 à Cuvilly.  Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

5-CroixReliquairePour récompenser Julie de sa conduite exemplaire, elle reçoit d’un chevalier une croix reliquaire.  Lorsqu’elle quitte Cuvilly, Julie la donne à son église natale.  En 1882, l’abbé Fournier, curé de Cuvilly, l’envoie à la Maison Mère des Sœurs de Notre-Dame à Namur. La croix est aujourd’hui exposée dans le Centre d’héritage à Namur

Découverte de Dieu comme un père aimant

Depuis sa tendre enfance, elle reçoit une éducation chrétienne par ses parents qui s’occuperont d’elle de façon bienveillante jusqu’à son départ de Cuvilly, à l’âge de 40 ans.  C’est à leur contact que s’est formée en elle « l’image de Dieu comme un tendre père et une mère aimante ».

« Tout simplement, il faut que nous fassions comme les enfants qui, dans une nuit bien profonde, tiennent la main de leur père ou de leur mère et se laissent conduire où on les mène. »  (Lettre de Julie à Françoise Blin, 1er sept. 1795)

Ouverture et initiation à la prière

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Dans plusieurs dépositions faites en vue de la béatification de Julie et notamment dans le témoignage de l’abbé Trouvelot, on peut lire que « enfant, Julie se retirait souvent dans sa petite chambre pour y prier et elle le faisait avec un recueillement qui édifiait ses parents et ceux qui en étaient témoins ».  La prière pénétrait la vie de Julie et lui donnait sens.  Durant sa maladie, elle pouvait passer  plusieurs heures par jour en prière ; elle se renforçait ainsi dans sa foi.

6-maison nataleJBDessin anonyme de la maison Billiart autrefois (vers 1791 ?)

Pour en savoir plus sur la maison natale de Julie Billiart, cliquez ici. 

Julie avait la plus tendre dévotion envers la Sainte Vierge.  C’est une tradition recueillie par Monsieur Fournier, ancien curé de Cuvilly, qu’avant de quitter l’église, elle allait toujours s’agenouiller devant l’autel de Notre-Dame.

7-banniere_JulieBannière que Julie a brodée qui porte aux quatre coins des cornes d’abondance, versant des fleurs, et au milieu le monogramme de Marie en chenille et en paillettes dorées avec cette inscription : Tota pulchra es, Maria, et macula non est in te. Tu gloria Jerusalem, tu laetitia Israel.  Cette bannière est aujourd’hui exposée dans le Centre d’héritage à Namur

Comme les autres membres de sa famille, Julie avait une dévotion au Sacré-Cœur.

  • Deux listes manuscrites (énumérant les membres de la confrérie du Sacré-Cœur de Jésus établie à Cuvilly), de la main de l’abbé Dangicourt ont été retrouvées dans un manuel de prières. Le dixième nom de la première liste est celui de Julie Billiart, suivi un peu plus bas de ceux de sa sœur Marie-Madeleine, de son frère Louis-François et de plusieurs personnes de leur parenté.

8-Liste_SacreCoeurCette liste est reproduite dans Father J. Clare, The life of Julie Billiart, Sands and Company, 1909

  • Dans sa déposition juridique faite à Beauvais en 1882, Madame Victoire Berthelot (petite-nièce de Julie Billiart) atteste que le culte du Sacré-Cœur se transmettait comme un héritage: « Ma Mère nous disait : Je prie le Sacré-Cœur, mes enfants.  Conservez cette dévotion : c’est une dévotion de famille. ».

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Madame Victoire Neute-Berthelot. Photo sans date (avant 1895) prise devant la chambre de Julie à Cuvilly.

Pèlerinage familial

Enfant, Julie fait un pèlerinage avec toute sa famille à Montreuil-sous-Laon où se trouvait alors l’icône de la Sainte Face, pour obtenir la guérison de ses yeux malades.

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Sainte Face, aujourd’hui à la cathédrale de Laon

  • Foi dans l’action

Famille qui fait le choix de la vie

La mort des enfants en bas âge était chose courante à l’époque et les Billiart n’échappent pas cette épreuve.  La famille de Julie fait le choix de la vie malgré la souffrance et les douleurs.

Des neuf enfants Billiart, quatre meurent en bas âge et deux à l’adolescence.

A la naissance de Julie, trois enfants sont déjà morts.  Julie reçoit le prénom de sa sœur Marie-Rose décédée un an plus tôt.  Trois autres enfants de la famille Billiart décèdent : Julie a 8 ans quand ses parents perdent leur nouveau-né ; puis 13 ans, quand sa sœur de 22 ans meurt ; et enfin 14 ans, quand elle perd son frère aîné qui avait 16 ans.  A partir de 1765, ils ne sont plus que trois enfants dans la maison: Julie (14 ans), Marie-Madeleine (21 ans) et son petit frère, Louis (11 ans).

Ces épreuves de deuil ont certainement soudé la famille Billiart, encourageant chacun à se dépasser pour se serrer les coudes.

Enfants de la famille Billiart

Louise Antoinette                                          1739-1741
Marie Louise Angélique                               1742-1764
Marie Rose                                                      1743-1750
Marie Madeleine Henriette                         1744-1819
Bonaventure                                                   1747-1750
Jean Baptiste                                                   1749-1765
Marie Rose Julie                                             1751-1816
Louis François                                                1754-1832
Enfant décédé le jour de sa naissance       21/11/1759


Le sens du labeur
Pour en savoir plus sur la famille de Julie Billiart, cliquez ici

14-Moisson

Les parents de Julie possèdent un petit commerce de tissus et d’articles de mercerie ainsi qu’une parcelle de terre pour faire vivre leur famille.  Malgré les revers de fortune et les jalousies dans le village, les parents de Julie ont le sens du labeur.  Julie en hérite.

En 1767, Jean-François Billiart est contraint de vendre presque tout son terrain, après que des voleurs s’emparent de biens de son commerce. Pour aider ses parents, Julie confectionne du linge d’église et de la dentelle et travaille avec beaucoup d’ardeur dans les champs avec les ouvriers de la terre.  Elle entreprend aussi de fréquents voyages à pied ou à cheval pour vendre le peu de marchandises dédaigné par les voleurs, allant même jusqu’à Beauvais pour négocier à sa juste valeur quelques pièces de rouennerie à un honnête commerçant.

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Ciseaux ayant appartenu à Julie.

Une famille qui vit la séparation comme un chemin de vie pour leurs enfants

Même si elle n’en a pas encore conscience, à l’âge de 40 ans, Julie quitte Cuvilly et sa famille pour suivre le projet de Dieu.  La souffrance et les grandes difficultés n’enlèvent rien au fait de sa confiance en Dieu.

« Tout ira bien, parce que je mets toute mon espérance dans le Seigneur, toute ma confiance en mon Dieu : c’est son œuvre, non pas la mienne. » (Julie, L. 283)

Julie n’était pas seule dans la douleur de l’exil, elle a pu compter sur le soutien de sa famille à travers Félicité, la fille de sa sœur Marie-Madeleine.  Félicité n’avait que 7 ans quand sa tante Julie fut paralysée et fit preuve d’une grande bonté envers Julie, n’hésitant pas à la suivre lorsque Julie dût fuir Cuvilly.  Comme sa présence a dû adoucir cette terrible épreuve pour Julie !  Julie ne reverra plus son père, décédé alors qu’elle était à Compiègne, et aperçut une dernière fois sa mère quand elle fut transportée de Compiègne à Amiens.

  • Une famille qui met sa foi en œuvre

Inspirée par ses parents, Julie met sa foi en œuvre en mettant son attention sur les pauvres et l’accueil de tous autour de son lit de malade.

« Elle était capable de rendre la religion attirante à une époque où un grand nombre commençaient à abandonner la foi » Roseanne Murphy

Et nous aujourd’hui dans un contexte différent : « comment entendons-nous l’appel du pape François ? ».

FEBRUARY 2019 – THE GOODNESS OF GOD

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French

Discovering the Goodness of God through the benevolent persons who surrounded Julie in Cuvilly

The point of departure for Julie, as that of all the saints, is faith; with her, faith in a Good God, a God who is Father and whose compassionate love enfolds, sustains and carries her, whatever the circumstances of life. She believes in this wise, generous and personal love throughout her life, whether in the poverty endured by her family, in illness or in the life-threatening dangers of the Revolution.

For this theme of the month of February, we are going to discover how Julie experienced the goodness of God during her youth in Cuvilly, a little village in the north of France where Julie was born and lived for the first 40 years of her life.

SECTION 1: THREE NARRATIVES ABOUT JULIE AND HER LIFE IN CUVILLY:

1 a. Testimony of Father Trouvelot, January 20, 1820
2 b. The notes of Father Sellier, June 18, 1852
3 c. The Memoirs of Mother St. Joseph

In the Archives of the Congregation we do not have direct testimonials from anyone who knew Julie during her early years in Cuvilly. It is through the viewpoint of THREE PEOPLE who knew Julie well that we are going to discover how Julie experienced God’s goodness during her youth.

1 a.The Testimony of Father Trouvelot, pastor of Ressons

  January 20, 1820
It is he who teaches us the most about the Julie’s youth because he went to Cuvilly shortly after Julie’s death in order to collect testimonials from her contemporaries. Here is the information that I have been able to gather about the early years of Julie Billiart, he wrote. I am all the more certain about what I write since I knew her very well and heard from her own lips most of what her brother has just told me. He is referring to the younger brother of Julie, Louis Billiart (1754-1832)

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2 b. The notes of Father Sellier who met Julie in 1795 but only had a relationship with her from 1810-1811

 June 18, 1852
Father Sellier gives us details concerning Father Dangicourt who will play a considerable role with respect to Julie.

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3 c. The Memoirs of Mother St. Joseph who met Julie in 1794

Between 1818 and 1838
The Memoirs of Mother St. Joseph contribute some details

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We will add some details provided by Sister Theresa of the Passion (Elisabeth Lomax) in 1881 and through Father Clair,  who wrote a biography of Julie, written in 1895 (this latter had access to many documents, today disappeared due to the bombings of 1940).

PereCH.CLAIR


SECTION 2:  PEOPLE WHO ENCOURAGED JULIE IN HER FAITH IN A GOOD GOD

Why would one already hear of Julie spoken about in Cuvilly as “the saint who smiled”? Wouldn’t it be that the populace intuitively perceived in her this smile of God’s goodness imprinted on her face?

Julie, as soon as she attained awareness, always made this choice of life proposed to each one at the beginning of the Bible: Deut. 30:19 “I set before you life and death, blessing and curse; therefore choose life, that you and your descendants may live.”

 It is thus that, step by step she advanced in life surrounded by those who confirmed her in her identity as “a well-loved daughter of the Father.”

Interactive map with people who encouraged Julie in her faith.
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SECTION 3: BENEVOLENT PERSONS ON WHOM JULIE SPREAD GOD’S GOODNESS 

While touching on this goodness that was revealed to her by God Himself: in prayer, the Eucharist, the benevolent people who surrounded her, Julie did not keep for herself this inestimable treasure and she, naturally, stimulated this awareness in others with whom she was acquainted!

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In his letter of 1820, Father Trouvelot describes an active and sociable child. From the age of seven, after school, “Julie read good books and taught the catechism to the other children.” According to the declarations of the villagers and as collected by Father Trouvelot, “people never saw Julie in places of public amusement. Prayer, reading good books and teaching other children, directing them away from the occasion of sin, this was her recreation.” Julie “by nature was very quick-tempered, but she learned, with God’s grace, to moderate her natural vivacity so well that even in childhood she let no one suffer from it.”

Father Trouvelot learned from her brother that if she felt she had been too quick with her younger brother, she punished herself for it immediately, and she knew so well how to make up for these small failings that she was the only one who complained about them.” “While she was still a child and in her father’s house,” relates Mother St. Joseph, “she began instructing the poor children in the truths of religion. There was one who was a beggar; the lessons she gave helped him to find the means to earn his livelihood. I saw a letter he wrote her more than thirty years later, well composed, expressing his faith and gratitude; he said that after God she had been the principal cause of the happiness in his life.”

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After her Communion, Julie began “to assist her parents by working in the fields: and visiting the Blessed Sacrament in the afternoon or evening.” During the permitted break in the middle of the day, she assembled the harvesters, men and women, speaking to them of the Good God and having them sing hymns.”

After the theft of her parents’ shop, “Julie, 15 years of age, redoubled her efforts to help the family, securing work in the fields at a harvester, where none of the field-hands could surpass her. Meantime she neglected none of her spiritual duties; each week she went to confession and communion with a devotion and recollection that revealed how deeply she was aware of the greatness of the act she was performing. She seemed to draw from the Eucharist the strength, even physical, that she needed to sustain the great fatigues she bore to relieve the distress of her parents.”

Father Trouvelot also recounts how, one day, Julie “placing her trust in God,” made a bundle of goods and “set out for Beauvais, a city where she knew no one. Arriving at the city, she entered the first shop she found open and offered her fabrics for sale…. For six years, she continued her labor in the fields.”

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When she was 21 or 22, Julie fell ill, “the local physician was called in, and she became the victim of his ignorance; immediately he bled her feet.” She remained “weak and infirm, and for years was unable to walk, until cured.” Her illness could have isolated her but her expansive personality and her enthusiasm inspired people to visit her. “Ill and deprived of the use of her legs, she still found good to do. Noble women, who helped her with her temporal necessities, came to seek her assistance in their spiritual needs, on the advice of their pastor. She continued to teach catechism to the children and villagers who happily gathered at her bedside.”

Interactive map with the noble ladies who helped Julie.
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SECTION 4: THE GOODNESS OF GOD IN ALL THE CIRCUMSTANCES OF HER LIFE

In contrast to the rigid views of Jansenism, a movement that predominated within the French Christian Churches of her time, Julie always described God as a Good God. “This is the solid truth,” she said, “the Good God only asks of us to do the good that we can with His grace.”

Julie suffered more and more but, as St. Paul says,” It is when I am weak that I am strong” and her deep conviction of the God’s goodness was immutable in all the circumstances of her life.

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During her illness:
Formerly a young woman active in Cuvilly, traveling, doing business, comforting the sick, leading the parish, Julie, now on a sickbed, waited; she grew strong in her faith spending several hours each day in prayer. According to Father Sellier, Julie profited “so well from the lessons of her holy director, Father Dangicourt, that she became in just a few years a model of edification and the long series of tests and infirmities contributed greatly to her advancement in the way of holiness by means of the virtues that this state of suffering gave her the opportunity to practice.” In her Memoirs, Mother St. Joseph speaks of Julie crosses, of her bed of suffering: “Living faith was the source of her patience while long and intimate prayer made her illness bearable, strengthened her love, and prepared her for what Providence had in store for her.”

As a postscript to his letter, Father Trouvelot reports “what some people were telling him yesterday.” “That during the time of her infirmity she used to have them come to her room for instruction, and that she went on with her lessons in spite of her suffering. They said that she taught them to love goodness and virtue, which she made attractive, especially through her own patience and kindness and the zeal she displayed in instructing them.”

In spite of the danger of the Revolution:
Julie opened the way of total confidence in God to the inhabitants of Cuvilly, disoriented by new ideas and the troubles associated with the Revolution, a confidence that reassured and guided them. “Such was the esteem that the villagers had for the poor invalid that when they were deprived of their legitimate pastor, they consulted Julie in order to know if they should obey their constitutional priest. Strong in her faith, she prevented all in the village from floundering into schism, though it earned for her the persecution of revolutionary partisans.”

Father Trouvelot says in his 1820 letter: “Julie carried on her work of teaching, especially continuing the religious education of children and others uninstructed in the truths of faith. She had the happiness of preventing many people from falling into schism.”

 

février 2019: La Bonté de Dieu

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anglais

Découverte de la bonté de Dieu à travers les PERSONNES BIENVEILLANTES qui ont entouré Julie Billiart à Cuvilly

Le point de départ de Julie, comme celui de tous les saints, est la foi ; chez elle, la foi en un Dieu bon, un Dieu Père dont l’amour compatissant l’entoure, la soutient et la porte, quelles que soient les circonstances de la vie. Elle croit en cet amour intelligent, généreux et personnel tout au long de sa vie, que ce soit dans la pauvreté familiale, dans la maladie ou dans le danger mortel de la Révolution.

Pour ce thème du mois de février, nous allons découvrir comment Julie a expérimenté la bonté de Dieu durant sa jeunesse à Cuvilly, petit village dans le Nord de la France où Julie est née et a vécu les 40 premières années de sa vie.



SECTION 1: 3 RÉCITS SUR JULIE ET SA VIE À CUVILLY

a. Le témoignage de MONSIEUR TROUVELOT, curé de Ressons, 20 janvier, 1820
b. Les notes du PÈRE SELLIER,18 juin, 1852
c.  Les Mémoires de MERE SAINT-JOSEPH

Dans les Archives de la Congrégation, nous n’avons pas de témoignages directs d’une personne ayant connu Julie durant sa jeunesse à Cuvilly. C’est à travers le regard de TROIS personnes qui ont bien connu Julie que nous allons découvrir comment Julie a expérimenté la bonté de Dieu durant sa jeunesse.

1 a: Le témoignage de MONSIEUR TROUVELOT, curé de Ressons, 20 janvier 1820   C’est lui qui nous en apprend le plus sur la jeunesse de Julie car il s’est rendu à Cuvilly peu de temps après la mort de Julie pour recueillir les témoignages des contemporains.  «Voilà les renseignements que j’ai pu avoir sur la jeunesse de Julie Billiart, » écrit-il. «Je suis d’autant plus sûr de ce que j’avance, qu’ayant eu l’avantage de connaître particulièrement cette sainte fille, j’ai su d’elle-même la plupart des choses que son frère m’a répétées. » Il s’agit du jeune frère de Julie, Louis Billiart (1754-1832).

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1 b: Les notes du PÈRE SELLIER, 18 juin 1852
qui a rencontré Julie en 1795 mais n’eut des rapports avec elle qu’en 1810 ou 1811

Le Père Sellier nous donne des précisions sur l’abbé Dangicourt qui jouera un rôle considérable auprès de Julie.

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1 c: Les Mémoires de MÈRE SAINT-JOSEPH qui a rencontré Julie en 1794

Entre 1818 et 1838

Les mémoires de Mère Saint-Joseph apportent quelques précisions.

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Nous ajouterons quelques détails donnés par SOEUR THÉRÈSE DE LA PASSION (Elisabeth Lomax) en 1881 et par le PÈRE CLAIR,  qui a écrit une biographie de Julie, écrite en 1895 (celui-ci a eu accès à de nombreux documents, aujourd’hui disparus à cause du bombardement de 1940).

PereCH.CLAIR



SECTION 2:  PERSONNES QUI ONT ENCOURAGÉ JULIE DANS SA FOI D’UN DIEU BON

Pourquoi entendait-on déjà à Cuvilly parler de Julie comme « la sainte qui sourit.» N’est-ce pas qu’intuitivement la population percevait en elle ce sourire de bonté de Dieu imprimé sur son visage.

Julie, aussitôt qu’elle en eut conscience a toujours fait ce choix de vie proposé à chacun dès le début de la Bible: Deut.30 19 « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives toi et ta descendance après toi. »

Et c’est ainsi que, pas à pas elle avança dans la vie entourée de personnes qui la confirmèrent dans son identité de « fille bien-aimée du Père. »

Carte interactive avec les personnes qui ont encouragé Julie dans sa foi.
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SECTION 3:  PERSONNES BIENVEILLANTES SUR QUI JULIE A RÉPANDU LA BONTÉ DE DIEU

Tout en touchant à cette bonté qui lui était révélée par Dieu Lui-même : dans la prière, l’Eucharistie, les personnes bienveillantes qui l’entouraient, Julie ne put garder pour elle ce trésor inestimable de vie et elle l’éveilla naturellement en celles et ceux qu’elle côtoyait !

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Dans sa lettre de 1820, Monsieur Trouvelot nous décrit une jeune fille sociable et active: dès l’âge de sept ans, après l’école, « Julie lisait des livres de piété et apprenait le catéchisme aux autres enfants. » D’après les déclarations des villageois recueillis par Monsieur Trouvelot, « Jamais on ne vit Julie dans les assemblées de jeux ni de divertissements. La prière, la lecture de bons livres, instruire les autres enfants, les détourner des occasions du péché : c’étaient là toutes ses récréations. » Julie « était d’un naturel très vif mais aidée de la grâce, elle sut si bien modérer sa vivacité que, même dans son enfance, personne n’en souffrit. » Monsieur Trouvelot tenait du frère de Julie que même quand elle parvenait à froisser son cadet, « elle s’en punissait sur le champ et savait si bien réparer ses torts, qu’elle était la seule qui s’en plaignit. »

« Encore jeune dans la maison paternelle, rapporte Mère Saint-Joseph, elle instruisait les enfants d’une pauvre famille et beaucoup d’autres personnes. De ce nombre était un petit mendiant auquel elle donna de si bonnes leçons qu’elle lui ôta la première grossièreté et le mit en état d’occuper une petite place. Après celle-ci il en eut une autre, et, de place en place, il s’établit et parvint à une honnête fortune. J’ai vu avec attendrissement une lettre très bien écrite, pleine de sentiments de religion et de reconnaissance, qu’il écrivit à notre chère mère trente ans plus tard pour la remercier, la regardant, après Dieu, comme la principale cause de son bonheur. »

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Après sa communion, Julie commença « à s’occuper du travail de la campagne pour aider ses père et mère » et « visitait le Saint-Sacrement dans l’après-midi ou le soir ». « A l’heure du délassement permise au milieu de la journée, elle assemblait les moissonneurs, hommes et femmes, leur parlait du bon Dieu et leur faisait chanter des cantiques. »

Après le vol commis dans la boutique de ses parents , « Julie, âgée de 15 ou 16 ans, se mit à travailler avec un courage que rien ne rebutait ; elle faisait la moisson et il n’y avait pas d’ouvrier qu’elle ne surpassait. »  « Jamais cependant ses devoirs de chrétienne n’en étaient négligés ; elle se confessait et communiait tous les huit jours et faisait toujours avec une piété et un recueillement qui montraient combien elle sentait l’importance de ces actions. Elle tirait du sacrement de l’Eucharistie, les forces dont elle avait besoin pour supporter les fatigues. »

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Le Père Trouvelot nous raconte aussi commenté t, un jour, Julie « se confiant à Dieu » prit  « la route de Beauvais où elle n’avait jamais été pour vendre au premier marchand dont elle vit la boutique la marchandise de ses parents qui manquaient d’argent. »  « Elle continua pendant six ans, à travailler et à faire la moisson. »

A l’âge de 21 ou 22 ans, Julie tomba malade, « victime de l’ignorance de ce misérable chirurgien de Cuvilly qui la saigna au pied. »  Elle en resta « infirme et dans l’impuissance de se servir de ses jambes jusqu’à ce qu’elle en fût guérie. » La maladie aurait pu l’isoler mais sa personnalité expansive et son enthousiasme incitaient les personnes à lui rendre visite.

« Infirme et privée de l’usage de ses jambes, elle trouvait encore du bien à faire. Les nobles dames qui la secouraient dans ses nécessités temporelles y venaient chercher , du gré de leur pasteur, son secours dans leurs nécessités spirituelles. Elle faisait encore le catéchisme à des enfants et les villageois qui s’assemblaient volontiers autour de son lit. »

Carte interactive avec les dames nobles qui vinrent en aide à Julie
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SECTION 4:  BONTÉ DE DIEU TOUTES LES CIRCONSTANCES DE SA VIE

A l’opposé des vues rigides du Jansénisme qui prédominaient au sein des élites du peuple chrétien français à son époque, Julie décrit toujours Dieu comme un Dieu de bonté.

“Voilà la solide vérité”, disait-elle, “le bon Dieu nous demande de faire seulement le bien qu’il nous est possible de faire, avec sa grâce.”

Julie souffrait de plus en plus mais comme le dit St Paul “c’est lorsque je suis faible que je suis fort” et sa conviction intime en la Bonté de Dieu était inaltérable dans toutes les circonstances de la vie

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• Durant sa maladie :
Autrefois jeune fille active de Cuvilly, voyageant, commerçant, réconfortant les malades, prenant la tête de la paroisse, Julie, maintenant sur un lit de malade, attendait ; elle se renforçait dans sa foi passant plusieurs heures par jour en prières. D’après le Père Sellier, Julie profita «si bien des leçons de son saint directeur, l’abbé Dangicourt, qu’elle devint en peu d’années un modèle d’édification que la longue série d’épreuves et l’infimité ne contribuèrent pas peu à son avancement dans la voie de la sainteté par les vertus que cet état de souffrances lui donna occasion de pratiquer.» Dans ses Mémoires, Mère Saint-Joseph parle des croix de Julie, de son lit de douleur : «une foi vive pouvait seule soutenir sa patience et des entretiens longs et intimes avec Dieu, dans l’oraison, adoucissaient ses maux, fortifiaient son amour et la disposaient aux desseins de la Providence».

En Post Scriptum à sa lettre, Monsieur Trouvelot rapportent les dires des personnes « qui lui ont parlé hier », : «quand elle était infirme, elle les faisait venir dans sa chambre, qu’elle les instruisait malgré ses douleurs et leur faisait aimer la vertu tant elle la leur peignait avec des couleurs aimables, et surtout par sa patience, sa bonté et le zèle qu’elle mettait à les instruire.»

• Malgré le danger de la Révolution :
Julie ouvrait des chemins de totale confiance en Dieu aux habitants de Cuvilly, déboussolés par les idées nouvelles et les troubles liés à la révolution, ce qui les rassuraient et les guidaient. «Et telle fut l’estime que les villageois avaient conçue pour la pauvre infirme que lorsqu’ils se virent privés de leur pasteur légitime, ils consultèrent Julie pour savoir s’ils devaient obéir au prêtre constitutionnel. Forte dans sa foi, elle empêcha tout ce peuple de sombrer dans le schisme, ce qui lui a valu la persécution des partisans de la révolution.»

Monsieur Trouvelot le dit dans sa lettre en 1820 : «Julie s’occupait de l’instruction de la jeunesse, surtout d’apprendre le catéchisme aux enfants et aux ignorants. Elle eut le bonheur de préserver du schisme beaucoup de personnes qu’elle instruisait quand elles venaient la voir.»