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la persécution contre l’eglise – les carmélites de compiègne guillotinées

anglais

SAINTE JULIE BILLIART ET LA PERSÉCUTION CONTRE L’EGLISE AU MOMENT DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

A Cuvilly, Julie devient un tel exemple de confiance et de fermeté dans la foi que les forces révolutionnaires voient en elle une menace.  En 1791, persécutée à cause de sa prise de position vis-à-vis des “prêtres constitutionnels” (ceux qui ont prêté serment de fidélité à la nation), Julie est contrainte de fuir son village natal et de se cacher d’abord à Gournay-sur-Aronde, à Compiègne et plus tard à Amiens.

Julie est à Compiègne au moment de l’apogée de la politique de déchristianisation (septembre 1793-septembre 1794).  La déchristianisation, pendant la Révolution française, a pour but de supprimer le christianisme de la vie quotidienne en France : prêtres déportés ou assassinés, religieux contraints à abjurer leurs vœux, églises fermées ou transformées en temples de la raison ou de la liberté (comme à Compiègne), croix et images pieuses détruites, fêtes religieuses interdites, agendas supprimés, et interdiction du culte public et privé.

Pour faire face aux nombreux contre-révolutionnaires et monarchistes français, Robespierre met en place des mesures exceptionnelles qui seront appelées plus tard la « Terreur ».  La plus connue est la terrible loi des suspects qui impose de recenser tous ceux qui desservent la cause de la Révolution.  Près de 20 000 personnes, suspectées de sympathie pour la contre-révolution, sont exécutées.  C’est dans ce contexte que seize carmélites de Compiègne sont guillotinées en juillet 1794.

Relations entre Julie et les carmélites de Compiègne

1. Julie vivant à CUVILLY est en contact avec les carmélites de Compiègne

Jeune fille à Cuvilly, Julie connait les carmélites de Compiègne chez qui elle se rend pour leur procurer du linge et des broderies.  Analysons les archives générales de la congrégation à Namur…

Les deux biographies anciennes de Julie écrites par le Père Charles Clair en français (1895) et par Father James Clare en anglais (1909) mentionnent les visites de Julie aux carmélites de Compiègne. 

Le Père Charles Clair se base sur les « souvenirs de ses premières compagnes dont nous gardons les copies dans les archives de Namur:

–  Le 7 octobre 1881, Sr Marie Victoire Carez écrit : « […]  Au plus fort de la Révolution, elle [Julie ] se réfugia à Compiègne ; elle y était regardée comme une sainte.  Elle eut des rapports avec les saintes carmélites, qui moururent sur l’échafaud. […] »

–  Dans sa déposition du 25 janvier 1883 à Chimay, Sr Marie Claudine (dans le monde Julie Godefroit) note : « Elle [Julie] eut des rapports avec les saintes carmélites, qui moururent sur l’échafaud. » 

Quant à Father James Clare, il trouve l’information dans les annales de la congrégation écrite en 1844 par sœur Stéphanie Warnier: « Vers l’âge de 18 ans […].  Elle [Julie] visitait à cette époque les carmélites de Compiègne qui infusèrent en quelque sorte l’amour de Dieu et le zèle du salut des âmes dans son cœur. »

Père Charles Clair et Father James Clare ajoutent des détails intéressants qu’on ne trouve pas dans les sources manuscrites :

–  les raisons des visites de Julie aux religieuses de Compiègne : « ce fut à propos des vêtements sacrés qu’elle avait à broder qu’elle entra en rapport avec les carmélites de cette ville » (Père Clair)

–  le talent de la jeune fille.  « Her skill in church embroidery, to which we have already alluded, took her from time to time to the Carmelite Convent of Compiegne, renowned at that time through all the countryside for tis strict observance and the holy lives of its inmates.  Thus she formed an intimacy with that band of noble women who, a few years later, were one and all to win the martyr’s palm; and the annals of her life note that their saintly conversation fanned to yet brighter flame her ardour in the service of God.  Surely it was not a mere chance, but rather God’s eternal seal upon that friendship, that eight days after the hand of Pius X had placed the coronet of the Blessed on the brows of the Virgin of Cuvilly, it was lifted again to set it on those of the martyrs of Compiègne. » (Father James Clare, pg 20-21)

Voici une autre preuve de la relation entre Julie et les carmélites de Compiègne.

L’abbé A. Odon (curé de Tilloloy) écrit vers 1887 :

« Quand les circonstances le permettaient, c’était pour elle une douce récréation, les dimanches et les jours de fêtes, d’aller visiter les carmélites de Compiègne.  Comme Julie était heureuse de s’entretenir à cœur ouvert, à travers leurs grilles bénies, avec les pieuses filles de Sainte Thérèse ! Quelle joie pour son âme de s’épancher dans ces âmes séraphiques, bien faites pour la comprendre !  Pouvait-elle puiser à meilleure source le désir de la perfection, l’attrait pour la vie religieuse, et cette foi robuste, ce vaillant amour pour Notre-Seigneur, cette ardeur généreuse, cet ardeur […] qui devaient être le caractère distinctif de sa sainteté et marquer d’une empreinte profonde l’œuvre qu’elle était appelée à fonder ? »

2. Julie, réfugiée à COMPIÈGNE, a des liens avec les carmélites par l’intermédiaire de sa nièce et de l’abbé de Lamarche.

Julie est en relation avec les carmélites par sa nièce Félicité qui l’avait accompagnée sur le chemin de l’exil.  On le sait grâce à une lettre écrite par Mère Henriette de Croissy.  Ce billet de la carmélite, écrit entre 1792 et 1794, non signé et non daté, mais reconnu authentique, est intéressant et livre quelques détails sur la vie de Julie : la chambre qu’elle occupera bientôt lui permettra d’accueillir de la visite.  Il nous apprend que Félicité lave le linge des carmélites (ou que les linges de Julie et de Félicité sont lavés chez les carmélites).  Un nom est évoqué par Mère Henriette de Croissy : il s’agit d’une certaine Madame Gabriel chez qui Julie sera transportée.  Elle souffre alors de maux de dents assez violents.

« […]  Félicité vient de venir pour chercher le linge qu’elle croyait ici mais elle n’a pas pu prendre le temps d’aller chez vous, il fallait qu’elle allât chez l’apothicaire.  Julie a bien mal aux dents et c’est demain qu’on la transporte chez Mad. Gabriel, elle n’aurait pu garder le ( ?) estropié sans souffrir de sa grande sensibilité.  Le chirurgien juge qu’il va avoir une fièvre putride, dans sa nouvelle demeure elle pourra être visitée mais elle ne pourra garder personne.  Cet heureux embarras n’est pas fréquent… […] Félicité verra avec plaisir que vous lui envoyez le linge par Thérèse, si cela se peut.

Lettre (entre 1792-1794) de Mère Henriette de Croissy, Carmélite guillotinée à Paris en 1794. Arch. dép. Q, FF1 n°50.  Cliquez pour agrandir l’image.

Julie est également en lien avec les carmélites par l’intermédiaire de l’abbé de Lamarche, prêtre de Compiègne.  Il fait la connaissance de Julie en 1793 alors «qu’il rendait des services de religion» à des personnes pieuses et notamment aux carmélites.  C’est lui qui, déguisé en ouvrier, bénira chacune des carmélites allant à la mort.  Le témoignage laissé par l’abbé de Lamarche exprime son admiration pour la foi et la force d’âme de Julie malgré sa paralysie et les menaces liées à la « Terreur » :

« Ce 2 février 1820.  Ce n’est qu’en 1793 que j’ai commencé à connaitre la Mère Julie.  Elle avait quitté son village de Cuvilly.  On l’avait transportée à la ville de Compiègne comme étant un lieu plus sûr, à cause des troubles dont la France était alors agitée.

J’allais alors rendre des services de religion aux âmes vertueuses qui y demeuraient, spécialement aux carmélites.  La Mère Julie vivait retirée dans une chambre, avec une de ses nièces qui la servait.  J’allais la visiter, elle ne parlait pas, ou plutôt elle ne parlait que par signes.  Pour la confesser, il fallait qu’elle fût avertie au moins une heure d’avance.

Elle s’y préparait avec une ferveur extrême et obtenait, comme elle me l’avoua elle-même, la grâce de s’expliquer clairement.  Ce n’était qu’après avoir reçu les Sacrements qu’elle reprenait son silence.  Il m’a paru que ce n’était pas par effort naturel qu’elle s’expliquait en confession mais qu’elle obtenait cette faveur par l’effet d’une foi vive.  Je l’ai suivie, par intervalles, environ une année ; j’admirais de plus en plus les progrès qu’elle faisait dans la piété.  Elle s’offrait continuellement comme victime à Dieu pour apaiser sa colère.  Sa résignation était parfaite ; toujours calme, toujours unie à Dieu, son oraison était presque continuelle. […] »

Témoignage de Monsieur de Lamarche, prêtre, 2 février 1820.

C’est par le Père de Lamarche que Julie a dû apprendre que les carmélites de Compiègne s’offraient en holocauste pour apaiser la colère de Dieu, pour que la paix soit rendue à l’Eglise et à l’Etat.

Quand les carmélites sont guillotinées à Paris en 1794, Julie est à Compiègne depuis 2 ans.  La nouvelle de leur mort fut sans doute très douloureuse pour Julie.  Comme le dit sr Roseanne Murphy (SNDdeN), « leur mort héroïque fit une profonde impression sur Julie ; elle y fit souvent référence des années après.  Elle souffrit de la perte de ses amies car elles avaient été pour elle un soutien de prières depuis qu’elle était enfant. »

Le martyr des carmélites de Compiègne

Les seize carmélites de Compiègne.

Dans le contexte de déchristianisation, le 14 septembre 1792, les carmélites sont expulsées de leur couvent par les autorités civiles. Elles vivent alors leur vocation dans différentes maisons de Compiègne, où elles sont réparties en quatre groupes. Elles prononcent chaque jour un « vœu de consécration totale à la Volonté Divine » — fût-ce au prix de leur vie — pour obtenir la fin des massacres de la Terreur et la paix pour l’Eglise et l’Etat.

Plaque commémorative apposée sur l’une des trois maisons où les carmélites se sont réfugiées à Compiègne.
Eglise Saint-Antoine à Compiègne où l’abbé Jean-Baptiste Courouble (ou Caroube) célèbre la messe – avec l’autorisation du curé constitutionnel Thibaux – pour les carmélites expulsées de leur couvent, et qui résident dans des maisons proches de cette église.

Elles sont arrêtées les 22-23 juin 1794 et incarcérées à l’ancien couvent de la Visitation, transformé en prison. La Terreur est alors au plus fort et touche notamment les ordres religieux. Ainsi à Arras, le 26 juin, quatre religieuses des Filles de la Charité sont exécutées et en juillet, 32 religieuses, Ursulines, sacramentaires et bernardines, ainsi que 30 prêtres, sont guillotinés.

Le 12 juillet 1794, les seize carmélites sont transférées de Compiègne à Paris, où elles sont jugées le 17 juillet sous l’accusation de « machiner contre la Révolution ». L’acte d’accusation est rédigé par Fouquier-Tinville. Elles sont condamnées à mort et exécutées le jour même comme « fanatiques et séditieuses ».

Le 17 juillet, en marchant vers leur martyre, elles prient et chantent le Miserere, le Salve Regina et le Te Deum.  Au pied de l’échafaud, elles entonnent le Veni Creator et renouvellent les promesses de leur baptême et leurs vœux religieux.  Sœur Constance de Jésus (Meunier), novice, est appelée la première.  Elle demande à la Mère prieure (Thérèse de Saint-Augustin Lidoine) sa bénédiction et la permission de mourir.  Elle gravit ensuite les marches de l’échafaud en chantant le Laudate Dominum omnes gentes.  La même scène se produit pour les autres sœurs.  La prieure est immolée la dernière.  Elles sont ensuite inhumées dans une fosse commune au cimetière de Picpus.  Le 27 mai 1906, elles sont béatifiées par le pape Pie X.

« Quel bonheur de mourir pour son Dieu ! » s’était écriée l’une d’elles.  « Soyons les dernières à mourir. » En effet, dix jours après ce sacrifice cessait la tourmente qui, pendant deux ans, avait répandu sur le sol de France le sang des fils de France » (Décret de Béatification)

Les carmélites de Compiègne furent béatifiées deux semaines après que Julie eut reçu cet honneur le 13 mai 1906.

Comme les carmélites de Compiègne, Julie, humblement, participe au mystère d’amour d’un Dieu blessé par la souffrance du monde.  Malgré le danger des troubles liés à la Révolution française, sa conviction intime en la Bonté de Dieu est inaltérable.  Entièrement paralysée et ne pouvant s’exprimer, elle donne un sens à sa vie en s’offrant en victime et en présentant au Christ sa vie de femme dépossédée de toute activité et de toute possibilité de service.  Cet abandon la conduit à une confiance absolue.  Elle écrira plus tard :

Un signe fut donné à Julie, comme une réponse et aussi comme un appel à un don absolu (voir le thème du mois de mai) :  https://snddensjb50.org/2019/05/01/compiegne-theme-la-vision/

Si la croix est présente, Julie sait qu’elle est l’expression de l’infinie bonté de Dieu et de son incommensurable amour.

The Universal Call to Holiness

French

HOW JULIE BECAME A SAINT – CANONIZATION 

In 2019, the Sisters of Notre Dame, forming a large international family, are celebrating the 50th anniversary of the CANONIZATION of their foundress, Saint Julie Billiart.

The General Archives of the Congregation and the Heritage Center produced an EXPOSITION in order to understand the process as to how Julie became a saint.  Several panels displaying some of the documents of the time tell you, by means of a timeline, the events between 1881 and 1969. 

The exposition is accessible during the hours when the Heritage Center is open (Motherhouse of the Sisters of Notre Dame, 17, rue Julie Billiart in Namur, Belgium):  Monday to Friday from 9:00 am to 12:00 noon and from 1:00 pm to 4:00 pm (weekends, holidays and groups as requested).

Holiness by Popes Paul VI and Francis. Click and read the document.

Pictures of the exposition in the Heritage Center in Namur.

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The 6 stages of the process of the canonization of Julie Billiart:

1.  The diocesan inquiry into establishing the reputation of holiness (1881-1889)
2.  Acceptance of the “dossier” by the Vatican; Julie becomes Venerable (1889)
3.  The apostolic process (1890-1897) and the endorsement of three miracles (1905).
4.  Julie becomes Blessed (1906)
5.  The resumption of the cause and approval of two miracles (1924-1968)
6.  Julie becomes a saint (1969)

Investigation in the ARCHIVES on the canonization of Julie Billiart 

50 years later, how does Julie’s holiness still serve as an example?  How does she inspire all those who walk in her footsteps:  the sisters, volunteers, friends, teachers and students? 

  1: THE SMILING SAINT. Click to read or download

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Illustration2-editedMother Aloysie, 6th Superior General (1875-1888)

Illustration3 editedMonsignor Gravez, Bishop of Namur (1867-1883)

Illustration4 editedLetter of Monsignor Gravez, Bishop of Namur, which accepts the request of Mother Aloysie with respect to the introduction of the causes of Julie and Françoise.

Illustration5 editedNote of invitation to the diocesan process

Illustration6-edited-2Three large related volumes with all the letters of postulation for the purpose of the Introduction of Julie’s cause, General Archives of the Congregation, Namur.

Illustration7Cabinet with all the official documents related to Julie Billiart’s cause, General Archives of the Congregation, Namur.

Illustration8 editedLetter of postulation to introduce Julie’s cause signed by the Queen of the Belgians, Marie-Henriette (wife of King Leopold II), 1888.

     2: VENERABLE JULIE. Click to read or download

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Illustration9 editedTestimony of Sister Marie Adele Claus deposed at Clapham (Great Britain), July 15 1882, for the purpose of Julie’s beatification.

Illustration10_1889_DecretDecree of introduction of Julie’s cause, 1889.  Julie becomes Venerable.

 3: BLESSED JULIE. Click to read or download

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Illustration11Shrine of Saint Julie exposed in the Heritage Center at Namur. To know more:  http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/la-  mort-de-Julie/chasse

Illustration12-editedPope Pius X, Cardinal Ferrata (Protector of the Institute in Rome). Monsignor Heylen (Bishop of Namur) and Mother Aimée de Jésus with their crest.

Illustration13-editedOrigin and meaning of the crest of the Sisters of Notre Dame de Namur.

Illustration14Poster of the celebrations in Namur for the beatification of Julie, May 17-21, 1906.

Illustration15Picture of the celebrations in Namur, 1906.

 4: SAINT JULIE. Click to read or download

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Illustration16-editedReverend Ugo Märton, O. Praem., Postulator of the Cause, thanks Pope Paul VI for Julie’s canonization.

Illustration17-editedCanonization in Rome by Pope Paul VI.

Illustration18-editedOfficial decree (in parchment with illuminations) signed by Pope Paul VI, June 22, 1969.  Julie Billiart becomes a saint.

                   5: MIRACLES OF THE BEATIFICATION

In his homily of June 22 (1969), Pope Paul speaks to us of holiness and miracles:

“This is hagiography, the study of saintliness.  This very praiseworthy study has often turned its passionate gaze upon the MIRACULOUS ASPECTS of saintliness; and it has been so engrossed but the latter as to fix attention on observation of miracles, almost equating saintliness and miracle.

Thus sometimes, IN OTHER AGES, devotion to saintliness was considered as having leave to adorn it with IMAGINARY MIRACLES AND AMAZING LEGENDS, not, perhaps, with the intention of offending historical truth, but as a gratuitous and conventional tribute, a floral and poetic one.

NOW it is no longer so.  Miracles remain a proof, a sign of saintliness; but they do not make up its essence.  Now the study of saintliness is focused rather on HISTORICAL VERIFICATION OF THE FACTS and the documents that bear witness to it, and on the exploration of the PSYCHOLOGY of saintliness.”

To be recognized as blessed, Venerable Julie must have accomplished at least one miracle after her death.

The recognition of a miracle is subject to strict rules. A medical investigation is conducted on people to prove their miraculous healing through the intercession of Venerable Julie.

In 1905, three miracles are attested by the Sacred Congregation of Rites.

  1. In 1882, 16-year-old Armand Hubin (Liège) was miraculously cured after his mother went to Julie’s grave and applied a relic to the ulcer of his leg.
  2. Jean Noël Grégoire (from Namur), aged 20, suffered for many years at one of his legs following a bad fall. In 1881, in desperation, a novena was begun at Julie and a relic was applied to his wound. From the first day, he found a perfect health.
  3. Louis Waëlens (from Bruges), 28, suffered from an ulcer in the stomach. He was unable to eat for years because of the pain and was wasting away. In 1886, his wife went to the sisters to explain the suffering of her husband. They gave him a relic and suggested starting a novena to Venerable Julie. That night, Louis Waëlens was able to eat without pain for the first time in years.

Illustration19-editedLouis Waëlens miraculously healed by the venerable Julie in 1886.

Illustration20-editedDecoration of St. Peter’s Basilica, Rome, May 13, 1906

                6: MIRACLES OF THE CANONISATION

The sisters received hundreds of letters attesting to miraculous cures by means of the intercession of Blessed Julie.  Among the hundreds of files, only four had been examined by the Sacred Congregation of Rites (and two will be finally recognized in 1958 and 1967).

The first miracle recognized is that of Otacilio Ribeiro.  The story takes place in Campos Novos, in Brazil, on September 29, 1950.  Otacilio Ribeiro, a young farmer of 29 years, is taken to the hospital by his father because of a tumor in his lower abdomen.  They are welcomed by Sister Maria Bardona and Sister Mary Ludivine, of the Cosfeld Sisters of Notre Dame.  Having performed an incision, Doctor Janh Martins Ribeiro determines it to be impossible to proceed with the removal of the tumor which is inaccessible and he pronounces the patient doomed.  “Sister,” says the doctor, “he will not live an hour longer.”

The two sisters of Coesfeld and a third, Sister Maria Adelaide, then begin to pray to Blessed Julie.  The next day, Otacilio revives; Sister Ludivine invites him to join in their prayers and she applies a relic of Julie to the site of the incision.  The doctor only gives him three days to live.  However, a few days later, Otacilio calls to sister:  “Sister, there is something unusual.  I can’t explain it but it’s different.”  The next day, Otacilio is able to sit up.

A week later, Otacilio is cured.  His parents offer to the sisters 3 1/3 lbs. of wax for candles and Otacilio promises to name his daughter Julie if he has one someday.

In 1957, Mother Mary Verona, the assistant to the Superior General of the Coesfeld Sisters of Notre Dame, writes to Sister Ludivine in Brazil so that she might submit Otacilio Ribeiro’s miracle to the Sacred Congregation of Rites.  On January 17, 1958, the miracle is authenticated.

As for the second miracle, it is recognized by the Vatican on March 10, 1967.  It concerns the miracle of Homère Rhodius, dating from 1919.  At that time, Homère Rhodius was 69 years of age.  He suffered from a uremic crisis that, in but a few days, reduced him to a critical state.  The doctors judged the illness to be incurable. Homère Rhodius’ daughter, Sister Marie Ludovica, was a Sister of Notre Dame of Namur; she began a novena in the Garden Chapel where Julie was interred.  A relic was applied on the site of the malady and, instantly, the condition of the patient improved significantly.  In less than a month, he was perfectly cured.

Submitted in 1924, at the time of the resumption of Julie’s cause, this miracle had not been validated by the Vatican.  It is the first time that a lawyer at the Consistory, Giovanni-Battista Ferrata, succeeded in obtaining a reversal of the first ruling of the Medical Consultation.

Illustration21-editedMr. Otacilio Ribeiro (miraculous cure) and his daughter, Julie. 

Illustration22-editedPositio Super Miraculis listing the two miracles of the canonization, 1968.

Illustration23-editedBanner made by Missori en 1968 for the canonization of Saint Julie.  On can see Saint Julie with a Sister of Notre Dame de Namur and two “cousins” (a Sister of Notre Dame of Amersfoort and a Sister of Notre Dame of Coesfeld who claim the same spirit and follow the same rule but without juridical ties with the Congregation of the Sisters of Notre Dame de Namur), surrounded by children from all the nations.

l’appel universel à la sainteté

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COMMENT JULIE EST DEVENUE SAINTE -CANONISATION

En 2019, les Sœurs de Notre-Dame qui forment une grande famille internationale célèbrent le 50ème anniversaire de la CANONISATION de leur fondatrice, sainte Julie Billiart.

Les archives générales de la congrégation et le centre d’héritage ont réalisé une EXPOSITION pour comprendre comment Julie est devenue sainte.  Plusieurs panneaux avec des documents d’époque vous racontent sous forme de frise chronologique les évènements entre 1881 et 1969.

L’exposition est accessible aux horaires d’ouverture du centre d’héritage (Maison mère des SND 17, rue Julie Billiart à Namur – Belgique) : du lundi au vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 16h00 (week-end, jours fériés et groupes sur demande).

Sainteté par les papes Paul VI (1969) et François (2018). Clic et lire le document.

Photos de l’exposition au Centre d’héritage à Namur.

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Les 6 étapes du processus de canonisation de Julie Billiart:

  1. Enquête diocésaine pour établir la réputation de sainteté (1881-1889)
  2. Acceptation du « dossier » par le Vatican ; Julie devient Vénérable (1889)
  3.  Procès apostolique (1890-1897) et approbation de trois miracles (1905)
  4.  Julie devient bienheureuse (1906)
  5.  Reprise de la cause et approbation de deux miracles (1924-1968)
  6.  Julie devient sainte (1969).

Enquête dans les ARCHIVES sur la canonisation de Julie Billiart

50 ans après, comment la sainteté de Julie est-elle encore un exemple ?  Comment inspire-t-elle tous ceux qui marchent dans ses pas : les sœurs, les associés, les volontaires, les amis, les professeurs et les élèves ?

                         1: La Sainte qui sourit. Cliquez ici pour lire et télècharger la ligne du temps.

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Illustration2-editedMère Aloysie, 6ème supérieure générale (1875-1888)

Illustration3 editedMgr Gravez, évêque de Namur (1867-1883)

Illustration4 editedLettre de Mgr Gravez, évêque de Namur qui accepte la requête de Mère Aloysie à propos de l’introduction des causes de Julie et Françoise, 18 mars 1881.

Illustration5 editedBillet de convocation au procès diocésain, 4 octobre 1881.

Illustration6-edited-2Trois gros volumes reliés avec toutes les lettres postulatoires en vue de l’Introduction de la cause de Julie, Archives générales de la congrégation, Namur.

Illustration7Armoire avec tous les documents officiels liés à la cause de Julie Billiart, Archives générales de la congrégation, Namur.

Illustration8 editedLettre postulatoire pour l’Introduction de la cause de Julie signée par la reine des Belges, Marie-Henriette (épouse du roi Léopold II), 1888.

                                     2: Vénérable Julie. Cliquez ici pour lire et télècharger la ligne du temps.

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Illustration9 editedTémoignage de la Sœur Marie Adèle Claus déposé à Clapham (G-B) le 16 juin 1882 en vue de la béatification de Julie.

Illustration10_1889_DecretDécret d’introduction de la cause de Julie, 1889.  Julie devient Vénérable.

                                  3: Bienheureuse Julie. Cliquez ici pour lire et télècharger la ligne du temps

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Illustration11Châsse de sainte Julie exposée au Centre d’héritage à Namur.  Pour en savoir plus : http://www.snddenheritagecentre.org/MUSEE/index.php/la-mort-de-julie/chasse

Illustration12-editedPape Pie X, le Cardinal Ferrata (Protecteur de l’Institut à Rome), Mgr Heylen (évêque de Namur) et Mère Aimée de Jésus avec leur blason.

Illustration13-editedOrigine et signification du blason des Sœurs de Notre-Dame de Namur.

Illustration14Affiche des célébrations à Namur pour la béatification de Julie, 17-21 mai 1906.

Illustration15Photo des fêtes à Namur, 1906

                                      4: Sainte Julie. Cliquez ici pour lire et télècharger la ligne du temps.

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Illustration16-editedRévérend Ugo Märton, O. Praem., Postulateur de la Cause, remercie le Pape Paul VI pour la canonisation de sainte Julie.

Illustration17-editedCanonisation à Rome par le Pape Paul VI.

Illustration18-editedActe officiel (en parchemin avec enluminures) signée par le Pape Paul VI le 22 juin 1969 : Julie Billiart devient sainte

                       5: MIRACLES DE LA BÉATIFICATION

Dans son homélie du 22 juin 1969, le Pape Paul VI nous parle de la sainteté et des miracles.

« L’hagiographie, qui est l’étude de la sainteté, s’est souvent intéressée avec passion aux ASPECTS MIRACULEUX de celle-ci, au point d’identifier la sainteté par le miracle. 

C’est ainsi qu’AUTREFOIS la sainteté a parfois été agrémentée de MIRACLES IMAGINAIRES ET DE LÉGENDES FANTASTIQUES.  On voulait par-là, non pas porter atteinte à la vérité historique, mais rendre au saint un hommage gratuit, conventionnel, poétique. 

MAINTENANT, il n’en est plus ainsi : le miracle reste une preuve, un signe de sainteté, mais il n’en constitue pas l’essence.  Aujourd’hui, l’étude de la sainteté s’intéresse surtout à la VÉRITÉ HISTORIQUE des faits et des documents qui l’attestent, et aussi à l’exploration de la PSYCHOLOGIE des saints. »

Pour être reconnue bienheureuse, la vénérable Julie doit avoir accompli au moins un miracle après sa mort.

La reconnaissance d’un miracle est soumise à des règles strictes.  Une enquête médicale est menée sur les personnes afin de prouver leur guérison miraculeuse par l’intercession de la vénérable Julie.

En 1905, trois miracles sont attestés par la Sacrée Congrégation des Rites.

  1. En 1882, Armand Hubin (de Liège), âgé de 16 ans, guérit miraculeusement après que sa mère se rendit au tombeau de Julie et appliqua une relique sur l’ulcère de sa jambe.
  2. Jean Noël Grégoire (de Namur), âgé de 20 ans, souffrait depuis de nombreuses années à l’une de ses jambes suite à une mauvaise chute. En 1881, en désespoir de cause, on commença une neuvaine à Julie et une relique fut appliquée sur sa blessure.  Dès le premier jour, il retrouva une santé parfaite.
  3. Louis Waëlens (de Bruges), 28 ans, souffrait d’un ulcère à l’estomac. Il était incapable de manger depuis des années à cause de la douleur et dépérissait.  En 1886, sa femme se rendit chez les sœurs pour leur expliquer les souffrances de son mari.  Elles lui donnèrent une relique et suggèrent de commencer une neuvaine à la vénérable Julie.  Cette nuit-là, Louis Waëlens fut capable de manger sans douleur pour la première fois depuis des années.

Illustration19-editedLouis Waëlens guérie miraculeusement par la vénérable Julie en 1886.

Illustration20-editedDécoration de la basilique Saint-Pierre de Rome le 13 mai 1906

            6: LES MIRACLES DE LA CANONISATION

Les Sœurs ont reçu des centaines de lettres attestant de guérisons miraculeuses par l’intercession de la bienheureuse Julie.  Parmi ces centaines de dossiers, seuls quatre ont été examinés par la Sacrée Congrégation des Rites (et deux seront finalement reconnus en 1958 et 1967).

Le premier miracle reconnu est celui d’Otacilio Ribeiro.  L’histoire se déroule à Campos Novos, au Brésil, le 29 septembre 1950.  Otacilio Ribeiro, un jeune fermier de 29 ans, est emmené à l’hôpital par son père à cause d’une tumeur dans le bas ventre.  Ils sont accueillis par Sœur Maria Bardona et Sœur Mary Ludivine, des SND de Coesfeld.  Après avoir pratiqué l’incision, le Docteur Janh Martins Ribeiro juge impossible de procéder à l’ablation de la tumeur qui est inaccessible et condamne le malade.  « Ma sœur, dit le médecin, il ne vivra pas une heure de plus. »

Les deux sœurs de Coesfeld et une troisième, Sœur Maria Adélaïde, commencent alors à prier la bienheureuse Julie.  Le lendemain, Otacilio revient à lui ; sœur Ludivine l’invite à se joindre à leurs prières et applique une relique de Julie à l’endroit de l’incision.  Le médecin ne lui donne pas trois jours à vivre.  Pourtant, quelques jours plus tard, Otacilio appelle la sœur : « Sœur, il y a quelque chose d’inhabituel.  Je ne peux pas expliquer mais c’est différent. »  Le lendemain, Otacilio pouvait s’asseoir.

Une semaine plus tard, Otacilio est guéri.  Ses parents offrent aux sœurs un kilo et demi de cire pour les bougies et Otacilio promet d’appeler sa fille Julie si il en avait une un jour.

En 1952, Mère Mary Verona, l’assistante de la supérieure générale des SND de Coesfeld, écrit à Sœur Ludivine au Brésil afin qu’elle soumette le miracle d’Otacilio Ribeiro à la Sacrée Congrégation des Rites.  Le 17 janvier 1958, le miracle est authentifié.

Quant au second miracle, il est reconnu par le Vatican le 10 mars 1967.  Il s’agit du miracle de Homère Rhodius, datant de 1919.  A cette époque, Homère Rhodius était âgé de 69 ans.  Il souffrit d’une crise d’urémie qui le réduisit en quelques jours à un état très grave.  Les médecins jugèrent la maladie inguérissable.  La fille d’Homère Rhodius, Sœur Marie-Ludovica, était SND de Namur ; elle entama une neuvaine dans la chapelle du jardin où Julie était enterrée.  Une relique fut appliquée sur le malade et aussitôt, l’état du malade s’améliora sensiblement.  Et en moins d’un mois, il était parfaitement guéri.

Soumis en 1924, au moment de la reprise de la cause de Julie, ce miracle n’avait pas été validé par le Vatican.  C’est la première fois qu’un avocat du Consistoire, Giovanni-Battista Ferrata, réussit à obtenir un changement du premier jugement de la Consultation Médicale!

Illustration21-editedMonsieur Otacilio Ribeiro (miraculé) et sa fille Julie. 

Illustration22-editedPositio Super Miraculis reprenant les deux miracles de la canonisation, 1968.

Illustration23-editedBannière réalisée par Missori en 1968 pour la canonisation de sainte Julie.  On y voit Sainte Julie avec une SND de Namur et deux « cousines » (une SND d’Amersfoort et une SND de Coesfeld qui se réclament du même esprit et suivent la même règle mais sans lien juridique avec la congrégation des SND de Namur), entourée des enfants de toutes les nations.

COMPIÈGNE – THE VISION

français

As a disciple of Jesus, Julie knew that the cross was inevitable in her life.  She went through the experience of trials and suffering.  But she also knew that it was by means of this cross that she would experience resurrection and new life.

1_Citation_EN

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Drawing from the comic book, Saint Julie Billiart, Signe, 2000.  (Available in the Heritage Centre of the Sisters of Notre Dame – heritagecentre@sndden.org). 

Threatened at Gournay-sur-Aronde by the revolutionaries, Julie and her niece, Felicity, were brought to Compiègne and abandoned in the courtyard of an inn.  This must have been in April of 1792, as recalled in graffiti on the wall of the chateau of Gournay-sur-Aronde.  The years spent in Compiègne are without doubt the most difficult of Julie’s life.  Her health is quickly deteriorating. Completely paralyzed, she loses her ability to speak as testifies Father de Lamarche who knew her in 1793: “Mère Julie was living secluded in a bedroom with one of her nieces who took care of her.  I went to visit her and she could only speak by means of signs.  In order to hear her confession, it was necessary for her to be notified an hour in advance.”  Bedridden, she offers herself as a victim, giving to Christ her life as a woman dispossessed of all activity and all possibility of giving service.  Pursued and unwelcome, Julie and her niece changed lodging several times until October of 1794, the date when Madame Baudoin, who formerly spent her summers in Cuvilly, took Julie under her protection and had her brought to Amiens.

  • Compiègne and the Revolution

While Julie is in Compiègne, King Louis XVI is arrested.  It’s the end of royalty in France; the monarchy is replaced by a Republic in September, 1792.  The King is executed but, in order to face the many counter-revolutionaries and French monarchists, Robespierre puts in place exceptional measures that will be later called the “Terror.”  The most well-known is the terrible law of the suspicious that requires the taking of a census of all those who go against the revolutionary cause.  Everywhere committees of surveillance control opinion.  They send suspicious persons to exceptional tribunals or revolutionary courts.  Nearly 20,000 people, suspected of counter-revolutionary sympathies, are executed.

“Days of darkness are perhaps our best and happiest days for glorifying God.” Julie Billiart

  • Julie, “the unwelcome”

Everywhere they look for those who go against the cause of the French Revolution; this is the case of the 16 Carmelites of Compiègne who refuse to swear allegiance to the Nation (because it is opposed to their vow of obedience).  On July 17, 1794, the Carmelites of Compiègne are guillotined.  This news was no doubt very painful for Julie.  Julie was in contact with the Carmelites of Compiègne:

  • She knows Father de Lamarche who, disguised as a worker, had blessed each one of the Carmelites going to her death.
  • By means of her niece, Felicity, who washed the linens for them. We know this thanks to a letter from Mother Henriette de Croissy, Carmelite (between 1792-1794).

Like the Carmelites, Julie offers herself to God in order to save France and Christians; she will suffer profoundly from the knowledge of their violent death in Paris in July of 1794.  A letter from Father de Lamarche to Abbot Belfroy in 1820 allows one a little approach to the mystery of the surprising solidarity lived by Julie in Compiègne with all the oppressed, those left behind:  “I followed her intermittently for about a year; I admired more and more the progress that she was making in piety.  She offered herself continually as a victim to God to appease his anger… always calm, always united to God.  Her prayer was continual.”  The testimony of Abbot de Lamarche expresses his admiration for Julie’s faith and her strength of soul.

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  • Julie, isolated from much spiritual nourishment

Near Julie, few people:  her niece, Felicity, who from day to day had to keep abreast  of the external situation and, notably, the death of her father in June, 1792.  From 1793, Abbot de Lamarche who met her at that time “rendered his religious services” to pious persons and to the Carmelites.  One can hypothesize that Abbot de Lamarche knew, through Abbot Courouble in 1792, the name and address of the invalid.  Doubtlessly, before their exile to Liège in November of 1792, Abbots Courouble and Carlet, were spiritual directors – one of the Carmelites, the other of the Visitation community.

  • “Confidence, love, total abandon into the hands of God; there is your strength, your support.” Julie Billiart

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It is while she was suffering the most from her physical state, when she was totally powerless, hunted, surrounded by violence and the insecurity of the times, that Julie lived one of the most profound spiritual experiences of her life.  It is at Compiègne that, one day rapturous in ecstasy, Julie suddenly sees Jesus on the cross of Calvary, surrounded by a great number of women wearing a religious habit that she did not recognize.  Julie, then, received her vocation of foundress:  “These are the daughters that I give you in the Institute that will be marked by my cross.”

It is in the recollections of some boarders and, especially, in the depositions in preparation for Julie’s beatification (1881-1889), preserved in the archives of the congregation in Namur, that we find testimonials mentioning the vision that Julie had in Compiègne around 1793.

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Picture of the folders containing the depositions of the sisters in preparation for the beatification of Julie.  General Archives of the Congregation in Namur

“She had a vision in which the Good God revealed to her the work she was one day to found.  She had seen a cross, then, all that she was to endure:  suffering, persecutions, etc….    She had also seen some religious women with our habit and Our Lord had told her: ‘These religious will be your daughters.’”  Recollections of Mère Julie by Sister Reine Cambier, age 78, 1879.  [Green notebook 29 (General Archives), p. 130-134]

  1. Julie speaks very little of this mystical intuition.  These are always intimate revelations to one or other confidante. 

“Since I have never spoken to anyone since that was said to me in confidence, I have forgotten a little.”  Testimony of Mademoiselle Henriette Fallon, aged 84 (former boarder who knew Julie Billiart in 1809), Namur, 1879 [Green notebook 28 (General Archives), p. 78].

“Our foundress was so humble that she never spoke of this vision.  We knew of it from Sister Anastasia, superior of the Namur house (1816-23).  […] Sister Madeleine (the one who walked with crutches) told me the same thing, but Mère Julie rarely confided about it.”  Recollections of Mère Julie by Sister Reine Cambier, 1879. 

“In 1812, if I’m not mistaken, at the time when Mère Julie went to Amiens for the reunion, she had another vision and wrote to our dear Mother St Joseph.  We wanted to question her about this, but she answered: ‘You will know all about it in heaven.’  Then she smiled and, when we insisted, she said: ‘Mère Julie wouldn’t be happy if I were to speak of it because she had me tear up the letter that she wrote to me from Amiens, and in which she recounted to me what Our Lord had shown her and said when she approached Amiens.’”  Recollections of Mère Julie by Sister Reine Cambier, 1879.

Here are some details concerning the vision of 1812 about which Sister Reine speaks. (See the Proceedings of Fama sanctitatis in preparation for Julie’s beatification).  The bishop of Amiens had expressed his regrets on having sent Mère Julie away from his diocese and invited her to return.  At the moment of her entrance into the house (rue du Faubourg de Noyon in Amiens), Julie had an apparition of Jesus Christ carrying his cross and addressing these words to her:  “ I am the Way, the Truth and the Life.”  At the same time, the Savior seemed to be leaving the house on the Faubourg-Noyon.  Julie had many reservations on the subject of these extraordinary graces so the Sisters knew very little of what happened to her.  But, once again, the theme of the cross was present in Julie’s life.

  1. The description of the vision is always the same:  cross – persecution in Amiens – women religious in a habit

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Testimony of Sister Marie Adèle Claus deposed at Clapham (G-B) June 16, 1882.  Click to download  the document.

“The oldest Sisters of the Congregation spoke to us of a vision granted to our Mother, during the years of suffering and privation that she spent in Compiègne prior to her stay in Amiens, in the home of the Viscount Blin de Bourdon.  What was shown to Julie, still on her bed of suffering, (1793), was an ELEVATED CROSS, on a mountain and, at the foot of the cross, a large number of RELIGIOUS WOMEN, DRESSED AS WE ARE, and Our Lord said to her that these religious would be her daughters but that she would have to submit to a GREAT PERSECUTION IN AMIENS.”  Testimony of Sister Marie Adèle Claus deposed at Clapham (G-B), June 16, 1882, pp. 38-39.

  1. Persecution in Amiens

“Our good Mère Julie says that it was because of this vision that she had felt so much repugnance in coming to Amiens when Madame Baudoin appealed to her to come there.  She knew that the work of the Institute would occur but she didn’t know when or how.”  Recollections of Mère Julie by Sister Reine Cambier, 1879.

  1. Faces that she recognized later, among which…
  • Mother St. Joseph: At times, full of a confident abandon, good Mère Julie spoke to me of the glory of the Sacred Heart of Jesus, for whom she had such a great love and her miraculous cure. Then, while walking one day, she said to me that, while still being on her bed of suffering in Compiègne, incapable of budging because of her paralysis, the Good God showed her the work he wanted to accomplish through her.  She had also seen at that time that Mademoiselle Blin would be her companion in this work.  She added that when Mademoiselle Blin made her first visit after she had left prison, ‘I recognized her immediately!’”  Testimony of Mademoiselle Henriette Fallon, aged 84 (former boarder who knew Julie Billiart in 1809).  Namur, 1879 [Green notebook 28 (General Archives), p. 78.]
  • “From then on, she had distinguished our Reverend Mother St. Joseph who would later be the salvation of the Institute.”  Deposition of Sister Marie Claudine (in the world, Julie Godefroit), January 25, 1883, at Chimay, pp. 56-57.

After the death of her father in 1797, Françoise was free to consecrate herself to God as she wished.  But, she had doubts as to the shape of this project; she hesitated to become a Carmelite.  It is only at this time that Julie shared with her the role Françoise had in the vision she had had while hiding in Compiègne:  women religious assembled at the foot of the cross and among them was found the face of Françoise whom Julie did not yet know.  After the death of the Viscount Blin, Julie felt free to speak to Françoise of her intuitions in some letters:

“I always have before my eyes that about which I spoke to you once: that the Good God granted me the grace of finishing my days with you.  Divine Providence, having permitted that I meet you, you will have what it takes to exercise your zeal with me…”  “As soon as I learned of the death of your father, I saw you throw yourself in my arms.  It seemed to me that this was going to be the moment when the Good God would give you to me and me to you in so strong a manner that only death would separate us.”

  • Sister Ursule (Marie) Blondel: “In this vision, she knew distinctly each of her first religious. […] “When the young MARIE (BLONDEL) presented herself to our worthy Mother during a trip to Ghent, June 11, 1813, our good Mother, seeing this sincere girl of 17 years take a step toward her, and as soon as Marie said:  “Reverend Mother, permit me to ask a favor…,” our foundress interrupted the future postulant and embraced her enthusiastically saying to her:  ‘Yes, yes, you will be my good dear daughter:  I saw you at Compiègne.’”  Notes about sisters who have died, XIV, p. 47 and Deposition of Sister Julienne des Anges (Marie Philomène Berlenger), August 2, 1882, at Antwerp, pp. 3-4.
  • “But our respect for our venerable Foundress was such that, not one of us, not even our Superior, Sister Marie Steenhaut, dared to ask our dear Mère Julie to explain what she said.  “I saw you in Compiègne.”  Annals of Nouveau-Bois in Ghent. 

7_Citation_EN

 

 

Compiègne Thème – la vision

English

En tant que disciple de Jésus, Julie savait que la croix était inévitable dans sa vie: elle fit l’expérience d’épreuves et de souffrance. Mais elle savait aussi que c’était par la croix qu’elle ferait l’expérience de la résurrection et d’une nouvelle vie.

1_Citation_FR_Correction

2_BD-charette_FR
Dessin de la Bande dessinée, sainte Julie Billiart, éditions du Signe, 2000. (Disponible au Centre d’héritage des SND – heritagecentre@sndden.org)

Menacées à Gournay-sur-Aronde par les révolutionnaires, Julie et sa nièce Félicité sont emmenées à Compiègne et abandonnées dans la cour d’une auberge. Ce devait être en avril 1792, comme le rappelle un graffiti sur le mur du château de Gournay-sur-Aronde. Les années passées à Compiègne sont sans doute les plus difficiles de la vie de Julie. La santé de Julie se détériore vite : tout-à-fait paralysée, elle perd l’usage de la parole comme en témoigne l’abbé de Lamarche qui l’a connue en 1793 : « La Mère Julie vivait retirée dans une chambre, avec une de ses nièces qui la servait. J’allais la visiter, elle ne parlait que par signes. Pour la confesser, il fallait qu’elle fût avertie au moins une heure à l’avance. ». Infirme, elle s’offre en victime, présentant au Christ sa vie de femme dépossédée de toute activité et de toute possibilité de service. Poursuivies et indésirables, Julie et sa nièce changent plusieurs fois de logis jusqu’en octobre 1794, date à laquelle Madame Baudoin qui passait autrefois ses étés à Cuvilly prit Julie sous sa protection et la fit venir à Amiens.

• Compiègne et la Révolution

Alors que Julie est à Compiègne, le Roi Louis XVI est arrêté. C’est la fin de la royauté en France : la monarchie est remplacée par une République en septembre 1792. Le roi est exécuté mais pour faire face aux nombreux contre-révolutionnaires et monarchistes français, Robespierre met en place des mesures exceptionnelles qui seront appelées plus tard la « Terreur ». La plus connue est la terrible loi des suspects qui impose de recenser tous ceux qui desservent la cause de la Révolution. Partout, des comités de surveillance contrôlent l’opinion. Ils envoient les suspects aux tribunaux d’exception ou au tribunal révolutionnaire. Près de 20 000 personnes, suspectées de sympathie pour la contre-révolution, sont exécutées.

« Les jours ténébreux sont peut-être pour
nous les plus heureux pour glorifier le bon Dieu. »
Julie Billiart

• Julie, « l’indésirable »

Partout on recherche ceux qui desservent la cause de la Révolution française : c’est le cas des 16 Carmélites de Compiègne qui refusent de prêter serment de fidélité à la Nation (car en opposition avec leurs vœux d’obéissance). Le 17 juillet 1794, les Carmélites de Compiègne sont guillotinées à Paris.

Cette nouvelle fut sans doute très douloureuse pour Julie car elle était en relation avec les Carmélites de Compiègne (il s’agit du thème du mois de juillet : Julie et la persécution des Carmélites de Compiègne) :

  •  elle connaissait l’abbé de Lamarche qui, déguisé en ouvrier, avait béni chacune des Carmélites allant à la mort.
  • par sa nièce Félicité qui lavait le linge pour elles. On le sait grâce à une lettre de Mère Henriette de Croissy, Carmélite (entre 1792-1794).

Comme les Carmélites, Julie s’offre à Dieu pour sauver la France et les chrétiens ; elle souffrira profondément de leur mort violente à Paris en juillet 1794. Une lettre du Père de Lamarche à l’abbé Belfroy en 1820 permet d’approcher un peu le mystère de solidarité étonnante vécu par Julie à Compiègne avec tous les opprimés, les laissés pour compte : « Je l’ai suivie par intervalles environ une année ; j’admirais de plus en plus les progrès qu’elle faisait dans la piété. Elle s’offrait continuellement comme victime à Dieu pour apaiser sa colère… toujours calme, toujours unie à Dieu. Son oraison était presque continuelle. ». Le témoignage de l’abbé de Lamarche exprime son admiration pour la foi et la force d’âme de Julie.

3_Citation_FR
• Julie, isolée et sans grande nourriture spirituelle

Auprès de Julie, peu de personnes : sa nièce Félicité, qui au jour le jour devait la tenir au courant de la situation extérieure et notamment de la mort de son père en juin 1792. A partir de 1793, l’abbé de Lamarche qui fait sa connaissance alors « qu’il rendait des services de religion » à des personnes pieuses et aux Carmélites. On peut émettre l’hypothèse que ces dernières ont été à l’origine de cette rencontre, ou bien que l’abbé de Lamarche ait connu, par l’abbé Courouble, en 1792, l’adresse et le nom de l’infirme. Et sans doute, avant leur exil pour Liège, en novembre 1792, les abbés Courouble et Carlet, directeurs l’un des Carmélites, l’autre de la Visitation.

• « Confiance, amour, abandon total entre les mains du bon Dieu : voilà notre force, notre soutien » Julie Billiart

4_BD visioncompiègne_FR
Dessin de la Bande dessinée, sainte Julie Billiart, éditions du Signe, 2000. (Disponible au Centre d’héritage des SND– heritagecentre@sndden.org)

C’est lorsqu’elle souffrait le plus de son état physique, quand elle était totalement impuissante, traquée, entourée de la violence et de l’insécurité de l’époque que Julie vécut une des expériences spirituelles les plus profondes de sa vie. C’est à Compiègne qu’un jour, ravie en extase, Julie voit soudain Jésus en croix sur le Calvaire, entouré d’un grand nombre de femmes portant un costume religieux qu’elle ne connaît pas. Julie reçoit alors sa vocation de fondatrice : « Ce sont les Filles que je te donne dans l’Institut qui sera marqué de ma croix. »

C’est dans les souvenirs de quelques pensionnaires et surtout dans les dépositions en vue de la béatification (1881-1889) conservées dans les archives de la congrégation à Namur que nous trouvons des témoignages mentionnant la vision que Julie a eue à Compiègne vers 1793.

5_Depositions
Photo des fardes contenant les dépositions des sœurs en vue de la béatification de Julie. Archives générales de la congrégation à Namur.

« Elle avait eu une vision où le bon Dieu lui avait révélé l’œuvre qu’elle devait un jour fonder. Elle avait vu un calvaire, puis tout ce qu’elle devait endurer : souffrances, persécutions, etc., etc. Elle avait vu aussi des religieuses avec notre costume, et notre Seigneur lui avait dit : « Ces religieuses seront vos enfants. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier âgée de 78 ans, 1879 [Cahier vert 29 (Archives générales), p. 130-134].

1. Julie parle très peu de cette intuition mystique. Ce sont toujours des révélations intimes à l’une ou l’autre confidente.

« Comme je n’en ai jamais parlé à personne puisque cela m’était dit en confiance, j’ai un peu oublié. » Témoignage de Mademoiselle Henriette Fallon âgée de 84 ans (ancienne pensionnaire qui a connu Julie Billiart en 1809), Namur, 1879 [Cahier vert 28 (Archives générales), p. 78].

«Notre fondatrice était si humble qu’elle ne parlait jamais de cette vision. Nous l’avons connue par ma Sœur Anastasie, supérieure de la maison de Namur (1816-23). […] Sr Madeleine (celle qui marchait à béquilles) m’a raconté les mêmes choses, mais ma Mère Julie se confiait très rarement à ce sujet. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier, 1879.

« En 1812, si je ne me trompe pas, au moment où ma Mère Julie se rendait à Amiens pour la réunion, elle a eu encore une vision et l’a écrite à notre chère Mère Saint-Joseph, que nous avons voulu interroger à ce sujet, mais elle répondait : « Vous saurez tout cela au ciel. » puis elle souriait et quand nous insistions elle disait : « Ma Mère Julie ne serait pas contente si je parlais, car elle m’a fait déchirer la lettre qu’elle m’écrivit d’Amiens, et dans laquelle elle me racontait ce que notre Seigneur lui avait montré et dit quand elle approchait d’Amiens. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier, 1879.

Voici quelques précisions sur la vision de 1812 dont parle Sr Reine (voir le Procès de Fama sanctitatis en vue de la béatification de Julie). L’évêque d’Amiens avait exprimé ses regrets d’avoir éloigné Mère Julie de son diocèse et l’invitait à y revenir. Au moment de son entrée dans la maison (rue du Faubourg de Noyon à Amiens), Julie eut une apparition de Jésus-Christ chargé de la Croix, adressant ces paroles à Julie elle-même :  « Regardez-moi et suivez-moi ; je suis la Voie, la Vérité et la Vie. » En même temps, le Sauveur paraissait s’éloigner de la maison du Faubourg-Noyon. Julie émettait beaucoup de réserves au sujet de ces grâces extraordinaires de sorte que les Sœurs ne surent que peu de choses de ce qui lui était arrivé. Mais encore une fois le thème de la croix était présent dans la vie de Julie.

2. La description de la vision est toujours la même : croix – persécution à Amiens – religieuses en costume

6_MAClaus_1882-1Télécharger le Témoignage de la Sœur Marie Adèle Claus déposé à Clapham (G-B) le 16 juin 1882. 6_MAClaus_1882 «

Les plus anciennes Sœurs de la congrégation nous ont parlé d’une vision dont fut favorisée notre Mère, pendant les années de souffrances et de privations qu’elle passa à Compiègne avant son séjour à Amiens, chez le Vicomte Blin de Bourdon : Il fut montré à Julie Billiart, encore sur son lit des douleurs, (1793), une CROIX ÉLEVÉE sur une montagne et au pied de la croix, un grand nombre de RELIGIEUSES, VÊTUES COMME NOUS LE SOMMES ; et Notre Seigneur lui dit que ces religieuses seraient ses enfants ; mais qu’elle aurait à subir une grande PERSÉCUTION À AMIENS. » Témoignage de la Sœur Marie Adèle Claus déposé à Clapham (G-B) le 16 juin 1882, pg 38-39.

3. Persécution à Amiens

« Notre bonne Mère Julie dit que c’était à cause de cette vision qu’elle avait éprouvé tant de répugnance à venir à Amiens, quand Madame Baudouin l’y appelait ; qu’elle savait que l’œuvre de l’Institut se ferait, mais qu’elle ne savait ni quand, ni comment. » Souvenirs de Mère Julie par Sœur Reine Cambier, 1879.

4. Visages qu’elle a reconnus plus tard, parmi lesquels

  • Mère Saint-Joseph : « Parfois pleine d’un confiant abandon, la bonne Mère Julie me racontait à la gloire du Sacré-Cœur de Jésus, pour lequel elle avait un si grand amour, sa guérison miraculeuse puis en se promenant elle me dit un jour, qu’étant encore sur son lit de douleur à Compiègne, incapable de bouger à cause de sa paralysie, le bon Dieu lui avait montré l’œuvre qu’il voulait accomplir par elle, et qu’elle avait vu dès lors que Mademoiselle Blin serait sa compagne dans cette œuvre, aussi ajouta-t-elle, quand Mademoiselle Blin me fit sa première visite après sa sortie de prison, je la reconnus immédiatement ! » Témoignage de Mademoiselle Henriette Fallon âgée de 84 ans (ancienne pensionnaire qui a connu Julie Billiart en 1809), Namur, 1879 [Cahier vert 28 (Archives générales), p. 78].
  • « Que dès lors elle avait distingué notre Révérende Mère St Joseph qui serait plus tard le salut et le soutien de l’Institut. » Déposition de la Sr Marie Claudine (dans le monde Julie Godefroit) le 25 janvier 1883 à Chimay, pg 56-57.

 

Après la mort de son père en 1797, Françoise était libre de se consacrer à Dieu comme elle le souhaitait. Mais, elle avait des doutes quant à la forme du projet : elle hésitait à devenir Carmélite. Ce n’est qu’à ce moment-là que Julie lui fit part de ce qu’elle avait vu au cours d’une vision qu’elle avait eue quand elle se cachait à Compiègne : des femmes religieuses rassemblées au pied de la croix et parmi elles se trouvaient le visage de Françoise que Julie ne connaissait pas encore. Après le décès du Vicomte Blin, Julie se sentait libre de lui parler de ses intuitions dans quelques lettres:

« J’ai toujours devant les yeux ce dont je vous ai parlé une fois : que le bon Dieu me fera la grâce de finir mes jours avec vous – La divine Providence ayant permis que je vous connaisse, vous aurez de quoi exercer votre zèle avec moi … – Sitôt que j’ai su la mort de votre papa, je vous ai vue vous jeter dans mes bras. Il m’a semblé que ç’allait être le moment où le bon Dieu vous donnerait à moi et moi à vous d’une manière si forte que la mort seule nous séparerait. »

  • Sr Ursule (Marie) Blondel : « Dans cette vision, elle connut distinctement chacune de ses premières religieuses, […] » « Quand la jeune MARIE (BLONDEL) se présenta à notre digne Mère, lors d’un de ses voyages à Gand, le 11 juin 1812, notre bonne Mère voyant s’approcher cette candide jeune fille de 17 ans fit un pas vers elle, et dès que Marie dit : « Ma Révérende Mère, permettez-moi de solliciter la faveur … » notre fondatrice interrompit la future postulante et l’embrassant avec effusion, lui dit : « Oui, oui, vous serez ma bonne chère fille, je vous ai vue à Compiègne. » Notices des sœurs défuntes, XIV, pg 47 et Déposition de la Sr Julienne des Anges (Marie Philomène Berlenger) le 2 août 1882 à Anvers, pg 3-4.
  • « Mais notre respect pour notre vénérée Fondatrice était tel, que pas une de nous pas même notre Supérieure, Sr Marie Steenhaut, n’osa demander à notre chère Mère Julie l’explication de cette parole : « Je vous ai vue à Compiègne ». Annales du Nouveau-Bois à Gand.

7_Citation_FR

Les réfugiés SDF ou immigrants

anglais

1_CitationPape

A cause des troubles liés à la Révolution française, Julie est contrainte de fuir son village natal en mai 1791.  A 40 ans, elle n’avait jamais quitté Cuvilly, ses parents et sa famille.  Durant trois ans, elle fuit et se cache.  Bien qu’elle reçoive la protection de quelques bienfaitrices qui prennent des risques énormes en la cachant et l’aide de sa nièce Félicité qui l’accompagnera sur le chemin de l’exil, cette période est la plus sombre de sa vie.

Pourtant la souffrance et les grandes difficultés n’enlèvent rien au fait de sa confiance en Dieu.

2_CitationJulie

  • Janvier à mai 1791 : Troubles religieux à Cuvilly

Quand la Révolution éclate à Paris en juillet 1789, Julie fête ses 38 ans.  Elle est paralysée déjà depuis plusieurs années : en 1782, Julie avait été touchée par une épidémie que les médecins de l’époque croyaient pouvoir guérir par d’abondantes saignées qui, peu à peu, lui enlevèrent l’usage des deux jambes.  Ce fut pour elle un temps de profonde croissance spirituelle.  Clouée dans son lit, Julie prie beaucoup et continue son œuvre de catéchiste en accueillant des villageois parmi lesquels ses bienfaitrices.  Julie ouvrait des chemins de totale confiance en Dieu aux habitants de Cuvilly, déboussolés par les idées nouvelles et les tourments liés à la Révolution.

C’est en 1791 que les troubles éclatent à Cuvilly.  Le 12 juillet 1790, la France adoptait un nouveau décret, la « Constitution civile du clergé » : le clergé devenait un corps de fonctionnaires payés et choisis par l’Etat ; ceux-ci devaient prêter un serment de fidélité à la nation.  Les prêtres avaient jusqu’au 1er janvier 1791 pour prêter serment.

3_Serment
Illustration qui montre comment obliger les prêtres à prononcer serment de fidélité à la nation.

Le 9 janvier 1791, l’abbé Dangicourt, en place à Cuvilly depuis plus de 15 ans, et son vicaire Delaporte prêtent serment dans l’église paroissiale en ces termes :

« Je jure de veiller avec exactitude sur les fidèles qui nous sont confiés, d’être fidèle à la nation, à la loi et au roi et de soutenir, de tout notre pouvoir, la Constitution décrétée par l’Assemblé Nationale et acceptée par le roi, en tout ce qui ne sera pas contraire à la religion, étant écrit dans la suprême loi : rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

4_SermentDangicourtclic qui permet d’agrandir et de lire le document
Texte du serment des prêtres Dangicourt et Delaporte, 9 janvier 1791 (expédition au Département le 16 janvier 1791), Bibliothèque Municipale de Compiègne (B. M. C.), Mss 169, pièce 36.  Cliquez pour agrandir l’image.

Ce serment est considéré comme mauvais par le district.  En s’opposant aux idées de la Révolution, l’abbé Dangicourt et son vicaire deviennent ennemis de l’Etat.

Invités le 29 janvier à refaire leur serment par les autorités compiégnoises, les deux hommes s’y refusent.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document
Lettre autographe du curé Dangicourt regrettant de ne pas se rendre à Compiègne, 4 avril 1791, B.M.C., Mss 169, p. 47.  Cliquez pour agrandir l’image.

A la différence de la plupart des autres cas, les deux ecclésiastiques trouvent un solide appui dans la masse de leurs paroissiens et dans la municipalité du village : les notables de Cuvilly présentent au District, le 12 mars, une pétition pour garder leurs curé et vicaire, et les salarier par une contribution volontaire tandis que la municipalité de Cuvilly demande au district de garder son curé : «… la perte d’un pasteur que les habitants de Cuvilly considèrent comme un père serait pour eux un sujet d’affliction que nous voudrions éviter …».  Finalement la cure est déclarée vacante et l’ancien cordelier compiégnois, Jean-Baptiste Rollet, est investi le 8 mai de la lourde tâche consistant à remplacer l’abbé Dangicourt.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document
Proclamation des prêtres élus aux cures vacantes, 9 mai 1791, Archives Municipales Compiègne, P4 dossier 18-24, cultes.  Cliquez pour agrandir l’image.

Dès son arrivée le 15 mai à Cuvilly, le nouveau curé reçoit des lettres anonymes de menaces, tandis que la réception municipale est des moins chaleureuses.  Le 24 mai, il envoie un appel au secours au district dans une lettre.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document
Retranscription d’un extrait du Registre des Délibérations du Directoire du District de Compiègne, 25 mai 1791, Archives Départementales de l’Oise – Série L.  Cliquez pour agrandir l’image.

Le district dépêche alors trois de ses membres accompagnés de détachements de la garde nationale et du régiment du Berry pour aller rétablir l’ordre à Cuvilly.  On arrête l’ex-vicaire Delaporte ainsi que plusieurs habitants considérés comme meneurs des troubles.  Trois de ces prisonniers, les Guilbert et Lanvin, sont de la parenté de Julie.  Les prévenus, Delaporte vicaire et François Lanvin maçon, sont conduits devant le tribunal du Département de l’Oise tandis que les Guilbert sont renvoyés à Cuvilly sous la surveillance de la municipalité.  Finalement, les prévenus bénéficient de l’indulgence du Tribunal.  Le calme semble rétabli dans la paroisse de Cuvilly où un nouveau maire est bientôt élu.

L’abbé Dangicourt serait parti pour le mont Valérien, en juin 1791, il meurt à Paris en octobre de la même année.  L’abbé Delaporte, de retour au village, aurait continué à dire la messe dans la chapelle du château de Séchelles.  On ignore où il séjourne entre 1791 et 1829, date à laquelle on le retrouve curé à Ressons-sur-Matz.

Quant à Julie, elle souffre de plus en plus mais sa confiance en la bonté de Dieu ne fait que se renforcer.  Elle devient un tel exemple de confiance et de fermeté dans la foi que les forces révolutionnaires voient en elle une menace.

« Julie eut le bonheur de préserver du schisme beaucoup de personnes qu’elle instruisait quand elles venaient la voir. » (Abbé Trouvelot, 1820)

« Et telle fut l’estime que les villageois avaient conçue pour la pauvre infirme que lorsqu’ils se virent privés de leur pasteur légitime, ils consultèrent Julie pour savoir s’ils devaient obéir au prêtre constitutionnel.  Forte dans sa foi, elle empêcha tout ce peuple de sombrer dans le schisme, ce qui lui a valu la persécution des partisans de la révolution. » (Sr Thérèse de la Passion, 1881)

Il est intéressant de noter qu’en 1793-94, Cuvilly reste l’une des communes du district les plus récalcitrantes à la déchristianisation ; l’agent national Bertrand déplore les « regrets du culte » manifestés par les habitants et leur reproche «leur opiniâtreté et leur entêtement pour le régime superstitieux et fanatique».

  • Chemin de l’exil
    Mai 1791 : Julie trouve refuge à Gournay-sur-Aronde

Persécutée à cause de sa prise de position vis-à-vis des “prêtres constitutionnels” (ceux qui ont prêté serment de fidélité à l nation), Julie est contrainte de fuir Cuvilly et de se cacher.  Madame de Pont l’Abbé dont le château se trouve à Gournay-sur-Aronde lui offre l’hospitalité en prenant des risques énormes comme tous ceux qui voulaient aider les personnes non désirées.  « Cette dame, qui venait autour du lit de Julie à Cuvilly et dont elle est extrêmement aimée, pour la soustraire à la persécution, vient la chercher dans sa voiture et la mène au château. »  Elle en prend soin jusqu’au moment où la fureur de la Révolution la contraint elle-même d’abandonner son château.  Julie est accompagnée de sa nièce, Félicité, âgée de 16 ans mais ne reverra plus son père, décédé alors qu’elle était à Compiègne, et apercevra une dernière fois sa mère quand elle fut transportée de Compiègne à Amiens.

8_CitationBiblique

9_GournayChâteau de Gournay-sur-Aronde

Julie demeure approximativement un an chez Madame de Pont l’Abbé.  Tourmentée elle-même, Madame de Pont l’Abbé doit fuir en Angleterre avec d’autres aristocrates émigrés, où elle meurt, laissant Julie et sa nièce Félicité, à la garde du concierge, Monsieur Camus.  Celui-ci, gendre du régisseur de la famille de Pont l’abbé, vient d’acquérir, comme bien national, la ferme du château régie par son beau-père.  Selon le Père Charles Clair, Monsieur Camus et Julie deviennent très vite amis.  Malgré ce gage donné à la Révolution, Monsieur Camus ne paraît pas avoir été un chaud partisan des idées du jour ; car il témoigne à la « fanatique dévote » un respectueux attachement dont le souvenir s’est précieusement conservé dans sa famille.

Chronologie du château de Gournay-sur-Aronde, cliquez ici.

D’après le témoignage du Père Sellier, «quand les révolutionnaires vinrent s’emparer du château et mettre la séquestre sur tout ce qu’il renfermait, les domestiques conduisirent Julie sur une charrette remplie de différentes pièces de meubles (d’autres dépositions parlent d’une charrette de foin) jusque sur la place de Compiègne où une famille charitable dont on ignore le nom en eut compassion»

Ce devait être en avril 1792, comme le rappelle un graffiti sur le mur du château.

10_Graffiti-1Graffiti du château de Gournay, mur latéral : souvenirs, en particulier, des troupes qui y furent cantonnées à l’époque révolutionnaire : « le 2ème bataillon de la Haute-Vienne foutra le bal aux aristocrates – 1792 La Nasion – 1794 Hemeri ».

Les patriotes des environs voulaient-ils s’en prendre uniquement à Julie, « la dévote », ou à Madame de Pont l’Abbé, dame noble qui la protégeait?  On peut s’étonner qu’une paralysée puisse être suspecte pour des révolutionnaires.  Mais il ne faut pas minimiser les incidents du 25 mai 1791 à Cuvilly ; parmi la population opposée à l’arrivée du prêtre constitutionnel, il y avait les Guilbert et Lanvin qui sont de la parenté de Julie.  Elle-même était connue à Cuvilly comme une fervente chrétienne en relation avec des prêtres non-constitutionnels ; et, qui plus est, elle eut partie liée avec des nobles, les de Pont l’Abbé, qui avaient émigré.  D’où les attributs de dévote… fanatique… suspecte.

Avril 1792 : Julie est abandonnée à Compiègne

11_CharretteJulie transportée dans une charrette de foin avec sa nièce.

Selon le témoignage de l’abbé Trouvelot, curé de Ressons-sur-Matz, Julie et Félicité reçoivent l’hospitalité des demoiselles de Chambon, qui auraient habité rue des Grandes Ecuries.  Nous ne savons presque rien de ces demoiselles, à part la bravoure dont elles ont dû faire preuve pour accueillir une étrangère bien mal à point !

« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » (Mt 25, 35)

A Compiègne, la santé de Julie se détériore vite.  Tout-à-fait paralysée, elle perd l’usage de la parole.

Poursuivies et indésirables, Julie et sa nièce changent plusieurs fois de logis en deux ans et demi mais comme le signale Sr Marie-Francine Vanderperre, les Archives de Compiègne n’ont pas gardé le souvenir de la réfugiée qui n’a pas défrayé la chronique locale.  Seuls, un billet de la Carmélite Mère Henriette de Croissy cite les noms de Julie et Félicité, et une liste de réquisition pour la farine dressée en 1794 signale Julie et sa « niesse », rue Dufour.

12_LettreCarmeliteclic qui permet d’agrandir et de lire le document
Lettre (entre 1792-1794) de Mère Henriette de Croissy, Carmélite. Arch. dép. Q, FF1 n°50.  Comme on le découvre dans cette lettre, Julie est en relation avec les Carmélites de Compiègne par sa nièce Félicité qui lavait, semble-t-il, le linge pour elles.  En 1793, Julie reçoit plusieurs visites du Père de Lamarche qui connaissait aussi les Carmélites de Compiègne.  Comme elles, Julie s’offre à Dieu pour sauver la France et les chrétiens ; elle souffrira profondément de leur mort violente à Paris en juillet 1794.  Cliquez pour agrandir l’image.

clic qui permet d’agrandir et de lire le document13_RequisitionCardon
Registre de réquisition avec signature du citoyen Cardon et datation du 27 mai 1794.  Cliquez pour agrandir l’image.

Octobre 1794 : Julie est accueillie à Amiens

En octobre 1794, Madame Baudoin qui passait autrefois ses étés à Cuvilly fait venir Julie à Amiens à l’hôtel Blin de Bourdon, où elle loue un appartement pour elle-même et ses trois filles.  Elle espére que la présence de l’infirme lui apporte force et courage après la mort de son père et de son mari sur l’échafaud.

« Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. » (Lévitique 19,34)

  • Les Sœurs de Notre-Dame de Namur ont aussi été des étrangères, des nouvelles arrivées.

En 2 février 1806, durant le chant du Nunc dimittis, Mère Julie a une vision de l’apostolat futur de la congrégation qui passerait les mers et porterait au monde le message de la « Bonne Nouvelle ».

« Comme tant d’autres congrégations internationales, nous avons voyagé bien au-delà de nos racines. Des Sœurs sont entrées dans des groupes sociaux, des quartiers et des pays où elles étaient des étrangères. » Newsletter du l’équipe du leadership de la congrégation (CLT), Mars 2019.

«  Notre histoire révèle qu’une vision étriquée de la mission et la crainte d’être critiquées (que pensait-on de nous ?) nous a empêchées d’accueillir comme membres des habitants du lieu.  Heureusement nos yeux et nos cœurs se sont ouverts. […]   Le partage d’événements de notre vie permet d’effacer notre complexe d’étranger, d’accueillir celle qui se trouve à nos côtés et d’ouvrir nos cœurs. » Newsletter du CLT, Mars 2019.

  • Les Sœurs de Notre-Dame de Namur accueillent aussi des réfugiés.

Dans cette tradition, remarquons ce que les sœurs reconnues « Justes parmi les nations » ont accompli pour sauver des juifs durant la guerre.

Pour en savoir plus sur les sœurs qui ont sauvé des enfants juifs durant la deuxième guerre mondiale, cliquez ici.

Aujourd’hui, encore, de nombreuses sœurs de Notre-Dame de Namur accueillent et soutiennent des réfugiés et des migrants, comme Sr Marie-Dominique Kohler qui vit en Suisse et donne des cours d’allemand aux réfugiés.

Pour lire le témoignage de Sr Marie-Dominique Kohler, cliquez ici. http://sndden.be/soeur-marie-dominique-kohler

« Ainsi donc vous n’êtes plus des étrangers, ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. » Eph. 2, 19.

Refugees, Homeless, Immigrants

French

1_CitationPape_EN

Because of the turmoil associated with the French Revolution, Julie was forced to escape from her native village in May of 1791.  Now at the age of 40, she had never left Cuvilly, her parents or her family.  For three years, she fled and hid.  Although she was the recipient of the protection of some benefactors, who took great personal risk in hiding her and, as well, had the assistance of her niece, Felicity, who accompanied her throughout her exile, this period was the most bleak of her life.

However, her suffering and great difficulties took nothing away from her confidence in God.

2_CitationJulie_EN

  • January to May 1791: Religious unrest in Cuvilly

When the Revolution broke out in Paris in July of 1789, Julie celebrated her 38th birthday.  She had been paralyzed for several years:  in 1782, Julie had been affected by an epidemic that doctors of the time thought they could cure by abundant bleedings which, little by little, deprived her of the use of her legs.  This was for her a time of profound spiritual growth.  Bedridden, Julie prayed a great deal and continued with her catechetical work by welcoming villagers among whom were her benefactors.  Julie opened paths of total confidence in God to the inhabitants of Cuvilly, disoriented by the new ideas and the turmoil associated with the Revolution.

In 1791, the disturbances reached Cuvilly.  On July 12, 1790, France adopted a new decree, the “Civil Constitution of the Clergy.”  Thus the clergy became a body of civil servants payed and selected by the State; these latter were obliged to take an oath of allegiance to the nation.  Priests had until January 1, 1791, to take this oath.

3_Serment
Illustration that shows how priests were obliged to pledge allegiance to the nation. 

On January 9, 1791, Father Dangicourt, stationed in Cuvilly for more than 15 years, and his assistant pastor, Father Delaporte, took the oath in the parish church in these terms:
“I swear to watch with fidelity over the faithful who are confided to us, to be faithful to the nation, the law, and the king, and to sustain, with all our strength, the Constitution which has been decreed by the Assembly and accepted by the king, in all which is not contrary to religion, as it is written in the supreme law:  “render to Caesar what is Caesar’s, and to God, what is God’s.

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Text of the oath of Fathers Dangicourt and Delaporte, January 9, 1791 (sent to the Department on January 16, 1791), Municipal Library of Compiègne (B.M.C.), Mss 169, article 36.  

This oath was considered to be improper by the district.  By opposing the ideas of the Revolution, Father Dangicourt and his assistant became enemies of the State.

Invited on January 29 by the authorities of Compiègne to retake their oath, the two men refused.

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Handwritten letter of Pastor Dangicourt regretting his inability to go to Compiègne on April 4, 1791.  B.M.C., Mss 169, art. 47. 

In distinction to the majority of the other cases, the two ecclesiastics found solid support among most of their parishioners and in the surrounding municipality.  The notables of Cuvilly presented to the District, on March 12, a petition to keep their pastor and his assistant and to pay them by means of voluntary contributions while the municipality of Cuvilly asked the district to permit them to keep their pastor:  “… the loss of a pastor, that the residents of Cuvilly considered to be their father, would be for them a subject of affliction that they wished to avoid…”.  Finally, the post was declared vacant and a former Cordelier monk from Compiègne, Jean-Baptiste Rollet, was invested on May 8 with the heavy responsibility of replacing Father Dangicourt.

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Proclamation of priests, elected to vacant parishes, May 9, 1701.  Municipal Archives of Compiègne, File P4 18-21, religion.

From the day of his arrival in Cuvilly on May 15, the new pastor received threatening anonymous letters while the municipal reception was among the least warm.  On May 24, he sent a letter to the district asking for help.

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Transcript of an extract from the Registry of Deliberations of the Board of Management of the District of Compiègne, May 25, 1791.  Departmental Archives of Oise – Series L.

The district then dispatched three of its members along with a detachment of the national guard and of the du Berry regiment to go to Cuvilly to establish order.  They arrested the ex-assistant pastor, Delaporte, as well as several residents considered to be leaders of the disturbance.  Three of these prisoners, the Guilberts and Lanvin, were relatives of Julie.  The defendants, Delaporte, assistant pastor, and François Lanvin, mason, were brought before the tribunal of the Department of Oise while the Guilberts were sent back to Cuvilly to be under the surveillance of the municipality.  Finally, the defendants were beneficiaries of the Court’s indulgence.  Calm seemed to be reestablished in the parish of Cuvilly where a new mayor was soon elected.

Father Dangicourt is thought to have set out for Mont Valérien in June 1791 as he died in Paris in October of that same year.  Father Delaporte, once again in the village, continued to say Mass in the chapel at the chateau of Séchelles.  We don’t know where he went between 1791 and 1829, the date where one finds him again as a pastor in Ressons-sur-Matz.

As for Julie, she suffered more and more but her confidence in the goodness of God only strengthened her.  She became such an example of confidence and determination in the faith that the revolutionary forces saw in her a threat.

“Julie had the happiness of keeping from schism many people whom she instructed when they came to see her.”  (Father Trouvelot, 1820)

“Such was the esteem that the villagers had for the poor invalid that when they saw themselves deprived of their legitimate pastor, they consulted Julie to know if they were to obey the constitutional priest.  Strong in her faith, she prevented the populace from sinking into schism earning for her persecution from the partisans of the revolution.”  (Sr. Theresa of the Passion)

It is interesting to note that in 1793-94, Cuvilly remained one of the communes of the district the most rebellious to de-christianization.  The national official, Bertrand, deplored the “reluctance of this cult” manifested by the inhabitants and their reproaches “their obstinacy and stubbornness in favor of a superstitious and fanatical regime.”

  • Path of exile
    May, 1791 Julie finds refuge in Gournay-sur-Aronde

Persecuted because of her position vis-à-vis some “constitutional priests” (those who swore an oath of fidelity to the nation), Julie was forced to flee Cuvilly and to go into hiding.  Madame de Pont l’Abbé whose chateau was in Gournay-sur-Aronde offered hospitality while taking enormous risks as did all those who wanted to help people considered to be undesirable. “This lady, who was one who gathered around Julie’s sickbed and whom she loved a great deal, in order to save Julie from persecution, came to get her in her conveyance and took her to the chateau.”  She took care of Julie until the frenzy of the Revolution forced her to abandon her chateau.  Julie was accompanied by her niece, Felicity, aged 16, but would never again see her father who died when she was in Compiègne.  She would see, for the last time, her mother when she was transported from Compiègne to Amiens.

8_CitationBiblique_EN

9_GournayChateau of Gournay-sur-Aronde

Julie stayed approximatively one year with Madame de Pont l’Abbé.  Tormented herself, Madame de Pont l’Abbé had to flee to England, along with other aristocratic emigrants, where she died, leaving Julie and her niece, Felicity, under the care of her concierge, Monsieur Camus.  This man, son-in-law of the property manager for the Pont l’Abbé family, had just acquired, what was now a national good or property, the chateau’s farm that had been managed by his father-in-law.  According to Father Charles Clair:  Monsieur Camus and Julie quickly became friends.  In spite of this pledge given to the Revolution, Monsieur Camus did not seem to have been a devoted partisan of the ideas of the day; because he demonstrated to the “fanatical devotee,” a respectful attachment, one whose memory was cherished in his family.

Chronology of the Gournay-sur-Aronde chateau, click here. 

According to the testimony of Father Sellier, “when the revolutionaries came to seize the chateau and put it in receivership along with all that it held, the servants drove Julie in a cart filled with various pieces of furniture (other depositions speak of a haycart) to the town square in Compiègne where a charitable family, whose name we do not know, took pity on her.

This must have been in April, 1792, as mentioned in the graffiti on the wall of the chateau.

10_Graffiti-1Graffiti on the chateau of Gournay, side wall: souvenirs of the troops who were quartered there during the revolutionary period: “the second battalion of Haute Vienne will stick it to the aristocrats – 1792 The Nasion – 1794 Hemeri”

Did the patriots of the environs want to go after Julie, “the devote,” or after Madame de Pont l’Abbé, the noble woman who protected her?   One would be surprised that a paralytic was able to be under suspicion by the revolutionaries.  But, one must not minimize the incidents of May 25, 1791, in Cuvilly.  Among the population opposed to the arrival of the constitutional priest, there were the Guilberts and Lanvin who were relatives of Julie.  She herself was known in Cuvilly as a fervent Christian in contact with some non-juring or non-constitutional priests.  And, who more than she was connected with the nobility, the Pont l’Abbés, who had emigrated.  Hence the attribution of devote…fanatic…suspicious.

April 1792: Julie is abandoned in Compiègne

11_CharretteJulie transported in a hay cart with her niece.

According to the testimony of Father Trouvelot, pastor of Ressons-sur-Matz, Julie and Felicity received hospitality from some young women named de Chambon, who lived on the rue des Grandes Écuries.  We know almost nothing about these women, except for the bravery that they demonstrated by welcoming a stranger who was very much in a bad way!

“I was a stranger and you welcomed me.”  (Mt. 25:35)

In Compiègne, Julie’s health deteriorated quickly.  Completely paralyzed, she lost the use of speech.

Pursued and unwelcome, Julie and her niece changed lodging several times in two and one-half years but, as Sr. Marie-Francine Vanderperre pointed out, the Archives of Compiègne kept no remembrance of any refugee who did not amount to some sort of news story.   Only a note written by the Carmelite, Mother Henriette de Croissy, listing the names of Julie and Felicity and a requisition for flour drawn up in 1794, indicates the presence of Julie and her “niece”, rue Dufour.

click to enlarge and read the document
Letter (between 1792-1794) from Mother Henriette de Croissy, Carmelite. Archives, dep. Q, FF1 no. 50.  As one can see in this letter, Julie is in contact with the Carmelites of Compiègne through her niece, Felicity, who, it seems, does the laundry for them.  In 1793, Julie received several visits from Father de Lamarche who also knew the Carmelites of Compiègne.  Like them, Julie offers herself to God in order to save France and its Christians; she suffered profoundly from their violent death in Paris in July 1794.

13_RequisitionCardonClick to enlarge and read
Requisition record with the signature of citizen Cardon and dated May 27, 1794.

October 1794:  Julie is welcomed in Amiens

In October of 1794, Madame Baudoin, who had formerly spent her summers in Cuvilly, had Julie brought to Amiens to the Blin de Bourdon town home where she rented an apartment for herself and her three daughters.  She hoped that the presence of the invalid would bring her strength and courage after the death on the scaffold of both her father and her husband.

“When a stranger sojourns with you in your land, you shall not do him wrong.  The stranger who sojourns with you shall be as the native among you, and you shall love him as yourself; for you were strangers in the land of Egypt:  I am the Lord your God.”  (Lev. 19:33-34)

  • The Sisters of Notre Dame de Namur were also strangers, new arrivals.

On February 2, 1806, during the chanting of the “Nunc dimittis,” Mère Julie has a vision of the future apostolate of the Congregation that would cross the seas and carry to the world the message of the “Good News.”

“Like many other international congregations, we Sister of Notre Dame de Namur, traveled far beyond the borders of our roots.  Sisters moved into social groups, neighborhoods and countries where they were strangers.”  Newsletter of the leadership team of the Congregation (CLT), March 2019

“Our history reveals that a single-minded focus on the mission and the fear of being criticized (What would they think of us?) prevented us from welcoming local citizens as members. Fortunately, our eyes and hearts were opened.  […].  Sharing our life stories allows for the loss of the stranger, welcomes the person at my side and exposes the heart.”   Newsletter of the leadership team of the Congregation, March 2019.

  • The Sisters of Notre Dame de Namur also welcome refugees

In this tradition, let’s note what the sisters recognized, what these “Just among the nations” accomplished in order to save Jews during the war.

To know more about the sisters who saved Jewish children during the Second World War, click here.

Still today, many Sisters of Notre Dame de Namur welcome and support refugees and migrants, sisters like Sr. Marie-Dominique Kohler who lives in Switzerland and gives classes in the German language to refugees.

To read the testimony of Sr. Marie-Dominique Kohler, click here. http://sndden.be/soeur-marie-dominique-kohler

“So then you are no longer strangers and sojourners, but you are fellow citizens with the saints and members of the household of God.”  (Eph. 2:19)